UTOPIES, cabinet dédié
à la transformation durable des entreprises, publie une étude inédite sur les
impacts et les dépendances de l’économie française à l’océan.
A l’approche de la journée mondiale de l’eau (22 mars) et de Change Now (30 mars au 1er avril) et dans une dynamique internationale de structuration des politiques de protection de l’océan ; notamment avec la mise en vigueur du Traité sur la protection de la haute mer (BBNJ) en 2026 imposant pour la première fois un cadre juridique contraignant ; les impacts et dépendances des entreprises à l’océan doivent être mieux compris.
UTOPIES publie « L’océan, angle mort des stratégies
d’entreprise » en partenariat avec Crédit Mutuel Arkéa, Mauritius
Commercial Bank (MCB) et Seafoodia/Pure Ocean, une analyse inédite des liens
entre l’économie française et l’océan. Alors que la sauvegarde des océans est
un enjeu majeur, cette étude révèle l’ampleur de la dépendance et impacts des
entreprises aux ressources marines. Elle propose également des bonnes pratiques
à destination des entreprises et des territoires, ainsi que l’approche de
l’efficience bleue - faire mieux avec moins - afin de préserver et restaurer la
capacité de l’océan.
L’océan, un enjeu
stratégique pour l’économie
Surpêche, agriculture
intensive, transport maritime ou encore pollution plastique : les océans
subissent aujourd’hui de fortes pressions liées aux activités humaines - avec
des conséquences économiques majeures. L’acidification des océans (déjà +30 %
depuis l’ère préindustrielle), la surexploitation d’un tiers des stocks
halieutiques ou la disparition accélérée des récifs coralliens menacent la
sécurité alimentaire, la stabilité des chaînes d’approvisionnement,
l’assurabilité des zones côtières et l’économie touristique mondiale.
Pourtant, alors que
l’océan est indispensable à la vie économique, il reste largement absent des
stratégies d’entreprise. Cette situation s’explique, d’une part, par le
présupposé que seules les entreprises exploitant directement les ressources
marines ou implantées en zone littorale seraient concernées.
D’autre part, elle
repose sur une perception réductrice de l’océan, souvent limité aux seuls
espaces côtiers, alors que près de 40% des emplois en France (métropole et
DOM) dépendent directement ou indirectement de l’océan : 14,4% de manière
directe, via une interaction avec les ressources, les milieux ou les
infrastructures maritimes, et 26% de manière indirecte. Autrement dit : à
mesure que les écosystèmes marins se dégradent, ce sont des actifs, des
emplois, des infrastructures et des filières entières qui sont également
menacés.
Cette interdépendance
forte entre l’océan et l’économie s’exprime sous différentes formes -
logistique, touristique ou encore spatiale. Le secteur du commerce-négoce
apparaît ainsi comme le plus dépendant de l’océan, avec 32,3% soit 1,25 million
des emplois concernés.
En retraçant les
chaînes d’usage de ces pressions jusqu’aux utilisateurs finaux, il est possible
d’attribuer à chaque filière sa part de responsabilité dans la dégradation des
écosystèmes marins, y compris dans des secteurs éloignés du littoral (voir annexe).
Cette dépendance indirecte s’exerce aussi bien en amont via les fournisseurs,
prestataires, sous-traitants, acteurs technologiques ou de R&D, qu’en aval,
à travers les entreprises qui utilisent, transforment ou intègrent des
ressources ou des services issus de la mer dans des secteurs tels que
l’agroalimentaire, la cosmétique, la construction, l’énergie, le tourisme ou la
santé.
Qu’il s’agisse de
mesurer sa dépendance à l’océan ou son impact sur les écosystèmes marins, toute
entreprise est aujourd’hui concernée, indépendamment de son secteur ou de sa
localisation. Ce double constat (dépendance
massive et impacts sous-estimés) invite en effet les entreprises à passer d’une
logique défensive à une stratégie océan intégrée au modèle économique et
déployées sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’éco-conception à la
logistique. Ce que les entreprises ont appris à faire pour le climat, elles
doivent désormais le faire pour l’océan.
L’efficience bleue,
quand les entreprises réinventent leur lien à l’océan
Au-delà de la réduction
des impacts, l’étude identifie également un potentiel de transformation
économique : face à la pression croissante exercée sur les ressources
terrestres et fossiles et à la nécessité de repenser les modèles de production,
UTOPIES propose le concept d’efficience bleue.
Avec cette approche, UTOPIES vise à substituer des intrants fossiles ou terrestres par des ressources marines locales — algues, coquilles, enzymes, saumures, coproduits halieutiques, eau de mer ou
CO₂ côtier récupéré — sans
exercer de pression supplémentaire sur les écosystèmes marins.
Cette approche prend
une dimension particulièrement stratégique dans certaines régions du monde.
Ainsi la zone de l’océan Indien apparaît comme un territoire stratégique pour
déployer l’efficience bleue, dans un contexte où les économies insulaires et côtières,
fortement dépendantes des importations, sont particulièrement vulnérables aux
aléas climatiques, à la hausse des coûts logistiques, à la pression sur les
ressources halieutiques et à la raréfaction de l’eau douce. En favorisant la
substitution d’intrants importés par des ressources marines locales — algues,
enzymes, minéraux ou eau de mer - l’efficience bleue permet de développer des
chaînes de valeur locales à faible impact environnemental et de renforcer
l’autonomie économique et la résilience des territoires.
Ces solutions bleues ouvrent l’accès à de nouveaux marchés, des produits « clean label », aux matériaux bas carbone et aux ingrédients marins fonctionnels. L’efficience bleue offre aux entreprises un levier concret pour transformer leurs pratiques.


