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[Etude] Indice de l’engagement à la réduction des inégalités 2022

Les gouvernements du monde entier ont alimenté une explosion des inégalités pendant la pandémie de Covid-19

La France perd dix places dans ce classement

La moitié des pays les plus pauvres ont laissé les dépenses de santé baisser malgré la pandémie, tandis que 95% des pays ont gelé ou même réduit les impôts sur les riches et les entreprises. Les pays riches comme les pays pauvres ont exacerbé les inégalités économiques pendant la pandémie de 2020. Les gouvernements ont réduit leur part de dépenses en matière de santé, d'éducation et de protection sociale, tout en refusant d'augmenter la fiscalité des superprofits ou sur l’accumulation de richesses par certains, ou d'augmenter les salaires minimums, révèle une nouvelle étude menée par Oxfam et Development Finance International (DFI). Dans ce classement, la France a perdu dix places dans l'indice après avoir réduit les taux d'imposition des sociétés et sabré son impôt sur la fortune en 2019.

L'Indice d'engagement à réduire les inégalités 2022 (CRIIndex) est la première analyse détaillée du type de politiques et d'actions de réduction des inégalités que les gouvernements de 161 pays auraient pu mener au cours des deux premières années de la pandémie. Il montre qu'en dépit de la pire crise sanitaire depuis un siècle, la moitié des pays à revenu faible ou intermédiaire inférieur inclus dans l'indice ont réduit la part des dépenses de santé dans leur budget. Près de la moitié des pays (77) ont réduit la part consacrée à la protection sociale, tandis que 70% ont réduit la part consacrée à l'éducation. Malgré l'énorme pression exercée sur les finances publiques, 143 des 161 pays ont gelé les taux d'imposition de leurs citoyens les plus riches, et 11 pays les ont même réduits.

Ce constat dramatique met en exergue les alertes lancées par Oxfam depuis plusieurs mois ; 263 millions de personnes supplémentaires auront basculé dans l’extrême pauvreté d’ici la fin de l’année. L'analyse d'Oxfam et de DFI montre que, sur la base des données du FMI, les trois quarts des pays du monde prévoient de nouvelles réductions des dépenses au cours des cinq prochaines années, pour un total de 7,8 trillions de dollars. En 2021, les pays à faible revenu ont consacré 27,5% de leur budget au remboursement de leur dette, soit deux fois plus que le montant consacré à l'éducation, quatre fois plus que celui consacré à la santé. Les initiatives prise pour limiter le surendettement n’ont au final couvert que 1,6% de la totalité des remboursements dus par les pays en développement en 2020.

Pour Cécile Duflot, directrice générale de Oxfam France, « Le surendettement des Etats et notamment des pays du Sud est un fléau. Le Sénégal a ainsi remboursé 821 millions de dollars, entre mai 2020 et décembre 2021, à des grandes banques européennes, américaines et asiatiques détenteurs d’obligations souveraines. Les seuls intérêts perçus par ces derniers représentent davantage que le budget annuel du ministère sénégalais de la Santé et de l’Action sociale. C’est insupportable ».

Cécile Duflot conclut : « Notre indice montre que la plupart des gouvernements n'ont absolument pas pris les mesures nécessaires pour contrer l'explosion des inégalités créée par Covid-19 ou n’ont pas eu les moyens de le faire. Ils ont fragilisé les services publics au moment où les gens en avaient le plus besoin, et ont laissé les milliardaires et les grandes entreprises s'en tirer à bon compte alors qu'ils engrangent des bénéfices records. Il y a cependant de bonnes nouvelles : certains gouvernements courageux ont renversé cette tendance en prenant des mesures fortes pour résorber les inégalités. C’est le cas du Costa Rica qui a augmenté son impôt sur le revenu de 10% ou encore du territoire palestinien occupé qui lui a augmenté ses dépenses sociales de 37 à 47% de son budget total. »

Focus France

Dans ce classement, la France a perdu dix places dans l'indice après avoir réduit les taux d'imposition des sociétés et sabré son impôt sur la fortune en 2019.

La tendance n’est pas près de s’inverser puisque le gouvernement d'Elisabeth Borne continue sur sa lancée en s’apprêtant à faire un nouveau cadeau de huit milliards aux entreprises avec à la suppression annoncée de la CVAE. Cette décision est inacceptable dans un contexte où le gouvernement se refuse toujours à adopter une taxe ambitieuse sur les superprofits des grandes entreprises qui profitent des crises successives.

Il est temps que la politique fiscale de la France soit rééquilibrée vers les plus riches et les entreprises afin que ceux-ci payent leur juste part d'impôt.

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