Les Français connaissent-ils vraiment toutes les
dépenses avant de signer ?
À l’occasion de la
Semaine de l’Éducation Financière (Global Money Week), qui se tient du
16 au 22
mars 2026 sur le thème « L’argent, osons en parler ! », Bricks.co, plateforme d'investissement participatif, publie une enquête* sur un sujet qui
concerne des millions de ménages : le vrai coût d’un projet immobilier.
Menée auprès de 2 433
personnes, l’étude met en évidence un déficit de repères très concret.
- Car derrière le prix
affiché, combien savent vraiment anticiper tout ce qui s’ajoute ?
- Qui se sent à l’aise
pour estimer une mensualité raisonnable ?
- Qui mesure l’impact
d’une hausse de taux sur le coût total du crédit ?
- Et, au fond, pourquoi
parle-t-on si peu de ces calculs pourtant décisifs avant de s’engager ?
« Un projet
immobilier ne se joue pas seulement sur un prix affiché : il se joue sur des
frais, des charges, des imprévus et un crédit dont le coût peut changer très
vite avec les taux. Notre enquête montre que beaucoup de Français avancent
encore sans repères chiffrés, et que cette opacité devient un frein direct à la
décision. Dans l’esprit de la Global Money Week, le message est simple : osons
parler d’argent, posons les calculs noir sur blanc, et donnons à chacun les
outils pour comparer, anticiper et décider en toute confiance. », propose Cédric
O’Neill, fondateur de Bricks.co
Plus de 3 Français sur
4 sont incapables de calculer les coûts supplémentaires pour l’achat d’un bien
immobilier
Quand on fait
l’acquisition d’un bien immobilier, le montant est toujours supérieur à celui
affiché. Mais les Français savent-ils bien prévoir tous les coûts cachés ou à
venir ?
Par exemple, pour un
logement ancien à 200 000 €, l’ordre de grandeur réaliste du coût total la
première année (prix + frais + charges + marge d’imprévus) est plutôt autour de
225 000 à 245 000 €. Seulement 23 % des Français sont capables d’estimer ce
montant.
Dans le détail, il faut cumuler les frais d’acquisition (autour de 7 à 8 % dans l’ancien soit +14 000 à
+16 000 €), les frais liés au crédit (dossier, garantie, assurance emprunteur, etc., intégrés au TAEG), la taxe foncière (en moyenne 1 082 € par contribuable en 2024), l’assurance habitation (prime moyenne
299 € en 2024), ainsi que les
charges, l’entretien et les travaux ou imprévus.
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Pour
l’achat d’un bien à 200 000 € (hors meubles), selon vous, quel est le coût
total à prévoir la 1re année (achat + frais + charges + imprévus) ? |
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Réponses |
Pourcentages |
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200 000 à 210 000 € |
16 % |
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210 001 à 225 000 € |
38 % |
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225 001
à 245 000 € |
23 % |
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245 001 à 270 000 € |
9 % |
|
Plus de 270 000 € |
4 % |
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Je ne sais pas |
10 % |
Même constat pour les
frais de notaire :
37 % sont presque dans les clous !
Pour un logement ancien
à 200 000 €, les frais de notaire (en réalité frais d’acquisition,
majoritairement des taxes) sont le plus souvent autour de 7 à 8 %, soit environ
14 000 à 16 000 € — donc, en ordre de grandeur, plutôt dans la tranche 10 001 à
20 000 €, soit 37 % de bonnes réponses pour les Français.
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Pour un
logement ancien à 200 000 €, à combien estimez-vous les frais de notaire
(ordre de grandeur) ? |
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Réponses |
Pourcentages |
|
Moins de 5 000 € |
12 % |
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5 000 à 10 000 € |
33 % |
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10 001 à
15 000 € |
26 % |
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15 001 à
20 000 € |
11 % |
|
Plus de 20 000 € |
4 % |
|
Je ne sais pas |
14 % |
Les Français assez
doués pour les dépenses
Parmi toutes les
dépenses, certaines sont plus faciles à sous-estimer et à oublier avant
d’acheter.
Ainsi, dans l’ordre le plus fréquent, on trouve les travaux, les
rafraîchissements et les imprévus, qui correspondent bien au premier poste bien
identifié par 64 % des Français.
En deuxième, les
entretiens lourds (chaudière, toiture, ravalement…), qui sont parfois
invisibles au moment de la visite sont cités par 47 % des répondants.
Enfin, les charges de
copropriété sont à la troisième place des dépenses et bien connues aussi de
44
% des Français.
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Parmi
ces dépenses, lesquelles sont les plus faciles à sous-estimer ou oublier
avant d’acheter ? (Choix
multiples) |
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Réponses |
Pourcentages |
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Travaux
/ rafraîchissement / imprévus |
64 % |
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Entretiens
(chaudière, toiture, ravalement, etc.) |
47 % |
|
Charges de
copropriété |
44 % |
|
Taxe foncière |
41 % |
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Mise aux normes /
obligations (ex. énergie, sécurité) |
39 % |
|
Frais de crédit
(dossier, garantie, etc.) |
36 % |
|
Assurance emprunteur |
30 % |
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Vacance locative /
impayés (si investissement locatif) |
14 % |
|
Autre / Aucune |
6 % |
Le coût total : l’effet
douche froide qui fait capoter les projets
En refaisant tous les
calculs, près de 4 Français sur 10 (39 %) ont déjà renoncé à un achat ou un
investissement. Seuls 32 % n’ont jamais reculé et 24 % n’ont même jamais eu
de projet immobilier.
Le vrai prix reste un frein massif, avant même le premier
rendez-vous banque.
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Avez-vous
déjà renoncé à un achat (ou à un investissement) après avoir refait les
calculs du coût total ? |
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Réponses |
Pourcentages |
|
Oui,
déjà |
39 % |
|
Non, jamais |
32 % |
|
Je n’ai jamais eu de
projet immobilier |
24 % |
|
Je préfère ne pas
répondre |
5 % |
56 % avancent sans
boussole sur leur mensualité de crédit
Dans l’estimation d’une
mensualité de crédit raisonnable, seuls 44 % des Français se sentent capables
de le faire (13 % très capables, 31 % plutôt). Ainsi, 54 % ne pensent pas en
avoir les compétences et
2 % hésitent.
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Vous
sentez-vous capable d’estimer une mensualité de crédit raisonnable pour vous
(sans vous mettre en difficulté) ? |
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Réponses |
Pourcentages |
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Oui, très capable |
13 % |
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Oui, plutôt capable |
31 % |
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Plutôt pas capable |
25 % |
|
Pas du
tout capable |
29 % |
|
Je ne sais pas |
2 % |
Quel est l’impact de
l’augmentation du taux de crédit ?
Pour 37 % des
répondants, une hausse d’1 point est jugée « forte » ou vraiment « déterminante
» sur le coût total du crédit (28 % + 9 %).
Mais de l’autre côté, 51
% se trompent et la jugent seulement modérée ou faible, et 12 % ne savent
pas quoi répondre.
Même si cela dépend du
montant et de la durée, l’effet de l’augmentation du taux a généralement un
impact très marqué et reste donc mal mesuré par 63 % des Français.
Concrètement, une
hausse d’1 point de taux renchérit fortement le coût total d’un crédit : sur un
prêt immobilier, elle peut faire grimper la facture des intérêts de l’ordre de
+30 % à +50 % (et plus selon la durée).
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Selon
vous, si le taux du crédit augmente de 1 point, l’impact sur le coût total du
crédit est généralement : |
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Réponses |
Pourcentages |
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Faible |
17 % |
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Modéré |
34 % |
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Fort |
28 % |
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Énorme / déterminant |
9 % |
|
Je ne sais pas |
12 % |
Encore un tabou
financier de plus !
Envisager un crédit
immobilier est un sujet qui reste caché pour 35 % des Français et 22 %
avouent que ça les stresse même quand ils en parlent. De ce fait, près d’une
personne sur deux vit le crédit comme une pression, pas comme un projet.
Pendant ce temps, seuls 21 % se sentent rassurés en en discutant avec leurs
proches — et 13 % se tournent d’abord vers un professionnel.
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Quand
vous envisagez un crédit immobilier, quelle phrase vous correspond le mieux ? |
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Réponses |
Pourcentages |
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J’en parle
facilement à mes proches, et ça me rassure |
21 % |
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J’en parle surtout à
un pro (banquier/courtier), pas à mes proches |
13 % |
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J’évite
d’en parler : c’est un sujet un peu tabou |
35 % |
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Ça me stresse, même
si j’en parle |
22 % |
|
Je ne suis pas
concerné(e) / pas de projet |
9 % |


