Les dernières données publiées par l’Insee font état d’un nouveau record de créations d’entreprises en France en 2025.
Si ce chiffre alimente
l’idée d’un dynamisme entrepreneurial inédit, le Syndicat des Indépendants et
des TPE (SDI) appelle à la prudence : l’augmentation des immatriculations ne
dit pas tout de la vitalité de l’entrepreneuriat.
Quand l’indicateur
devient un récit
Depuis plusieurs
années, la création d’entreprise est devenue un marqueur central du débat
économique.
Mais à force de
l’ériger en preuve de dynamisme, on finit par confondre volume et solidité, et
par passer sous silence la question essentielle : dans quelles conditions
entreprend-on aujourd’hui en France ?
Une dynamique portée
par la micro-entreprise
Le graphique publié par
l’Insee distingue les créations « y compris micro-entrepreneurs » de celles «
hors micro-entrepreneurs ».
Il met en évidence une
hausse soutenue des immatriculations, largement portée par la micro-entreprise,
tandis que les créations hors micro-entrepreneurs évoluent de façon plus
modérée.
Cette lecture
statistique ne permet cependant pas d’apprécier :
• La capacité des entreprises à s’inscrire dans
la durée (72% de défaillances à 5 ans)
• Leur aptitude à créer
de la richesse (50% des inscrits déclarent un chiffre d’affaires nul)
• Ni leur place réelle
dans la création d’emplois.
L’Insee souligne au
demeurant que toutes les entreprises créées ne deviennent pas économiquement
actives, avec de fortes disparités selon les statuts.
Ce que vivent les
entrepreneurs au quotidien
La dernière enquête
annuelle du SDI – Bilan TPE 2025 et perspectives 2026 apporte un éclairage
complémentaire, centré sur les conditions d’exercice des entrepreneurs déjà en
activité.
Parmi les dirigeants de
très petites entreprises interrogés :
• 56% déclarent une
baisse de chiffre d’affaires en 2025 ;
• plus de 6 sur 10 font
état d’une baisse de leur marge nette ;
• 53% se versent une
rémunération inférieure au SMIC, voire aucune ;
• 62% rencontrent des
difficultés de trésorerie persistantes.
Par ailleurs, 21%
envisagent une cessation d’activité à court terme.
Redonner du sens à
l’entrepreneuriat
Pour le SDI, la
multiplication des créations d’entreprises ne doit pas masquer la fragilisation
progressive de l’entrepreneuriat de terrain.
L’enjeu n’est pas
seulement de compter des entreprises qui naissent, mais de s’interroger sur la
capacité du modèle actuel à permettre aux entrepreneurs de tenir dans le temps.
« L’entrepreneuriat ne
se mesure pas à l’entrée, mais dans la durée. Tant que l’on se focalisera sur
les volumes de créations, on passera à côté de la question centrale : celle des
conditions dans lesquelles les entrepreneurs travaillent et vivent de leur
activité. »,
déclare Marc Sanchez, Secrétaire général du Syndicat des Indépendants et des
TPE.
Le Syndicat des Indépendants et des TPE appelle les pouvoirs publics à changer de focale et à engager des mesures structurelles en faveur de la pérennité, de la trésorerie et des marges des TPE, socle de l’économie de proximité.


