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KPMG analyse les résultats des Stress tests 2016 de l'EBA

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Au vu de l’ensemble des résultats, la situation des banques européennes apparaît meilleure qu’en 2014. Le niveau des fonds propres ainsi que leur qualité ont progressé, ce qui constitue un indicateur clair d’une plus forte stabilité et d’une meilleure résilience du système bancaire européen.

- Le système bancaire européen semble disposer d’une plus grande capacité d’absorption des pertes, alors même que les investisseurs présentent des préoccupations accrues  sur la rentabilité des banques ainsi qu’un appétit amoindri pour les actions.

- Dans tous les pays européens, le niveau des fonds propres des banques a augmenté par rapport aux stress tests 2014. La différence d’impact sur les fonds propres entre les scénarii de base et stressés est cependant nettement plus élevée en 2016 qu’en 2014. Un impact fort sur les fonds propres ne signifie pas forcément qu’un établissement est plus fragile.

- L’importance de l’impact observé dans tous les pays, ne s’explique pas par les scenarii macro-économiques mais plutôt par l’application d’une méthodologie nettement plus conservatrice.

- Les comparaisons entre pays font apparaître une forte hétérogénéité de l’impact des stress tests. Cette hétérogénéité peut s’expliquer principalement par l’impact des hypothèses méthodologiques, plus fort pour certains business models, ainsi que par les différents degrés d’avancement dans la mise en œuvre des dispositions transitoires Bâle III dans les différents pays européens.

- Pour la France, le scénario adverse conduit à une baisse de 316 bps de capital CET à horizon 2018, par rapport au 31 décembre 2015. Malgré un écart qui s’accroît, les résultats des banques françaises confirment la qualité de leurs actifs et leur capacité de résistance à des chocs sévères.

 


L’Autorité bancaire européenne (EBA) a publié les résultats de ses stress tests le 29 juillet 2016, 14 mois après que le Président du Comité de Bâle Stefan Ingves a déclaré que les principales dispositions de Bâle III étaient en grande partie mises en œuvre. Par conséquent, nous pourrions nous attendre à ce que le secteur bancaire démontre une plus grande résistance par rapport à 2014, mais que nous apprennent les résultats publiés ?

Alors que, de manière générale, la stabilité des banques européennes s’est améliorée, les résultats de l’exercice donnent une image nuancée de la résilience du secteur bancaire européen. Si les niveaux de Common Equity Tier (CET) ont augmenté de manière significative, passant de 9% en 2012 à 13% en 2016, le ratio cours sur actif net moyen des établissements bancaires dans la zone euro a pratiquement diminué de moitié entre avril 2015 et juillet 2016, pour s'établir à 0,48, son plus bas niveau depuis 5 ans.

Le niveau moyen de NPL-ratio diminue de 53 bps entre fin 2014 et juin 2015 pour s’établir à 6,8% pour les banques soumises à l’exercice de stress tests.
Ce niveau élevé de NPL-ratios dans les établissements faisant partis du MSU, constitue un autre facteur d’inquiétude sur la fragilité du secteur, bien que la BCE en ait fait une de ses priorités. La France reste moins concernée par ce phénomène.

Le système bancaire européen semble disposer d’une plus grande capacité d’absorption des pertes, alors même que les investisseurs présentent des préoccupations accrues sur la rentabilité des banques ainsi qu’un appétit amoindri pour les actions.
Cette combinaison de facteurs peut expliquer pourquoi les banques soumises aux stress tests ont levé moins de 3,1€ Mds€ au 1er semestre 2016, tandis que les 44 banques soumises au mécanisme de surveillance unique avaient levé 49,9 Mds€ (CET) suite aux résultats du Comprehensive Assessment réalisé en 2014.

Sophie Sotil,  Associée KPMG, Head of Banking Regulatory in France, explique : « Les banques européennes ont augmenté leur fonds propres depuis 2014, signe d’une meilleure résilience. Elles disposent également d’une plus grande capacité d’absorption des pertes alors qu’elles doivent faire face à des enjeux de rentabilité.»


Synthèse des résultats des exercices 2014 et 2016 par pays

bps / percentage

Capital depletion
in adverse scenario
(absolute CET1-ratio change in bps)

CET1-ratios

Stress Test 2016
31/12/2018 vs. 31/12/2015

Stress Test 2014
31/12/2016 vs. 31/12/2013

as EoY 2015 taken from stress test 2016

as EoY 2014 taken from transparency 2015

as EoY 2013 taken from stress test 2014

All banks in sample

-391

-252

13,4%

12,9%

11,3%

By country

       

 

Austria

-424

-242

11,4%

10,3%

10,3%

Belgium

-419

-530

15,5%

14,5%

13,1%

Denmark

-210

-201

16,1%

15,3%

14,9%

France

-316

-221

13,1%

12,1%

10,6%

Germany

-540

-407

13,8%

13,4%

13,2%

Ireland

-704

-511

14,6%

15,6%

13,2%

Italy

-347

-339

12,1%

11,9%

9,6%

Netherlands

-568

-332

14,5%

13,8%

12,1%

Spain

-384

-151

12,4%

11,9%

10,3%

Sweden

-230

-172

20,0%

18,4%

16,4%

United Kingdom

-362

-243

12,5%

11,0%

9,7%

             

Ce tableau indique les valeurs médianes en pourcentage pour tous les pays ayant plus d’une banque représentée

Lire la suite des résultats des stress tests 2016 de l'EBA
http://www.kpmg.com/FR/fr/IssuesAndInsights/ArticlesPublications/Press-releases/Pages/20160801-comprendre-resultats-stress-tests-EBA.aspx


Conclusion

Il ressort de notre première analyse des résultats des stress tests 2016 de l’EBA que l’impact significatif du scénario défavorable par rapport à l’exercice 2014 n’est lié ni à des hypothèses macroéconomiques plus sévères ni à une fragilité du secteur bancaire européen.
Il semblerait plutôt que ce soit l’application de méthodologies plus conservatrices relatives à la marge d’intérêt et au risque de marché, auxquelles s’ajoutent de nouveaux risques comme « Conduct Risk », qui expliquent davantage les résultats observés en 2016.
Par ailleurs, les dispositions transitoires de Bâle III dans certains pays ont amplifié l’impact des stress tests, puisque la fin de la période transitoire coïncide avec l’horizon des stress tests (2016/2018).
Dans l’ensemble, la qualité et le niveau des fonds propres ont progressé, ce qui constitue un indicateur clair d’une plus forte stabilité et d’une meilleure résilience du système bancaire européen comparé à 2014.
Pour la France, le scénario adverse conduit à une baisse de 316 bps de capital CET à horizon 2018, par rapport au 31 décembre 2015. Malgré un écart qui s’accroît, les résultats des banques françaises confirment la qualité de leurs actifs et leur capacité de résistance à des chocs sévères.

KPMG France, leader de l'audit et du conseil, est membre de KPMG International, réseau de cabinets indépendants exerçant dans 155 pays.
http://www.kpmg.com/ 



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