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[Expertises] Taxe sur les petits colis : un signal fort nécessaire face à l’explosion des importations

Selon l’Ameublement français, lutter contre la non-conformité et la fraude, c’est défendre des règles équitables afin de protéger les consommateurs, et l’industrie française.

 

La taxe sur les petits colis importés entre en vigueur le 1er mars en France. Une première étape pour rétablir des règles de marché plus équitables et freiner une déferlante de produits importés dont seulement 0,0082% ont été contrôlés en 2024. Mais reste un sujet majeur : la fraude massive à la TVA, estimée à près d’1 milliard d’euros et qui fausse la concurrence.

 

Une réponse à la mesure de l’invasion de produits hors-la-loi

 

Tous les secteurs industriels français font aujourd’hui face à une concurrence déloyale massive de produits importés non conformes, dont la commercialisation est facilitée par des places de marché comme Temu ou Shein. La visite du ministre Serge Papin à Roissy le 6 novembre dernier en a donné une illustration concrète : 200 000 colis Shein étaient arrivés la veille, et 80 % des produits inspectés ne respectaient pas les normes applicables, alors que ces plateformes mettent en ligne chaque jour entre

7 000 et 50 000 nouvelles références.

 

Dans l’ameublement, 63% des meubles vendus en France sont importés. Il serait donc logique qu’au moins deux tiers des contrôles portent sur ces produits, en particulier ceux commercialisés par des vendeurs tiers via les places de marché. Or, la généralisation des expéditions en petits colis, plus difficiles à inspecter que les containers, fragilise l’efficacité des contrôles et limite la capacité des autorités à encadrer ces flux. L’entrée en vigueur de la taxe sur les petits colis, appelée à s’étendre à l’Union européenne au 1er juillet 2026, constitue à cet égard un signal nécessaire pour mieux réguler ces importations et renforcer les moyens de contrôle.

 

Une fraude à la TVA qui fausse durablement la concurrence

 

Mais cette avancée ne constitue qu’un début. Selon le dernier rapport de l’Inspection générale des finances, près d’1 milliard d’euros de fraude à la TVA en 2024 concernerait les seuls flux en provenance de Chine.

 

Alors que les entreprises françaises collectent et reversent la TVA, certaines opérations échappent encore à ce contrôle, par failles déclaratives, sous-valorisations ou dispositifs insuffisamment sécurisés, entraînant une concurrence déloyale (jusqu’à 20% de différence de prix), une perte de recettes pour l’État et une distorsion durable du marché.

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