Suite à l’annonce par le gouvernement d’une sortie de la Programmation
Pluriannuelle de l'Énergie en fin de cette semaine, le Réseau Action Climat a
avancé la date de levée de l’embargo sur le rapport La souveraineté énergétique
de la France à l’épreuve des faits.
A la veille de la publication de la Programmation Pluriannuelle de
l'Énergie (PPE), le Réseau Action Climat publie un rapport qui étudie la
réalité des dépendances énergétiques et dessine le modèle d'une vraie
“souveraineté énergétique”.
L’énergie est l’un des principaux leviers de pouvoir dans les relations
internationales. C’est ce qu’ont douloureusement
rappelées les récentes crises géopolitiques. De l’explosion des prix du gaz
suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie à l’enlèvement de Nicolas Maduro
par les Etats-Unis, en passant par les menaces de Donald Trump envers l’Europe
pour qu’elle signe un accord d’achat de 750 milliards d’euros d'hydrocarbures
sur 3 ans, la maîtrise des flux énergétiques se révèle être une puissante arme
géopolitique.
En France, la notion de souveraineté énergétique est désormais au cœur
des discours, dans les noms des ministères, dans les objectifs de la PPE.
Pourtant, celle-ci est le plus souvent mobilisée en appui à des réponses
parcellaires, voire à des propositions qui semblent plutôt lui nuire. Un petit
nombre d’éléments de langage remplace une analyse plus large.
Face à ce constat, le Réseau Action Climat a recensé les meilleures
données et éléments d’analyse disponibles pour comparer les options
énergétiques. Ce travail, sous-titré « Fossiles, nucléaire, renouvelables :
comparer pour comprendre », s’enrichit également de 6 encadrés thématiques, dans lesquels
d’autres experts et expertes proposent leurs analyses et propositions sur des
sujets spécifiques de la souveraineté.
Le rapport démontre, chiffres à l’appui, qu’un projet de souveraineté
énergétique doit avoir pour boussole la réduction de la consommation d’énergie
et le développement des énergies renouvelables.
• La baisse de notre consommation
permet de réduire directement la quantité de gaz et de pétrole à importer. En s’appuyant sur le plan de sobriété proposé en 2022 par l’association
négaWatt, le Réseau Action Climat estime qu’il est possible d’économiser 4,2
milliards d’euros d’importations par an via des économies d’énergie à court
terme. Ce potentiel est bien plus élevé à long terme, si l’on organise notre
société pour maîtriser le besoin en énergie.
• Le développement des énergies
renouvelables est l’autre pilier incontournable de la souveraineté énergétique. Ne plus être sous la coupe des pays fournisseurs d’énergie implique de
produire à partir des ressources locales : vent, soleil, eau ou encore biomasse
durable, disponibles en France et en Europe.
Enfin, la sortie des énergies fossiles passe pour une grande partie par
leur remplacement par de l’électricité d’origine renouvelable dans un grand
nombre d’usages : électrification des véhicules, pompes à chaleur, procédés
industriels électriques, etc. Cette transformation crée cependant d’importantes
tensions sur l’approvisionnement en certaines matières premières, confirmant
l’impératif absolu que représente la recherche de sobriété (ex. petits
véhicules électriques, report modal vers le vélo, les transports en commun ou
le train, etc…).
« Consommer moins d’énergie, et produire de l’énergie renouvelable localement, ce sont les deux piliers indispensables de la souveraineté énergétique, et le seul moyen de ne plus dépendre de Trump et Poutine pour notre énergie », affirme Bastien Cuq, responsable Énergie du Réseau Action Climat et auteur du rapport.


