Baromètre de l’Observatoire de la Qualité
de Vie au Travail
Les salariés français
sont globalement satisfaits de la qualité de vie et des conditions de travail
(QVCT) dans leur entreprise, selon les résultats de l’enquête que
l’Observatoire de la Qualité de Vie au Travail a confiée à Odoxa. Mais les
parents et les aidants n’y trouvent pas leur compte et attendent davantage
d’actions concrètes de la part de leur employeur.
Principaux
enseignements
• Une satisfaction
globale de la qualité de vie et des conditions de travail dans l’entreprise
pour près de 2 actifs sur 3 (67%) ; une bonne ambiance avec les collègues et
une autonomie suffisante, plébiscitées par 7 salariés sur 10.
• Mais seul 1 sur 2
estime que son employeur reconnait son travail et que la prévention du stress
et de l’épuisement professionnel est suffisante,
• 40% sont mécontents
du recul de l’accès au télétravail.
• 7 actifs français sur
10 affirment manquer de temps dans leur quotidien et quand ils sont parents ou
aidants familiaux, la proportion atteint près de 8 actifs sur 10.
• Parents comme aidants
attendent davantage d’actions concrètes de la part de leur employeur au premier
rang desquelles la souplesse et la flexibilité dans l’organisation de leur
temps de travail.
1/ Deux salariés sur trois sont satisfaits de
leur qualité de vie et de leurs conditions de travail …
La QVCT s’affirme
toujours comme une priorité pour 91% des actifs interrogés, et 44% la jugent
même très importante. Une proportion identique à 2024.
Les femmes y sont plus
sensibles que les hommes (+9 points) ainsi que les agents publics par rapport
aux salariés du secteur privé (+8 points).
Les salariés des
entreprises de plus de 5 000 salariés y accordent plus d’importance que ceux
des entreprises de moins de 10 salariés : + 14 points !
Un actif sur 2 (56%)
pense que son entreprise est à l’écoute de ses attentes et besoins, et qu’elle
met en place des actions pour améliorer la QVCT (54%).
Prime à l’action !
Quand les entreprises s’impliquent, 89% des salariés concernés jugent alors que
leur qualité de vie et leurs conditions de travail ont tendance à s’améliorer.
C’est 48 points de plus par rapport à celles qui ne le font pas (41%) et 14 points
de plus qu’en 2024 !
2/ .… Mais près d’un
actif sur trois demeure mécontent
Si la bonne ambiance règne au travail entre collègues, 32 % des salariés se disent quand même globalement insatisfaits, et parmi eux, les ouvriers (39% contre 21% des cadres) et les femmes
(38% contre 28% des hommes).
Ils évoquent à l’appui
des motifs qui doivent alerter les organisations.
- La reconnaissance du
travail :
1 actif sur 2 seulement estime se sentir reconnu à la hauteur de son
engagement. Un manque qui affecte leur motivation, leur productivité, et peut
les inciter à quitter l’entreprise. (- 3 points par rapport à 2024).
- La prévention du
stress et de l’épuisement professionnel n’est pas suffisamment actionnée pour 48% des
salariés. Et quand la charge de travail est jugée excessive par plus d’un actif
sur 3 (37%), les conséquences juridiques et organisationnelles peuvent être
lourdes pour les organisations…
- L’accès au télétravail, en recul depuis la fin de la période Covid, mécontente 40% des actifs qui peuvent avoir bâti sur cette base l'articulation de leurs vie professionnelle et personnelle. Avec à la clé,
un risque de perte de confiance
vis-à-vis d’une hiérarchie qui change les règles du jeu.
3/. Un manque criant de temps au quotidien
L’équilibre entre vie
professionnelle et personnelle se tend : 70% des salariés français affirment
manquer de temps dans leur quotidien. C’est particulièrement le cas des
habitants des zones rurales et de l’agglomération parisienne, subissant un
temps de trajet plus important (76% dans les deux cas).
Les parents et les
aidants particulièrement concernés
Soumis à des
contraintes externes à leur vie professionnelle, les actifs parents (79%) et
les aidants familiaux (78%) sont ceux qui disent le plus manquer de temps. Et
le sentiment est encore plus marqué chez les parents de familles monoparentales
(81%).
1 parent sur 3 (32%) et
plus d’1 aidant familial sur 3 (35%) se dit insatisfait de la manière dont
l’entreprise prend en compte la vie parentale et leur rôle. Parmi eux, les
femmes (- 5 points par rapport aux hommes), les ouvriers (- 11 points par
rapport aux cadres) et les salariés du public (-14 points par rapport à ceux du
privé) sont les moins satisfaits.
Une souplesse
nécessaire dans l’organisation du temps de travail
Parents comme aidants attendent des actions concrètes de la part de leur employeur, au premier rang desquelles la souplesse et la flexibilité dans l’organisation de leur temps de travail. C’est le souhait de
40 % des parents, et en particulier des plus jeunes
(25-34 ans : 48%).
Le Top 5 des motifs de
satisfaction
1. Les relations avec
les collègues (79%)
2. La place laissée à
l’autonomie (75%)
3. Le droit à la
déconnexion, le respect des temps de repos (71%)
4. La souplesse et de
la flexibilité dans l’organisation des horaires de travail (69%)
5. La qualité de la
relation avec le(s) manager(s) (69%)
36% souhaitent aussi
pouvoir bénéficier d’une mutuelle avantageuse (en particulier les parents
agents du secteur public : 43%). Ils plébiscitent ensuite :
• l’accompagnement pour
prendre soin de soi (24%),
• le développement du
télétravail (23%),
• les aides pour la
garde d’enfants (21%),
• l’interdiction des
réunions tôt le matin ou tard le soir (21%),
• davantage de respect
du droit à la déconnexion ou du temps de repos (21%)
• ou encore un dialogue
plus facile avec le manager ou les collègues (19%).
Pour améliorer leur
quotidien, plus de 3 aidants familiaux sur 4 aimeraient pouvoir bénéficier plus
facilement de congés « aidants » ou d’aménagement du temps de travail (34%) et
de davantage de souplesse et de flexibilité dans l’organisation de leur temps
de travail (32%).
La mutuelle plus
avantageuse arrive juste derrière (29%) au même niveau que l’accompagnement
pour prendre soin de soi (29%). Ils citent principalement le don de jours de
RTT (25%), devant le dialogue avec le manager et les collègues (18%), le
respect du droit à la déconnexion et au temps de repos (16%), voire le temps
partiel (13%).
Le télétravail, plus difficilement compatible avec la charge d’un membre de la famille ne recueille que
18% des suffrages.
Jérôme Ballarin, Président de l’Observatoire de la Qualité de Vie au Travail, observe : « Notre Baromètre 2025 met en lumière une satisfaction globale des actifs des secteurs privé et public sur leur QVCT, mais une copie à parfaire pour mieux répondre à leurs attentes. Il montre un impact significatif sur le ressenti des salariés quand l’entreprise agit, mais des attentes fortes sur l’amélioration de la santé mentale, le renforcement de la reconnaissance du travail et l’accès au télétravail. Les questions du temps quotidien et de l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle s’invitent avec force dans le débat à l’initiative d’une majorité de salariés qui sont aussi parents ou aidants familiaux. Les entreprises sont attendues sur ces enjeux clé pour dessiner les contours du travail de demain. »


