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Climat : entreprises & investisseurs doivent travailler en partenariat

Pour atteindre les objectifs climatiques, un partenariat entre les entreprises et les investisseurs est essentiel. Les investisseurs doivent eux-mêmes se regrouper dans des initiatives collaboratives pour pouvoir obtenir de réels progrès dans la décarbonisation du secteur énergétique.

Tel est le message de Sylvia van Waveren, Spécialiste de l’Engagement chez Robeco, et de Carola van Lamoen, Responsable de l'Actionnariat Actif, à la veille du Forum économique mondial de Davos, où la question de la réduction des émissions sera une priorité.

Principal sujet devant être abordé à partir du 21 janvier : « Comment relever les défis environnementaux urgents qui nuisent à notre écologie et à notre économie ».


Rendre le monde neutre en carbone d’ici à 2050,
c'est considéré comme un élément essentiel pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris, à savoir limiter le réchauffement à 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels, d'ici la seconde moitié de ce siècle.
L'accent est principalement placé sur la réduction des émissions carbone de l'industrie pétrolière et gazière dans la transition vers des énergies renouvelables à émissions nettes nulles.


3 ans d’engagement

En 2019 s’est achevé un programme de dialogue actionnarial de 3 ans mené par Robeco auprès de onze groupes pétroliers et gaziers cotés (6 internationaux et 5 nationaux) représentant à eux tous un quart de l’offre de pétrole mondiale et un cinquième de l’offre de gaz.
« Ces trois années de dialogue avec ces entreprises ont globalement produit d'excellents résultats, commente Sylvia van Waveren, en charge du secteur énergétique dans l'équipe Actionnariat Actif chez Robeco. Sur la base des progrès réalisés par rapport aux objectifs sous-jacents fixés en début de programme, nos actions de dialogue actionnarial ont été un succès dans sept entreprises sur onze. Soit un taux de réussite de 64%. »


Succès remarquable avec Shell

Le dialogue actionnarial fait partie du travail de collaboration entrepris avec l’initiative Climate Action 100+, qui regroupe plus de 370 investisseurs représentant plus de 35 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion. Lancée en décembre 2017, cette coalition a identifié les 100 entreprises les plus émettrices de gaz à effet de serre, notamment les géants du secteur pétrolier et gazier.

Un succès remarquable a été obtenu en décembre 2018 lorsque Shell a accepté de fixer des objectifs à court terme en matière d'émissions, y compris pour les produits usés, et, pour la première fois, de conditionner la rémunération de ses dirigeants à l'atteinte de ces objectifs. Ce dialogue actionnarial a été menée par Robeco et Church of England Pensions Board (fonds de pension de l’Église d’Angleterre).

« L’exemple de Shell montre qu’il est important de former des partenariats, tant avec les entreprises qui doivent réduire leur empreinte carbone qu'avec d'autres investisseurs, commente Carola van Lamoen, responsable de l'équipe Actionnariat actif chez Robeco. Les initiatives comme Climate Action 100+ ont posé les fondations de partenariats inédits qui sont nécessaires dans les secteurs très émetteurs tels que l'aviation, l'automobile, le transport maritime, l'énergie et l'acier. »


Partenariats public-privé

Le sommet de Davos est lui-même un partenariat public-privé : chaque mois de janvier, les principaux dirigeants politiques et d'entreprises du monde entier se retrouvent dans cette station de ski suisse pour discuter des enjeux mondiaux. Cette année, les discussions porteront sur le développement durable, la « quatrième révolution industrielle » et les tendances sociodémographiques qui transforment l'entrepreneuriat.

Selon Sylvia van Waveren, les investisseurs peuvent s'appuyer sur les collaborations réussies en 2019, une année marquée par 3 grandes avancées : « La première, et la plus importante d'entre elles, a été la création d'un modèle de partenariat cadre en vue de mener des changements ambitieux, comme le montrent les succès obtenus collectivement par Climate Action 100+. La deuxième a été l'alignement du busines model des entreprises sur l'accord de Paris, avec l'aide d'organisations telles que Transition Pathway Initiative, qui analyse les émissions de carbone. Point troisième, l’attention passe (en toute logique) de l'offre d'énergie à la demande, puisque de nombreuses solutions de décarbonisation se basent sur la consommation énergétique des consommateurs. Les industries très émettrices telles que le transport en sont un exemple ».


Viser plus haut

En 2020, les investisseurs et les entreprises pourront s'appuyer sur ce succès, annonce Sylvia van Waveren. « Alors que 2019 a marqué un tournant en matière de nouvelles pratiques et d'évolution des attitudes et points de vue des investisseurs, nous n'avons pas encore atteint le niveau d'ambition nécessaire à notre succès.

C’est la raison pour laquelle 2020 devra être l'année d'un nouveau partenariat entre les administrateurs des entreprises et les investisseurs institutionnels. Ce partenariat devra se baser sur le changement systémique et les résultats concrets pouvant fonctionner dans toute la chaîne de valeurs et toutes les classes d'actifs, en vue de définir des trajectoires de décarbonisation dans l'aviation, l'automobile, le transport maritime, l'acier ou le ciment, pour ne citer que quelques secteurs. »

Enfin, Sylvia van Waveren précise qu'à l'échelon gouvernemental, les contributions déterminées nationalement (émissions que les pays s'engagent à réduire dans le cadre de l'accord de Paris) vont prendre de l'importance. De nombreux gouvernements, y compris celui des Pays-Bas (pays de Robeco) établissent d'ores et déjà des objectifs. Certaines entreprises formulent également leurs propres contributions déterminées en vue d’atteindre le « net zéro carbone » (nouvelle expression en vogue dans l'investissement durable) d’ici 2050.

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