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[Etude] Comment la finance peut-elle contribuer à la sortie de crise ?

Les 14 propositions formulées par le Cercle des Economistes

Le 18 mai, le Cercle des économistes, en collaboration avec Radio France, France info, Boursorama.com et L’Opinion, a réuni plus de 40 personnalités de la finance lors d’une grande journée de débat. Universitaires, entrepreneurs, chefs d’entreprise, acteurs institutionnels et chercheurs sont intervenus en direct devant un public connecté en ligne pour répondre à une question placée au cœur de l’actualité : « comment la finance peut-elle contribuer à la sortie de crise ? ».

La finance, souvent perçue comme trop risquée, est un levier indispensable et actionnable immédiatement pour accompagner la sortie de crise

La mobilisation des 160 Mrds€ d’épargne supplémentaire accumulés par les Français ces derniers mois sera une clé de la relance. Il ne faut pas non plus négliger le potentiel que peuvent avoir la finance et ses innovations pour accompagner les transformations structurelles de notre économie, notamment son « verdissement ». Mais encore faut-il mettre en place les bons dispositifs qui permettront à la finance de contribuer à la sortie de crise tout en garantissant un risque acceptable et une efficacité importante de ces outils.

Le Cercle des économistes formule 14 propositions


Axe I > Mobiliser l’épargne pour relancer l’économie.

1/ Réconcilier l’exigence de rentabilité des marchés financiers et la faible rentabilité des projets de long terme, ainsi que le risque associé à l’ensemble des investissements, en conjuguant les financements privés et publics à travers Bpifrance, et en donnant des garanties publiques sur l’épargne des seniors engagée dans ces projets.

2/ Réformer la fiscalité de l’épargne afin d’inciter les français à investir dans des produits plus risqués et à plus long terme, qui permettent de financer les entreprises.

3/ Instaurer une garantie à terme et non une garantie à chaque instant de l’assurance-vie, comme c’est actuellement le cas en pratique pour l’assurance-vie en euros, afin de permettre la diversification des portefeuilles des assureurs.

4/ Créer des institutions publiques de titrisation de crédits des ménages, à l’image des agences Freddie Mac et Fanny Mae aux Etats-Unis, afin de transférer une partie du risque vers l’Etat et permettre aux ménages d’allonger leurs horizons de placement.

5/ Éduquer à la culture du risque dès le secondaire, afin d’améliorer en profondeur la culture économique et financière des ménages.


Axe II > Maitriser l'endettement pour conforter la reprise.

6/ Revoir les normes prudentielles internationales « Bâle III » pour permettre aux banques centrales d’assurer la stabilité financière sans avoir à augmenter trop violemment leurs taux d’intérêt. Cela passe par le durcissement des règles d’allocation du crédit et de celles des banques centrales en matière de rachats d’actifs.


Axe III > Renforcer la confiance dans les marchés financiers, porter et accompagner
leurs transformations.

7/ Investir massivement dans la recherche car elle sera la clé pour le développement du financement de l’économie.

8/ Renforcer la régulation et la supervision des « Special Purpose Acquisition Companies » (SPACs, sociétés créées ad hoc pour financer différentes opérations non encore identifiées à leur création) afin de permettre à ces dispositifs de se développer tout en veillant à la protection des investisseurs.

9/ Contrôler l’émergence des « stable coins », émises par les Big Techs (comme Facebook), qui constituent un véritable changement d’échelle des monnaies privées.

10/      Investir considérablement et rapidement dans la cybersécurité, car le développement des marchés ne peut souffrir de failles de sécurité déjà importantes.


Axe IV > Créer les conditions d'une finance de la transition écologique et de l'essor de la finance "verte".

11/ Déterminer les critères d’une finance de la transition écologique, afin d’accompagner les entreprises qui se tournent vers un modèle « vert » à moyen terme.

12/ Définir un sentier de croissance du prix du carbone pour les années à venir, dans le cadre d’un accord international contraignant pour les Etats. Cela permettrait aux investisseurs de réduire l’incertitude sur les rendements futurs des actifs « verts ».

13/ Revoir les règles de « Bâle III » et « Solvency II » pour encourager les financements « verts » et à impact environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

14/ Établir une taxonomie internationale unique sur les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), afin que tous les marchés, investisseurs et autres acteurs de l’économie aient un référentiel commun.

Les replays de l’ensemble des débats sont accessibles ICI

 

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