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[Tribune] Les Européens se réjouissent de se débarrasser d’un partenaire encombrant et capricieux

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Le billet mensuel du Docteur Leber, fondateur d’Acatis, société de gestion indépendante allemande.

Alors que l’univers poursuivra comme prévu son expansion dans les prochains milliards d’années, alors que la sonde Juno a atteint Jupiter après 5 ans de voyage, alors que les chercheurs en physique quantique construisent des ordinateurs avec une capacité de calcul encore inédite, alors que les chercheurs en thérapie cellulaire inventent de nouveaux médicaments, à ce  même moment, les Britanniques décident lâchement de quitter l’UE et de se replier sur leur île.

La décision a été prise par les citoyens plus âgés. Les Écossais, les Irlandais du nord, la population londonienne et les jeunes ont échoué à faire entendre leur voix. Les arguments en faveur du Brexit étaient faibles et n’ont pas survécu à la nuit du scrutin. Les meneurs de la campagne pro Brexit se retirent sur la pointe des pieds et se soustraient au lent et pénible processus de sortie de l’Union. Les Européens se réjouissent de se débarrasser d’un partenaire encombrant et capricieux.

La sortie de l’Union engendre des coûts élevés. A l’instar des Suisses, les Britanniques devront signer plus d’une centaine de traités individuels avec l’UE (mais également avec les Américains) pour ne pas être exclus du marché intérieur.

Le secteur bancaire britannique perd son accès au marché européen. Pour les groupes américains, japonais ou chinois, ce marché ne sera plus accessible à partir de la Grande-Bretagne mais par le continent ou depuis l’Irlande.

Les alliances de groupes européennes doivent être revues. On peut par exemple imaginer que les constructeurs automobiles délocalisent leurs productions insulaires pour les installer en Hongrie ou en Slovaquie.

Au cours des prochains mois, nous verrons tous les jours des entreprises réduire progressivement leur présence en Grande-Bretagne pour la renforcer sur le continent.

L’immobilier de bureaux et résidentiel va gagner en valeur. Ce n’est pas une catastrophe mais tous les acteurs concernés en feront les frais, en termes d’argent et de prospérité ; un peu comme un impôt supplémentaire et inutile. Il est donc logique que ces coûts supplémentaires se reflètent dans des baisses de cours boursiers.

Il serait intelligent de profiter du vote des Britanniques pour lancer un débat sur le sens de l’Europe. L’Europe est pilotée par des institutions qui ne sont que partiellement légitimes d’un point de vue démocratique et qui s’immiscent dans des affaires que les citoyens considèrent comme n’étant pas de leur ressort : arrogance, inconséquence, autoritarisme, faiblesse décisionnelle, prodigalité, incontrôlabilité, dépassement de compétences, autant de termes qui viennent spontanément à l’esprit.

L’Europe est en outre dominée par la gérontocratie des grands pays tandis que les jeunes États membres, affamés, mobiles et agiles ne peuvent pas suffisamment se faire entendre. Un débat sur l’essence de l’UE est nécessaire et urgent.

Parallèlement, le mouvement Brexit se lénifie. Du point de vue de la cohérence, la demande officielle de sortie de l’UE devrait déjà être remise ; or cela n’est prévu que pour 2017. Les Britanniques espèrent-ils pouvoir contourner l’issue de la consultation ? Ce ne serait pas la première fois qu’un parlement passe outre la voix du peuple. Dans l’idéal, les Britanniques resteraient membres d’une UE améliorée à l’issue d’un débat profond sur l’Europe.

Dans le pire des cas, ce Brexit onéreux le deviendra encore plus si l’on fait traîner les choses en longueur.

Si l’année boursière 2016, qui présentait initialement d’excellentes perspectives pour le 2e semestre, est désormais perturbée par le Brexit, notre préférence fondamentale pour les actions n’est pas remise en cause pour autant.

http://www.acatis.de/


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