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[Etude] Reprises d'entreprises : une demande en forte augmentation

Bilan 2020 et perspectives 2021

En 2020, les candidats à la reprise d’entreprise se font plus nombreux, et porteurs de projets plus solides et mieux financés. Plus mobiles, ces candidats à l’acquisition se montrent également plus prudents dans leurs projets. Il s’agit, de plus en plus, de personnes physiques prêtes à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, notamment en région. Leurs projets bénéficient du soutien actif des pouvoirs publics, permettant ainsi aux cédants de vendre leur activité dans des conditions optimales, malgré la crise. 

Le Groupe Michel Simond, réseau de franchise spécialiste de la transmission d'entreprise, a noté une évolution en ligne avec ces tendances.


1/ Une année 2020 en montagnes russes

En 2020, le nombre de transactions d’entreprises a diminué de 25% par rapport à 2019 en France. L’année a été marquée par une reprise significative de l’activité à l’issue du premier confinement, puis une rétractation à partir du second confinement. De nombreuses cessions se trouvent aujourd’hui repoussées : certains acquéreurs souhaitent attendre les réouvertures, d’autres ont subi des retards administratifs ou des délais de décision plus longs de la part des banques.

Le Groupe Michel Simond, réseau de franchise spécialiste de la transmission d’entreprise, a noté une évolution en ligne avec ces tendances. « Nous avons connu un excellent troisième trimestre, explique Mélanie Aloui, Directrice du Groupe Michel Simond. Entre juin et octobre 2020, les compromis et ventes signés au sein du réseau ont été en nette augmentation avec notamment un pic en juillet (+45% de ventes réalisées), et en septembre, avec une progression de +77% du nombre de compromis signés vs 2019 ».

Des prix de cession en légère progression

Le prix médian de cession des PME est passé de 214 000€ en 2019 à 220 000€ en 2020, soit une hausse de 2,6%. Au sein du réseau Michel Simond, cette progression a atteint 3,13%, avec de fortes disparités selon les secteurs. Ainsi, les activités de transport, plomberie chauffage, messageries, ont vu leur valeur progresser d’environ 2%. De leur côté, les commerces de bricolage, jardineries, distribution alimentaire, et restauration rapide ont également connu une évolution très positive de l’ordre de 7% en moyenne.

Inversement, les acteurs du CHR (cafés- hôtels- restaurants) et leurs fournisseurs ont maintenu leur valorisation malgré une baisse moyenne de chiffre d’affaires de 36%. De même, les entreprises de la culture, de l’événementiel ou du prêt-à-porter ont enregistré une baisse de 30% de leur chiffre d’affaires, et de plus de 15% de leur valorisation. On note, globalement, que les commerces de centre-ville résistent mieux que ceux implantés dans les centres commerciaux.

Des acquéreurs potentiels plus nombreux et aux projets plus solides

En 2020, le nombre de candidats à la reprise a fortement augmenté : le Groupe Michel Simond a ainsi enregistré une augmentation de 10% des demandes par rapport à 2019 !

Pour l’essentiel, il s’agit de personnes physiques, notamment des cadres en reconversion qui anticipent les plans sociaux de leurs employeurs. Porteurs de solides compétences, ces nouveaux candidats à l’acquisition disposent également d’apports plus conséquents : 250 K€ en moyenne pour les cessions de commerces et 550 K€ en moyenne pour les autres cessions, soit une progression de 6%.

35% d’entre eux recherchent en priorité un investissement dans une activité CHR, preuve que le secteur garde une forte attractivité. « Mais ces candidats à l’acquisition vont se montrer prudents, ajoute Mélanie Aloui. Ils prendront le temps de choisir leur investissement, et exploreront un plus grand nombre de possibilités, nettement géographiques. En 2019, 42% d’entre eux recherchaient un investissement dans un département différent du leur. Aujourd’hui, cette proportion de candidats « mobiles » est passée à 51% ».

Face à ces acquéreurs, le nombre de cédants diminue : -27% par rapport à 2019. Cette rareté de l’offre par rapport à une demande en progression devrait permettre au prix des entreprises de se maintenir à un niveau satisfaisant.

Financement : les nouvelles règles du jeu

Dans un contexte économique encore très incertain, les banques vont rallonger leurs délais de décision avant d’accorder des crédits aux acquéreurs, et se montrer plus exigeantes. Notamment, elles leur demandent désormais des apports plus importants (40% au lieu de 30% l’an dernier). Elles se montrent également plus favorables aux dossiers réunissant plusieurs investisseurs, leur permettant de limiter leurs prises de risques. A cet égard, les pouvoirs publics jouent un rôle majeur : certains acteurs – notamment BPI France, ou encore certaines régions, permettent aux acquéreurs de trouver des financements, grâce à leurs prêts ou cautionnements.

Concernant spécifiquement les cessions de fonds de commerce, un élément essentiel intervient dans leur valorisation : celui de leur valeur locative.  Cette dernière a diminué de 20% en 2020, dont -26% pour le droit au bail, et -18% pour les loyers. Cette tendance, qui pourrait s’amplifier, diminue le montant des charges et augmente donc la valeur des fonds de commerce, facilitant ainsi leur cession.

Pour tous, enfin, les modalités de cession seront sans doute amenées à évoluer : les clauses d’earn out ou les crédits vendeur devraient se multiplier. Ces cessions « progressives » permettent en effet de rassurer l’investisseur, notamment lorsqu’une partie du prix de la transaction reste conditionnée aux résultats de l’entreprise après sa transmission, et permet donc de limiter les risques.

Récapitulation chiffres 2020

  • +10% de demandes de reprises par rapport à 2019
  • Un nombre de cédants en diminution : -27% par rapport à 2019
  • Un prix médian de cession des PME en hausse de 2,6% par rapport à 2019
  • Des apports plus importants de 6% : 250 K€ en moyenne pour les cessions de commerces et 550 K€ en moyenne pour les autres cessions


2/ Les perspectives 2021

En 2021, selon Mélanie Aloui, « le marché restera dynamique. Du fait de la demande élevée, les cédants pourront vendre leur entreprise sans la brader. Il leur faudra en revanche préparer plus minutieusement leurs arguments face aux acquéreurs et aux banques, en prévoyant des délais plus longs. Notre réseau possède, dans ce contexte, un avantage décisif : nous intervenons sur l’ensemble la chaîne de transaction, côté cédant comme acquéreur. Cela nous permet de présenter des dossiers convaincants aux banques et d’obtenir des financements ».

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