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[Etude] Panne de trésorerie, mur de dettes… quel avenir pour les TPE / PME ?

Eclairage de Pierre Dutaret, CEO de Libeo

Alors que l’attention est toute tournée sur la réouverture prétendument salvatrice - mais que l’on espère définitive - des commerces dès samedi, quid de leur trésorerie réelle et de leur état de santé ?

Les chiffres extraits de la plateforme Libeo, sur un échantillon de 4 100 TPE/PME, parlent d’eux-mêmes :

Sur la période de février à novembre 2020, soit avant le 1er confinement et avant le 2ème
- Les retards de paiements ont été multipliés par 3 après le 1erconfinement, et par 6 avant le 2ème.
- Les retards sont passés de +/-3 jours à 17 jours.
- La proportion de factures payées à temps est passée de 77 à 55%.

Angélisme donc mis à part, les factures en retard deviennent la norme, et une réouverture n’épongera pas la perte de chiffre d’affaires catastrophique de cette année et les énormes dettes contractées par les commerçants, soit 2 à 6 ans de génération de trésorerie)...

Et en admettant que les créanciers acceptent d’échelonner les échéances dans le temps - impératif pour certains corps de métier -, les dirigeants d’entreprises souhaiteront-il vraiment travailler pendant 15 ans avec pour seul objectif de payer les banques, l’état et les impôts ? Ne risque-t-on pas d’épuiser le maillon essentiel de l’emploi en France ?

Pierre Dutaret, observateur privilégié des questions de trésorerie d’entreprise, pointent les éléments suivants :

  • La dette d’une entreprise s’analyse au regard de sa génération de trésorerie, or la dette augmente et la génération de trésorerie diminue... : effet ciseaux
  • La génération de trésorerie va mettre du temps à se rétablir car la saisonnalité joue contre les commerçants, qui réalisent la majeure partie de leurs profits au 4ème trimestre, alors qu’ils subissent généralement des pertes au 1e trimestre. 
  • La trésorerie n’avait pas été impactée par le premier confinement, mais l’est par ce second du fait des couteuses réouvertures, de la saisonnalité, de l’incapacité à contracter plus de PGE (les banques ont fermé le robinet, trop généreusement ouverts même aux entreprises déjà condamnée par leur mauvaise gestion), et du remboursement des échéances / dettes sociales repoussées précédemment et bientôt financières (début du remboursement des PGE).

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