Par Judith Neumann, Directrice mondiale du conseil sectoriel en durabilité et résilience climatique et Alain Nohra vice-président Europe du Sud, tous deux chez Guidewire.
Le changement
climatique n’en est plus au stade de l’anticipation : il s’illustre déjà dans
les sinistres qui se produisent. Les pertes économiques liées aux événements
climatiques ont été multipliées par cinq depuis les années 1980, passant de 8,6
à 44,9 milliards d’euros par an en Europe. Pourtant, seule une partie très
limitée de ces dommages est assurée : environ 25% à l’échelle de l’Union
européenne, avec de fortes disparités. L’écart de couverture atteint par
exemple 83% en Italie, contre 37% en Allemagne.
A cette fragilité s’ajoute un autre défi : l’adaptation climatique reste très en retard sur les besoins.
Les financements nécessaires sont estimés à 387 milliards de dollars
par an d’ici 2030, alors que seuls 63,5 milliards étaient mobilisés en 2022.
Pour faire face, les
assureurs renforcent leurs capacités d’analyse grâce à de nouveaux flux de
données — météorologiques, satellitaires, capteurs — et à l’IA, qui permet de
les exploiter rapidement et de les intégrer dans les opérations courantes. Ces
outils améliorent la qualité des modèles climatiques et libèrent du temps pour
des actions à plus forte valeur ajoutée, notamment en matière de durabilité.
Les enjeux liés aux
écosystèmes et à la biodiversité prennent également une place croissante : les
nouvelles exigences européennes imposent de mieux mesurer l’impact des
portefeuilles sur la biodiversité, et l’émergence de fournisseurs spécialisés
rend ces évaluations plus accessibles.
Par ailleurs, la
circularité s’installe progressivement dans la gestion des sinistres. Sous
l’effet du droit à la réparation et de la réglementation européenne qui
encourage la remise en état plutôt que le remplacement, cette approche devient
aussi une réponse aux tensions économiques : une étude récente de France
Assureurs montre ainsi que l’indemnisation des accidents impliquant des
véhicules électriques coûte en moyenne 11% plus cher que pour les véhicules
thermiques, sur l’ensemble des garanties. Dans ce contexte, le recours à la
réparation, à la réutilisation et aux pièces issues de l’économie circulaire
devient un levier clé pour contenir le coût du risque tout en réduisant
l’empreinte environnementale du secteur.
À mesure que le risque climatique s’intensifie, le secteur doit faire évoluer ses outils et ses pratiques.
La technologie et la donnée deviennent alors des leviers essentiels
pour renforcer la capacité des assureurs à protéger durablement les populations
et les territoires.
Guidewire accompagne cette transformation en mettant à disposition des assureurs des fondations technologiques capables d’ingérer de grandes quantités de données climatiques et opérationnelles, puis de les rendre immédiatement exploitables dans leurs processus. Cette capacité d’intégration — qu’il s’agisse de données externes, d’automatisation, d’IA ou de gestion optimisée des sinistres — est devenue essentielle pour adapter les modèles de risque et renforcer la résilience du secteur face à un climat en profonde mutation.


