Connexion
/ Inscription
Mon espace
Etudes & Enquêtes
ABONNÉS
Partager par Linked-In
Partager par Xing
Partager par Facebook
Partager par email
Suivez-nous sur feedly

[Expertises] L’innovation dans l’agriculture : une pratique trop peu cultivée dans l’UE

Le potentiel de l’outil européen destiné à stimuler la productivité et la durabilité de l’agriculture par l’innovation – le PEI AGRI – n’a pas été pleinement exploité. Telle est la principale conclusion d’un rapport publié aujourd’hui par la Cour des comptes européenne. Bien que près d’un milliard d’euros de financements européens et nationaux aient été consacrés, entre 2014 et 2022, au soutien de pratiques agricoles innovantes dans le cadre de cet outil, les innovations utiles, concrètes ou largement adoptées ont été assez rares.

 

Les auditeurs recommandent de mieux cibler les besoins pratiques des agriculteurs, de renforcer les procédures de sélection des projets et d’améliorer la diffusion des résultats, afin que l’ensemble du secteur puisse bénéficier de l’innovation.

 

Le partenariat européen d’innovation pour la productivité et le développement durable de l’agriculture (PEI AGRI), instauré en 2012, est financé par la politique agricole commune (PAC) et par la politique de l’UE en matière de recherche et d’innovation (programme Horizon). Dans le cadre de la PAC 2014 2022, cet outil a permis de soutenir plus de 4 000 projets d’innovation censés stimuler la productivité et la durabilité grâce à la coopération entre agriculteurs, chercheurs, conseillers et entreprises agroalimentaires.

 

« L’innovation est indispensable pour améliorer la durabilité économique, environnementale et sociale du secteur agricole, a déclaré João Leão, le Membre de la Cour responsable de l’audit. L’outil de l’UE destiné à stimuler l’innovation au niveau des exploitations agricoles aurait pu être plus efficient. Certaines occasions ont été manquées, faute d’avoir pris suffisamment en compte les besoins concrets des agriculteurs, alors même que les chances de succès étaient bien plus élevées lorsque ceux-ci participaient directement aux projets.»

 

Les auditeurs ont analysé des données et examiné un échantillon important composé de 70 projets menés en Espagne, en France, aux Pays Bas et en Pologne. Ils ont constaté que le potentiel d’innovation n’était que rarement un critère déterminant dans la sélection des projets et que, d’une manière générale, la participation des agriculteurs était limitée, de même que l’attention portée à leurs besoins en matière d’innovation. Or les auditeurs ont observé que la participation active des agriculteurs aux projets augmentait non seulement les chances de réussite, mais aussi la qualité des innovations produites. À titre d’exemple, un projet portant sur le semis à sec du riz a conduit à l’adoption de cette technique dans toute une région d’Espagne.

 

Les auditeurs relèvent également que près d’un tiers des projets examinés n’avaient que peu ou pas de lien direct avec l’agriculture, certains étant axés sur des domaines tels que la transformation industrielle des denrées alimentaires ou la promotion d’une marque-produit de distribution. En Pologne, un projet concernant la production industrielle de beurre n’a apporté qu’une contribution marginale à la viabilité économique des producteurs laitiers locaux ; en Espagne, un autre projet portait uniquement sur l’amélioration de l’image de marque d’une chaîne de supermarchés. En outre, plus de la moitié des projets n’ont pas abouti à des innovations fructueuses.

Dans de nombreux cas, les projets n’ont produit aucun résultat pratique, répondaient à des besoins de niche ou servaient essentiellement des intérêts personnels. Les auditeurs ont également relevé des situations où des fonds publics ont servi à soutenir des investissements qui auraient de toute façon été réalisés, sans véritable avantage pour le secteur dans son ensemble.

 

La diffusion insuffisante des résultats constitue une autre faiblesse, que les auditeurs considèrent comme une occasion manquée. Environ la moitié des projets seulement ont donné lieu à un partage des connaissances acquises, et seuls six des 18 projets ayant produit des résultats utiles ont débouché sur des innovations largement adoptées. Les États membres ont rarement promu les innovations prometteuses au niveau local ou auprès des agriculteurs, alors même que la PAC permettait d’utiliser des fonds pour la formation, des actions éducatives ou des services de conseil. Enfin, les auditeurs ont constaté que les synergies avec les financements européens en matière de recherche et d’innovation (Horizon 2020) n’avaient pas été exploitées : aucun des 70 projets examinés n’a eu recours à des ressources d’Horizon 2020, alors même que plus de 1,5 milliard d’euros y étaient alloués pour la recherche agricole et forestière sur la période 2014/.eu,.eu,2020.

 

Informations générales

La Commission européenne s’est engagée à continuer de soutenir le PEI AGRI en tant que pierre angulaire des systèmes de connaissances et d’innovation agricoles des États membres.

Lire la suite...


Articles en relation