Connexion
/ Inscription
Mon espace

Dégradation sans précédent du rendement de la récolte de blé française en 2016

BE - Entreprises & initiatives
ABONNÉS

Conséquence des intempéries de mai-juin dernier, cette année, une exploitation céréalière de 120 ha sera en déficit de 60 000€ minimum. Les cours mondiaux au plus bas depuis 10 ans suite à de très bonnes récoltes des pays de la mer Noire et des Etats-Unis achèvent de ternir le tableau et vont exposer les producteurs français à de graves difficultés financières.

Michel Portier, directeur général d’Agritel explique : « D’après nos données, nos calculs et sur la base des cours actuels, pour un blé tendre aux normes, le CA atteindrait seulement 740€/ha, bien loin des 1 480€/ha qu’il faut en moyenne pour couvrir l’ensemble des charges d’une exploitation et prélever une rémunération de subsistance. » 
Ainsi, malgré les aides compensatoires européennes, les céréaliers français accuseront un déficit minimum de 500€ /ha, soit, pour une exploitation de 120 ha de céréales, un déficit minimum de 60 000 €. Il faudra néanmoins intégrer que ce chiffre correspond à un prix du blé payé aux normes. Ce déficit sera beaucoup plus important pour les blés fourragers, ce qui affectera malheureusement la majorité des producteurs. 

« Jamais depuis l’après-guerre nous n’avions connu une telle chute de rendement d’une année sur l’autre », insiste Michel Portier. La fin de cycle aura vraiment été hors norme. Après des gels d’épis fin avril, des déluges d’eau se sont abattus sur les principales régions céréalières à partir de la fin mai. Ces fortes précipitations ont accentué la pression des maladies et des adventices, affectant également les plantes tant par l’asphyxie des racines que par une photosynthèse défaillante, faute de luminosité. « Au final, les épis qui étaient pourtant très nombreux se sont très mal remplis. » précise l’expert.

La zone la plus sévèrement touchée s’étend du Nord-Picardie au Centre et à la Bourgogne-Franche-Comté en passant par l’Ile-de-France et la Champagne-Ardenne. L’Alsace et la Lorraine sont également particulièrement affectées.
A l’échelle du territoire, les analystes d’Agritel ont donc confirmé auprès de ses clients la baisse de la production sous la barre des 30 millions de tonnes depuis plusieurs jours. « Mais il est encore trop tôt pour déterminer précisément la production française 2016. Chaque jour les indicateurs confirment une situation de plus en plus catastrophique. De nombreuses restructurations sont hélas à venir au sein des exploitations céréalières, comme c’est déjà le cas dans l’élevage » annonce Michel Portier.

Le savoir-faire des opérateurs de la filière permettra de répondre à tous les segments qualitatifs du marché. Toutefois, dans les zones les plus touchées, les poids spécifiques souvent très faibles conduiront pour les producteurs à de lourdes réfactions de prix et à des déclassements en céréales fourragères, moins bien valorisées. « Avec un CA divisé par deux et des charges stables, des solutions court terme vont être mises en place. Elles devront être également accompagnées de solutions moyen et long terme pour compenser les handicaps auxquels sont soumis les producteurs français face à une concurrence souvent déloyale », conclut Michel Portier.

www.agritel.fr

 

 

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 

Lire la suite...


Articles en relation

BE - Entreprises & initiatives
ABONNES
Etat des lieux du coworking en Ile-de-France

Accroissement du nombre de travailleurs indépendants, essor de la digitalisation et du télétravail, nouvelles générations plus mobiles et en quête d'autonomie… le coworking répond aux multiples enjeux posés par la transformation des modes de travail, ainsi qu'aux stratégies d'entreprises de plus en plus soucieuses de flexibilité... Le phénomène est en pleine expansion depuis 2015 sur le marché immobilier des bureaux. Knight Frank dresse le bilan de la situation en Ile-de-France. Un phénomène...

BE - Entreprises & initiatives
ABONNES
4 salariés sur 10 se plaignent d'un mauvais équilibre vie pro / vie perso

75% des salariés européens préfèrent garder bien distinctes et séparées leur vie professionnelle et leur vie personnelle, selon l'étude « Révélez vos talents » d'ADP (Automatic Data Processing). L'étude, qui a interrogé plus de 2 500 travailleurs en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas et au Royaume Uni, a conclu que, malgré ces préférences, près d'un tiers (31%) de ces salariés ne pensent pas avoir un bon équilibre vie professionnelle - vie privée dans leur situation actuelle. Les...

BE - Entreprises & initiatives
ABONNES
Depuis 2017, les tensions géopolitiques augmentent les pertes associées au risque politique

Willis Towers Watson et Oxford Analytica publient leur enquête annuelle* sur le risque politique. Selon les résultats de cette enquête, les préoccupations géopolitiques grandissantes provoquent une augmentation des risques politiques. Ainsi 55% des entreprises internationales générant un CA supérieur à 1 Md$ ont vécu au moins une perte liée au risque politique supérieure à 100 M$. L'étude souligne par ailleurs le phénomène selon lequel les crises économiques vécues par les marchés émergents...

BE - Entreprises & initiatives
ABONNES
Mauvaises performances du marché mondial des fusions et acquisitions, sauf en Europe

Le marché mondial des fusions-acquisitions (M&A) a sous-performé pour un 4ème trimestre consécutif, selon les derniers résultats du Quarterly Deal Performance Monitor (QDPM), l'observatoire trimestriel des fusions-acquisitions de Willis Towers Watson. Les opérations évaluées entre 100 M$ et plus de 10 Mds$ ont sous-performé l'indice  mondial de 1,8 point (points de pourcentage) en moyenne sur les deux dernières années. Maud Mercier, directrice de l'activité Global Solutions and Services, au...