Le Citepa, organisme indépendant chargé du
suivi des émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France, publie son
estimation provisoire pour l’année 2025.
Sur les trois premiers
trimestres, les émissions de GES en France sont en baisse de 1,7% par rapport à
la même période en 2024, et pourraient diminuer de 1,6% sur l’ensemble de
l’année.
Cette dynamique appelle une accélération de l’action climatique. Le projet de Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) 3, publié à l’occasion des dix ans de l’Accord de Paris, fixe le cadre pour renforcer la trajectoire de décarbonation et sécuriser l’atteinte des objectifs climatiques à
horizon 2030.
1/ Une baisse des
émissions au deuxième et au troisième trimestre après un début d’année en
hausse
Après une légère
augmentation au premier trimestre 2025 (+0,7 %), les émissions de GES hors
puits de carbone ont reculé au deuxième trimestre (-2,6 %) puis au troisième
trimestre (-3,7 %) par rapport aux mêmes périodes en 2024. Sur les neuf
premiers mois de l’année, elles s’élèveraient à 270 Mt CO2e, soit une baisse de
1,7 % par rapport à 2024 (-4,7 Mt CO2e).
Cette baisse s’explique principalement par une baisse des émissions de l’industrie (-2 Mt CO2e) et des transports (-1,4 Mt CO2e), et dans une moindre mesure de l’agriculture (-0,8 Mt CO2e) et des bâtiments (-0,6 Mt CO2e). Les émissions de l’énergie évoluent quant à elles très légèrement à la hausse (+0,2 Mt CO2e).
2/ Une dynamique à
renforcer pour tenir nos objectifs
Le baromètre prévisionnel du Citepa prévoit que les émissions de GES hors puits de carbone pourraient atteindre 363,4 Mt CO2e sur l’ensemble de l’année 2025, soit une baisse de 1,6 % par rapport aux émissions de 2024. Si cette prévision est correcte, le budget carbone annuel indicatif 2025 de la SNBC 2 – toujours en vigueur – serait respecté (374 Mt CO2e, ainsi que le budget carbone provisoire indicatif pour l’année 2025 du projet de SNBC 3 (366 Mt CO2e). Toutefois, ce résultat marquerait un ralentissement du rythme de réduction, après une baisse de 6,8 % des émissions hors puits de carbone entre 2022 et 2023 post crise sanitaire, et de 1,8 % entre 2023 et 2024.
3/ Accélérer la
transition pour respecter la trajectoire 2030
Les résultats publiés
reposent sur des estimations provisoires, impliquant un niveau d’incertitude
élevé. Pour autant, malgré l’incertitude, les tendances convergent : la
trajectoire de décarbonation française doit accélérer pour tenir les objectifs
climatiques. Diviser par deux les émissions de GES hors puits de carbone d’ici
2030 nécessite en effet de réduire les émissions de l’ordre de 5 % chaque
année. Le ralentissement observé entre 2024 et 2025 appelle à une
remobilisation rapide et coordonnée de l’ensemble des secteurs émetteurs autour
de la décarbonation de l’économie française.
Publié à l’occasion des dix ans de l’Accord de Paris, le projet de SNBC 3 fixe un cap clair et renouvelé. Il concilie ambition climatique, compétitivité et protection du pouvoir d’achat, en apportant de la visibilité pour les entreprises, en poursuivant les soutiens aux ménages, notamment les plus modestes, et en orientant les investissements. Les solutions de décarbonation sont désormais matures, industrialisées et rentables. Elles contribuent à réduire la dépendance aux énergies fossiles, à renforcer la souveraineté industrielle et à accroître la résilience de l’économie face aux chocs géopolitiques.
Monique Barbut,
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature déclare : « La baisse des
émissions se confirme en 2025 : c’est un signal encourageant, mais elle n’est
pas suffisante. Nous devons collectivement nous remobiliser avec l’ensemble des
secteurs émetteurs. Le projet de Stratégie nationale bas-carbone 3 que je viens
de publier fixe un cap réaliste et atteignable pour orienter les
investissements verts, réduire notre dépendance aux énergies fossiles et
renforcer la souveraineté. 2026 doit être une année de passage à l’action pour
remettre la France sur la trajectoire de ses engagements climatiques. »
Le Citepa publie chaque trimestre, un baromètre portant notamment sur les émissions de GES. Il permet de suivre l’évolution des émissions au fil de l’année en cours et de comparer les émissions par trimestre avec l’année précédente. Il s’agit de données provisoires et tous les secteurs ne sont pas estimés (i.e les déchets et l’UTCATF où les émissions sont reportées de l’année précédente). En complément, depuis l’année dernière, le Citepa propose des estimations prévisionnelles des émissions de GES de l’année en cours, en collaboration avec l’Insee, afin de permettre d’anticiper l’atterrissage annuel.


