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[Etude] L'expatriation est un enjeu majeur pour les entreprises françaises présentes à l'international

Conscience écologique, pertinence du télétravail et nécessité de sensibiliser à l’intelligence interculturelle au cœur des enseignements du Baromètre Expat Communication 2022.

Dans un contexte de sortie de Covid propice aux changements de vie, les projets d’expatriation restent nécessaires pour les entreprises. La prise en compte des enjeux environnementaux est un paramètre qui compte de plus en plus dans cette expérience, alors que la préparation aux enjeux interculturels n’est pas encore suffisamment répandue. Pour cela, Expat Communication a analysé 14220 réponses apportées par 14220 répondants à 190 questions posées tout au long de l’année 2022.

Travail en distanciel incompatible avec intégration à une équipe multiculturelle

Si le distanciel a explosé en 2020 et 2021, force est de constater que cette solution ne pourrait pas remplacer une expatriation. Seuls 20% des expatriés travaillent de cette façon. C’est incompatible avec l’essence même de l’expatriation, qui est de rencontrer les gens, d’être à leur contact et de découvrir leur culture. Le modèle hybride est privilégié à 42% contre 35% pour le présentiel pur. Pour 75%, le distanciel aurait pour conséquence une méconnaissance de la culture locale.
Quelques verbatims : « Perte de synergie d’équipe, de motivation, d’appartenance au projet » ; « impossible de comprendre aussi bien les rouages du marché local » ; « absence de sens, la relation directe étant primordiale dans les apprentissages ».

La présence dans le pays a un impact positif sur la dynamique de travail (65%), la connaissance des méthodes de travail (67%) et la connaissance du marché local (68%). « On récolte beaucoup d’informations en off qu’on n’a pas sur Zoom », tandis que pour d’autres « le besoin d’être dans le pays et de voir les gens en vrai est nécessaire pour ne pas déshumaniser le travail ».

Des compétences interpersonnelles développées en abordant une nouvelle culture

Pour le DRH adjoint Recrutement & Carrières de la Banque de France, Vincent Teurcq : « les expatriés reconnaissent largement qu’ils ont développé de nouvelles aptitudes relationnelles, leur capacité d’adaptation et leur ouverture à la nouveauté ». Ainsi, 74% s’attendaient à des enjeux culturels avant de s’expatrier. Pour 49%, les différences culturelles en expatriation sont dans le milieu professionnel. Ainsi, certains soulignent que « il ne faut pas sous-estimer les différences culturelles mais les apprendre et en faire quelque chose de positif ».

Alix Carnot, Directrice Générale d’Expat Communication, observe toutefois que « beaucoup d’échecs en expatriation se déroulent dans des pays considérés comme culturellement similaires. Connaître un pays par le biais du tourisme, de sa culture de masse ou de séjours étudiants ne préfigure pas d’une bonne intégration lors d’une mobilité internationale. » Si 84% des expatriés ne suivent pas de formation interculturelle avant leur départ, 76% de ceux qui en ont suivi une l’a trouvée utile. L’impact est réel puisque 53% estiment avoir une meilleure connaissance des codes culturels quand ils se préparent avant. Et sur le plan professionnel, c’est encore plus impactant puisque 88% déclarent connaître les codes culturels de leurs équipes ou collaborateurs avec cette préparation.

Pas facile à concilier avec les enjeux écologiques

A l’heure du changement climatique, un projet d’expatriation a un certain impact à ce niveau-là, que ce soit au niveau des allers-retours pour voir la famille ou de la vie sur place. 90% des expatriés ont conscience des enjeux écologiques. Parmi leurs moyens d’action, 70% consomment local, 42% limitent les allers-retours avec le pays d’origine et 41% réduisent les livraisons. Parmi les bonnes pratiques évoquées, notons entre autres : « consommation de produits locaux, compost, tri des déchets, diminution de l’usage de l’eau dans le jardin, pas d’usage de clim malgré un pays chaud, voiture de seconde main et peu polluante » ; « suppression de l’avion et voiture, achat autant que possible de nourriture locale de saison et vegan, et je suis devenue animatrice de fresque du climat ». Cependant, certains se heurtent à des obstacles : « je recycle tout ce que je peux, mais je ne peux pas aller à l’encontre des us et coutumes locales » ; « dans certaines villes absence de transports en commun, pratique du vélo trop dangereuse, gestion des déchets et traitement des eaux usées inexistants… »

Autres enseignements du baromètre : le conjoint et la famille

91% recommandent l’expatriation. « Le monde dans lequel nous vivons est multiculturel, l’expatriation est un excellent moyen de le comprendre » commentent certains. La suite de la carrière au retour s’accompagne parfois de difficultés professionnelles, puisque 27% sont en recherche d’emploi et seuls 9% ont été promus.

Le conjoint est aussi au cœur du projet, 53% estiment avoir trouvé leur place, 41% ont conservé une activité professionnelle (dont 30% qui ont trouvé un emploi sur place). 36% de ceux qui ont choisi de ne pas travailler en expatriation le font pour s’occuper des enfants, tandis que 34% travaillent en expatriation pour avoir une indépendance financière.

Le retour, perçu comme une étape difficile pour 70%, est dû à des raisons familiales pour 30% et professionnelles pour 34%.


Synthèse (en anglais) du Baromètre Expat Communication 2022 est consultable ICI.

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