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Où nous mène le recours à l’intelligence artificielle en matière de gestion de portefeuille ?

BE - Culture & Société
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Billet mensuel du docteur Leber, fondateur d’Acatis, société de gestion indépendante allemande.

Le mois de mars a été placé sous le signe de notre nouveau fonds d’intelligence artificielle et d’une conférence au cours de laquelle nous sommes intervenus concernant le recours à l’intelligence artificielle en matière de gestion de portefeuille.

Où nous mène cette évolution?

1/ Les miracles sont impossibles. La vie est marquée par les hasards et les longueurs d’avance en matière d’informations n’ont donc qu’un intérêt modéré. Il est impossible d’avoir une vision sûre de l’avenir. Citons le scientifique Philip Tetlock : « Le monde aurait pris une autre tournure si Madame Hitler avait rencontré Madame Staline. » Les hasards les plus minimes modifient le cours de l’histoire mondiale d’une manière imprévisible. Et aucun ordinateur ne peut le savoir.

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2/ Sur un jeu d’échec toutes les informations et possibilités d’actions sont présentées sur un échiquier de 8x8 cases. Mais dans la vie réelle, les règles du jeu sont continuellement modifiées et adaptées en fonction du déroulement du jeu. En outre, de nombreuses informations se trouvent en dehors du terrain de jeu. Au niveau de l’investissement, la politique, les guerres commerciales, la politique monétaire et les évolutions technologiques interviennent en dehors du terrain de jeu observé et analysé. Cela limite l’utilité du traitement actuel des informations. Le meilleur système d’IA est voué à l’échec lorsque, par exemple, les banques centrales modifient les règles du jeu pour tout le monde.

3/ Il y a encore beaucoup de choses à améliorer dans l’analyse de ce monde incertain. Le recours aux outils quantitatifs a induit une amélioration de performance par rapport aux procédures traditionnelles et le recours à l’intelligence artificielle repoussera à son tour les limites de la performance. La meilleure utilisation des informations existantes (que représente un bilan de 200 pages par rapport à l’immensité des informations existant sur une entreprise ?) permettra de repousser encore plus cette limite. L’acquisition des données sera le combat de l’avenir. Jusqu’à présent, seule une petite partie des informations est traitée.

4/ Celui qui n’utilise pas ces outils, prend du retard. Chercher les horaires de train dans un guide des correspondances et des numéros de téléphone dans l’annuaire, préparer un trajet avec une carte routière, conduire sans ABS ni ESP, photographier avec une pellicule, écouter un LP sur tourne-disque, regarder une télévision à tubes cathodiques, écrire des lettres au lieu d’e-mails … tout cela est très romantique mais relève plutôt du registre de la nostalgie que de celui du présent. Notre époque moderne requiert des outils modernes.

5/ L’homme a-t-il encore une place ? Une hypothèse de travail de la conférence était que la combinaison de l’homme et de la machine est supérieure à l’homme seul et également à la machine seule. Pas sûr que cela restera vrai. En tout cas, l’homme qui utilise la machine à des fins de productivité a, sur un horizon prévisible (5/10 ans), encore une place dans l’univers de l’investissement.

http://www.acatis.de


 

 

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