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Défaillances d'entreprises : les chiffres du 2ème trimestre 2020

Thierry Millon, l’expert de la donnée d’entreprise Altares a dévoilé les chiffres des défaillances d’entreprises en France au 2e trimestre 2020. Si le niveau global constaté est historiquement bas, la fragilisation des entreprises de plus de 50 salariés provoque une hausse très nette du nombre d’emplois menacés. Altares identifie par ailleurs près de 100 000 entreprises en tension, qui disposent à date de moins de 30 jours de trésorerie.

Le niveau global de défaillances est historiquement bas mais les entreprises de + de 50 salariés sont nettement fragilisées.

Les mesures de confinement et les ordonnances d'adaptation du droit des entreprises en difficulté1 ont permis de contenir les niveaux de défaillances sous le seuil des 6000 avec 5766 procédures collectives ouvertes sur le 2e trimestre 2020 : une baisse globale de 53,3 % comparée à la même période de l’an passé. Un nombre probablement jamais vu depuis le début des années 1980, 10 000 structures ont ainsi échappé à la défaillance en comparaison du 1er semestre 2019. Mais cette tendance globale ne doit pas faire ignorer la situation inquiétante des entreprises de plus de 50 salariés dont le niveau de défaillances croît de 15,7 %.

Dans le détail, le nombre (44) de jugements prononcés sur les PME de 50 à 99 salariés ne baisse pas et celui des sociétés d’au moins 100 salariés augmente de 33 %. 52 sociétés de plus de 100 salariés ont fait l’objet d’une procédure collective ce 2e trimestre, soit le plus mauvais chiffre depuis la crise de la dette publique en zone euro en 2012 (61 défaillances) et la lente sortie de récession l’année suivante (76 défaillances).

Inversement, les sinistres reculent de 53,8 % chez les entreprises de moins de 50 salariés. Comme les trimestres précédents, les TPE de moins de 10 salariés concentrent plus de neuf défaillances sur dix (92%). Leur nombre (5 282) recule de 55% par rapport au même trimestre 2019. Les PME de 10 à 49 salariés représentent 6,7 % des défaillances et leur nombre (388) décroît de 39%.

43 400 emplois menacés, le ratio emplois menacés/défaillance passe de 3,3 à 7,5

Alors même que le nombre de défaillance a été divisé par deux en comparaison avec le 2e trimestre 2019, le nombre d’emplois menacés grimpe quant à lui à 43 400, soit 2400 de plus comparé à la même période.

La moitié des sauvegardes et les deux tiers des redressements judiciaires ont concerné des entreprises de moins de 3 salariés. Pour autant, les procédures ouvertes sur des Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) ont fait bondir le compteur des emplois menacés. On pense notamment à des groupes comme La Halle, Camaïeu, Celio, Orchestra-Premaman, NafNaf ou encore Verywear Devianne, pour ne rester que dans le secteur de l’habillement.

Ces sinistres ont porté le ratio moyen d’emplois menacés par défaillance de 3,3 à 7,5 pour ce 2e trimestre.

Toutes les régions sont au vert

Dans toutes les régions, le nombre des défaillances d’entreprises a été divisé par deux environ. Le recul est plus sensible en Corse (-68,8%) et à l’inverse moins marqué en Bretagne (-44,4%). Le trio de tête des régions qui comptabilisent le plus de sauvegardes est constitué de la Nouvelle-Aquitaine (23), l’Ile-de-France (22) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (20).

Le secteur de la construction particulièrement résilient

Les défaillances sont en baisse sur l’ensemble des secteurs d’activité. Le recul est très net pour le secteur de la construction avec – 60 % de défaillances pour 1275 jugements. Le secteur des transports a également bien résisté avec une chute des défaillances de 62 %. L’industrie présente une baisse de 49 %, légèrement en-dessous de la tendance globale (53,3%). Le secteur du commerce compte pour sa part 1289 jugements, en retrait de 52 %. Les services aux entreprises voient le nombre de procédures baisser de 51 %. Les services aux particuliers limitent le recul des défauts à 38 %. Les défaillances dans la restauration sont en baisse de 50 %. 

100 000 entreprises françaises disposent de moins de 30 jours de liquidité

Alors que les entreprises disposent habituellement en moyenne de 4 à 5 mois de liquidités, Altares a précisément identifié près de 100 000 sociétés qui disposent de moins de 30 jours de trésorerie pour faire face aux dépenses les plus urgentes. Une « réserve » bien fragile au regard du contexte de marché si incertain. C’est le cas particulièrement dans les activités de commerce, café-hôtel-restaurant ou services à la personne.

 

Rappel du contexte sur les droits des entreprises en difficultés | L’Ordonnance n° 2020-341 du 27 mars 2020 portant adaptation des règles relatives aux difficultés des entreprises, modifiée par l’Ordonnance n°2020-596 du 20 mai 2020, définie que jusqu’au 23 aout 2020 inclus « l'état de cessation des paiements est apprécié en considération de la situation du débiteur à la date du 12 mars 2020 ». Cela signifie que la justice considère que si à la date du 12 mars, une entreprise n’était pas en cessation de paiement, elle ne l’est pas jusqu’au 23 aout.

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