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« Optimiser ses placements : l’heure du choix pour les gestionnaires de trésorerie »

Par Philippe Douillet,
Gérant des fonds HiXANCE Patrimoine et HiXANCE Oblig 1-3 chez HiXANCE AM . 

Les conditions monétaires actuelles ne sont pas faciles à appréhender pour les gestionnaires de trésorerie en quête d’un minimum de rendement. En effet, les taux de rémunération des instruments monétaires classiques tels que les certificats de dépôt, les bons du trésor, les DAT et les Sicav monétaires sont toujours à des niveaux extrêmement bas, érodant la protection naturelle qu’ils avaient l’habitude de garantir au capital. Compte tenu de l’évolution prévisible des taux directeurs de la BCE, ces instruments n’auront pour encore de nombreux mois que relativement peu d’attrait pour les investisseurs. En résumé, la vertu (en principe) sécuritaire apportée par des instruments monétaires à très court terme, se paie au prix fort, avec des perspectives de retour sur investissement de l’ordre de 0,10 à 1% grand maximum, en fonction de leur échéance. De quoi couvrir à peine le niveau d’inflation, même s’il demeure relativement faible en Europe. Ces conditions militent plus que jamais en faveur d’une dynamisation des portefeuilles, via une allocation d’actifs un peu plus prometteuse que les fonds monétaires. Il ne s’agit évidemment pas d’exposer le capital à un niveau de risque beaucoup plus élevé, mais bien de s’inscrire dans une logique de protection du capital en améliorant le rendement de sa trésorerie. Aujourd’hui, une gestion de trésorerie efficace doit donc nécessairement intégrer une stratégie obligataire pour sa partie stable.

Mais attention, les actifs obligataires exposent les investisseurs au risque d’une vive remontée des taux comme nous pourrions l’observer aux Etats-Unis d’ici au 1er semestre 2015, en raison du resserrement monétaire récemment annoncé par la Réserve Fédérale américaine. Ce risque de tension des taux obligataires constitue une contrainte que les investisseurs vont devoir maîtriser, sans pour autant abandonner leur objectif de rendement : c’est la qualité des choix d’allocation obligataire, en termes de bond-picking et de duration des titres, qui va permettre de générer un surplus de rendement tout en surmontant d’éventuels chocs de marché.

Les obligations « courtes », dont l’échéance est fixée de 1 à 3 ans, permettent de limiter l’exposition du portefeuille à tout mouvement éventuel de hausse des taux, un facteur de contreperformance qui, généralement, touche en premier lieu la partie longue de la courbe obligataire. Le profil des titres « courts » a également l’avantage d’un couple rendement/risque idoine dans une optique de gestion de trésorerie. Dans l’univers du crédit corporate, ce genre de maturité est par exemple un très bon moyen d’ouvrir le portefeuille à des signatures offrant du rendement, pour lesquelles nous n’aurions pas pris le risque d’une exposition sur des échéances plus longues à 7 ou 10 ans. La visibilité concernant les fondamentaux d’une entreprise émettrice est beaucoup plus forte à un, deux ou trois ans, et le risque potentiel de dégradation de la qualité de crédit du titre reste relativement bien identifié. En revanche, il est évidemment plus difficile d’anticiper les fondamentaux au-delà de cet horizon, ce qui rend les souches d’émission à plus long terme plus aléatoires, donc plus risquées.

L’autre enjeu important est d’identifier les segments obligataires où il existe des spreads de crédit à exploiter. C’est en particulier vrai pour les titres de l’univers « cross-over », et donc des notations BBB ou BB, qui peuvent offrir rapidement de la valeur à condition de bien identifier la hiérarchie des spreads et de bien se positionner dans la courbe des taux.

Ces solutions obligataires pour dynamiser la gestion de trésorerie s’avèrent aujourd’hui incontournables. Reste un détail qui a son importance : il est recommandé de recourir plutôt à des véhicules d’investissement de type OPCVM ou FCP pour investir dans des titres obligataires. Compte tenu du style de gestion à mettre en place, l’investissement en direct peut en effet être source de déperdition de plus-value, en raison des coûts de frottement liés à l’acquisition et la rotation des papiers. Le rendement est si recherché qu’il serait dommage de le dilapider.

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