Connexion
/ Inscription
Mon espace
Initiatives
ABONNÉS
Partager par Linked-In
Partager par Xing
Partager par Facebook
Partager par email
Suivez-nous sur feedly

[Initiatives] Réduire les retards de paiement afin de lutter contre les défaillances d'entreprises

INFO SÉNAT


Adoption à l’unanimité de la proposition de loi.

 

Jeudi 19 février, le Sénat a adopté à l’unanimité, en première lecture, la proposition de loi visant à réduire les retards de paiement afin de lutter contre les défaillances d'entreprises (voir les résultats du scrutin public). Cette proposition de loi a été déposée par Olivier Rietmann.

 

Comme l’a rappelé l’observatoire des délais de paiement dans son rapport annuel de 2024, les retards de paiement, qui représentaient un volume de 17 milliards d’euros en 2024, augmentent de 25% le risque de défaillance d’une entreprise. La Banque de France a recensé plus de 68 500 défaillances d’entreprises en 2025, un niveau inédit et en augmentation de 3,5% par rapport à 2024.

 

Dans ce contexte, la présente proposition renforce tout d’abord les sanctions prévues à l’encontre des entreprises publiques et privées par le code de la commande publique et le code de commerce en cas de retard de paiement. Le plafond de l’amende administrative, qui s’élève aujourd’hui à 2 millions d’euros, serait désormais établi au montant le plus important entre 2 millions d’euros et 1% du chiffre d’affaires mondial consolidé. Le texte allonge en outre de deux à trois ans la durée de réitération, c’est-à-dire la période pendant laquelle une récidive expose les entreprises à un doublement de la sanction encourue.

 

Ensuite, le texte prévoit des mesures pour lutter contre les retards de paiement imputables aux acheteurs publics. Il crée un fonds public de subrogation permettant le paiement rapide des petites entreprises titulaires d’un marché public dont le montant excède 30% de leur chiffre d’affaires.

 

La proposition de loi interdit par ailleurs aux créanciers de renoncer à appliquer les pénalités de retard, comme le font principalement des PME et TPE. Cette interdiction, qu’impose déjà le code de la commande publique, serait donc également prévue par le code de commerce pour les relations interentreprises.

Enfin, le texte réintroduit la possibilité, pour les entreprises en situation de cessation des paiements, de recourir à la procédure de traitement de sortie de crise. Il assouplit en outre les conditions d’ouverture de celle-ci, en ce qui concerne la présentation des comptes annuels et la période d’observation et d’accompagnement de l’entreprise par un mandataire judiciaire, afin d’éviter l’engagement de redressements judiciaires lorsque cela est encore possible. L’objectif est de permettre aux entreprises en difficulté encore viables de se redresser rapidement, de préserver les emplois et d’éviter une défaillance.

 

Le texte adopté par le Sénat a été enrichi par des amendements visant notamment à :

- modifier le dispositif du fonds public à destination des micro-entreprises et des PME, en précisant qu’il est sans frais et en permettant au fonds de sélectionner les créances qu’il entend prendre en charge. Ce dispositif ferait l’objet d’une expérimentation d'une durée de trois ans à partir du 1er janvier 2028, dans au moins deux régions ;

- repousser au 31 décembre 2028 la date d’extinction de la procédure de traitement de sortie de crise, afin de permettre une expérimentation sur le temps long et d’évaluer l’opportunité de sa pérennisation ;

- calculer, à partir du 1er janvier 2030, le délai de paiement à compter de la réception de la facture, et non à partir de son émission ;

- préciser les circonstances dans lesquelles l’obligation de signalement par les commissaires aux comptes se déclenche ;

- imposer l’automaticité du versement des intérêts moratoires, lors du paiement de la facture initiale en exécution d’un marché public, en cas de retard de paiement d’un acheteur public.

 

Cette proposition de loi modifiée a été transmise à l’Assemblée nationale.


Lire la suite...


Articles en relation