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ALFI : le Luxembourg défend sa position de premier centre de fonds d'investissement en Europe

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Vu les bons résultats de l'exercice 2015 et les opportunités prometteuses qui se dessinent pour les mois à venir, l'Association luxembourgeoise des fonds d'investissement (ALFI) reste optimiste quant aux perspectives de son secteur, mais met en garde contre les défis auxquels celui-ci est confronté.

Afin de soutenir le développement de l'épargne collective, l'ALFI entend renforcer la compréhension du rôle essentiel que jouent les fonds d'investissement dans l'économie en général et dans celle du Luxembourg en particulier. Ainsi, l'Association veut mettre davantage en évidence la place que l'épargne collective peut occuper dans le financement des parties de l'économie qui ont besoin de capital pour favoriser la croissance.

Aussi l'ALFI va-t-elle intensifier ses efforts au niveau de l'éducation financière, explique la présidente de l'ALFI, Denise Voss : « Nous voulons expliquer à un large public comment fonctionne le produit 'fonds d'investissement' et comment il peut aider tout citoyen à épargner pour sa retraite et à assurer sa sécurité financière à long terme. »

Pour ce faire, l'ALFI continue à dynamiser sa plate-forme trilingue en ligne www.understandinginvesting.org et à rendre son contenu encore plus accessible à un public non averti. 

UMC et nouveau produits

L'ALFI salue l'initiative de la Commission Européenne de créer une Union des Marchés de Capitaux, dont l'objectif primordial est de générer des emplois et une croissance économique plus forte au sein de l'Union. Elle souligne dans ce contexte le rôle que peut jouer le secteur de la gestion d'actifs dans la collecte de fonds pour répondre aux besoins de financement de l'économie et notamment des petites et moyennes entreprises (PME).

La Commission accorde également une importance prioritaire au développement des infrastructures en Europe. « Le Luxembourg ayant une longue expérience en matière de fonds d'infrastructure, l'ALFI est d'avis qu'il est très bien positionné pour devenir un centre d'excellence pour les nouveaux fonds européens d'investissement à long terme (European Long-term Investment Fund - ELTIF) dont le cadre réglementaire est entré en vigueur en décembre dernier", commente Freddy Brausch, ALFI vice-président Affaires Nationales.

Au niveau national, le Luxembourg a continué à diversifier sa boîte à outils avec un projet de loi devant donner naissance à un nouveau type de fonds, le Fonds d'investissement alternatif réservé (FIAR), destiné exclusivement à des investisseurs avertis.

La digitalisation : source d'opportunités

L'évolution rapide des technologies digitales et les progrès énormes réalisés dans la collecte, le transfert, le stockage et le traitement de données électroniques sont susceptibles de changer fondamentalement la façon dont les investisseurs interagissent avec les prestataires de services. Investir via des outils de communication mobiles est déjà en train de devenir pratique courante, les premiers conseillers financiers « robots » commencent à remplacer les interlocuteurs traditionnels. Des lignes de métier complètes risquent d'être bouleversées fondamentalement, voire de disparaître.

En revanche, les « big data  » offrent en même temps des opportunités d'innover dans la prestation de services et d'améliorer l'expérience client, en particulier pour la prochaine génération d'investisseurs. Dans le but de soutenir les gestionnaires d'actifs dans le développement de nouveaux modèles d'affaires, l'ALFI a lancé le Luxembourg FinTech Forum destiné à canaliser et à disséminer le savoir-faire digital dans le secteur de l'épargne collective.

Gare à la concurrence

« Les chances que le Luxembourg réussisse à défendre sa position de premier centre européen des fonds d'investissement sont donc réelles », dit Denise Voss, qui souligne cependant qu'une croissance continue du secteur n'est pas acquise d'office :

« La place financière luxembourgeoise, et son secteur des fonds d'investissement en particulier, évoluent dans un environnement hautement concurrentiel dans lequel il est essentiel de maintenir coûte que coûte la compétitivité de la place. Le cadre réglementaire étant de plus en plus harmonisé dans toute l'Union européenne, il importe de garantir une stabilité et une prévisibilité fiscales et, au niveau des coûts, d'examiner des pistes compétitives pour garder une longueur d'avance sur les centres de fonds concurrents. »

Dans ce contexte, la dépendance croissante des recettes de l'Etat de la taxe d'abonnement interpelle l'ALFI. D'un montant de 770 millions EUR pour l'exercice 2014, le montant devrait s'approcher en 2015 du milliard d'euros pour représenter plus de 7.5% des recettes globales de l'Etat. Le budget pluriannuel  2015-2019 de l'Etat prévoit une augmentation continue des recettes de la taxe d'abonnement. En 2019, il est prévu que ces recettes s'élèvent à 1 099 140 729 EUR.

Or, plusieurs facteurs font qu'il est loin d'être acquis que les actifs continueront à augmenter dans les proportions envisagées et les prévisions pluriannuelles risquent dès lors d'être nettement trop optimistes: la concurrence accrue entre centres financiers, l'environnement conjoncturel incertain, la volatilité élevée actuelle des Bourses de valeurs, la montée progressive de la gestion passive aux dépens de la gestion active ...

Les chiffres du mois de décembre illustrent de manière parlante avec quelle rapidité une tendance peut être inversée : Bien que les fonds luxembourgeois aient réussi à enregistrer des investissements nets de 16 milliards d'euros, l'évolution défavorable des marchés financiers a fait baisser les actifs nets sous gestion des OPC luxembourgeois de 99 milliards d'euros, de sorte que le total des actifs nets des fonds luxembourgeois a diminué de 2,33% au seul mois de décembre.

Grande sensibilité à l'environnement fiscal

L'ALFI rend également attentif à la grande sensibilité du secteur à l'environnement fiscal et notamment à la taxe d'abonnement qui n'existe pas sous cette forme sur d'autres places financières et qui a un impact direct sur les actifs nets sous gestion. La gestion collective européenne étant confrontée à une vague de réglementations sans précédent depuis des années, les coûts administratifs et de conformité qui en découlent ne cessent d'augmenter. Il est évident que tout alourdissement supplémentaire des charges fiscales risquerait d'amener les acteurs de l'industrie des fonds à reconsidérer leur fidélité au Luxembourg et de mettre ainsi en cause la durabilité de la croissance du secteur.

L'ALFI est également d'avis qu'il serait judicieux de réinvestir une partie des recettes de la taxe d'abonnement dans le développement futur de la place. Des investissements dans le développement des fonds environnementaux ou socialement responsables permettraient, par exemple, de positionner favorablement le Luxembourg dans ce créneau d'activité en plein essor.

Il importe également de s'assurer que les fonds d'investissement puissent accéder aux nombreuses conventions de non-double imposition conclues par le Luxembourg. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas pour d'importantes conventions bilatérales, ce qui représente un obstacle notamment pour le secteur très important des fonds indiciels ('ETF').

«  L'environnement général dans lequel évolue le secteur de la gestion d'actifs a rarement été aussi hétérogène qu'aujourd'hui », conclue Denise Voss. « Si certaines évolutions et tendances récentes ont clairement le potentiel de stimuler plus ou moins fortement le secteur, d'autres sont plutôt une sorte de lame à double tranchant, d'autres encore risquent carrément d'avoir un impact négatif. La grande capacité d'adaptation à un environnement en mutation rapide dont ont toujours su faire preuve les acteurs de la place ainsi que le fait que les fonds luxembourgeois sont distribués à large échelle dans le monde entier me rendent raisonnablement optimiste cependant que notre secteur pourra continuer à progresser dans les années à venir. »

http://www.alfi.lu/

 

 

 Comprendre l'économie durable pour s'y investir

 

 

 

 

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