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La justice kenyane envoie un trafiquant d'ivoire en prison

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Il n'y a pas si longtemps, la reconnaissance de culpabilité dans le trafic d'ivoire était punie d'une simple injonction ou d'une amende dérisoire dans les tribunaux kenyans. La peine de deux ans et sept mois de prison prononcée jeudi dernier à l'encontre d'une Chinoise ayant plaidé coupable de tentative de contrebande de 6,9 kilogrammes d'ivoire hors du Kenya a donc été saluée comme une grande victoire dans la lutte contre le trafic d'ivoire.

« La condamnation d'un ressortissant étranger à une peine de prison est une première au Kenya », précise James Isiche, Directeur régional d'IFAW en Afrique orientale (Fonds international pour la protection des animaux ).

« Serait-ce la fin des condamnations de pure forme ? C'est en tout cas ce qu'espèrent IFAW et le peuple kenyan. Tout le monde est las de voir les éléphants mourir pour leur ivoire et les criminels remis en liberté ou punis d'une amende ridicule. »

IFAW a été extrêmement surpris de la vitesse à laquelle les forces de l'ordre et les tribunaux ont géré cette affaire. La coupable, Chen Biemei, a été condamnée seulement huit jours après avoir été arrêtée en pleine tentative de contrebande à l'aéroport international Jomo Kenyatta, dissimulant l'ivoire illégal dans un emballage identique à celui d'une marque locale de noix de macadamia.

 « Jusqu'à présent, la partie punitive du processus pénal kenyan était le maillon faible dans l'application des lois du pays. Le jugement rendu jeudi mérite donc d'être salué et IFAW invite le gouvernement du Kenya à renforcer le volet punitif à l'avenir pour que ses courageux efforts de lutte contre le braconnage ne restent pas vains », a souligné M. Isiche.

L'Afrique de l'Est est connue pour être une plaque tournante dans le commerce illégal de l'ivoire. Depuis le début de l'année, plus de huit tonnes d'ivoire saisies dans le monde impliquent le Kenya.

La majeure partie de l'ivoire de contrebande est destinée à l'Asie, et en particulier à la Chine, où cet « or blanc » tant convoité a connu une augmentation considérable de sa valeur en tant que véhicule d'investissement. La disponibilité limitée de l'ivoire légal acheté par la Chine lors de la vente de stocks de certains pays d'Afrique australe en 2008 a, quant à elle, alimenté la demande, encourageant ainsi le commerce illicite de l'ivoire et le braconnage des éléphants pour répondre aux besoins du marché.

Intimement lié aux réseaux criminels internationaux, le trafic d'ivoire génère chaque année environ 19 milliards de dollars. Les recettes servent généralement à financer et à armer des milices prêtes à massacrer des animaux menacés d'extinction et à tuer des milliers de personnes pour se procurer l'ivoire des éléphants, les cornes des rhinocéros et toutes sortes de parties issues d'espèces de faune sauvage.

 « Le massacre des éléphants pour leur ivoire est un fléau international », poursuit M. Isiche, « Le meilleur moyen d'endiguer le trafic d'espèces sauvages est de parvenir à un engagement fort de la part de la communauté internationale. »

Dans le cadre d'une initiative internationale visant à renforcer les capacités de lutte contre ce trafic, IFAW forme les forces de l'ordre à la prévention du trafic d'espèces de faune sauvage dans de nombreux pays d'Afrique, du Moyen-Orient, d'Asie, d'Océanie et des Caraïbes. IFAW a récemment signé un mémorandum d'entente avec INTERPOL, le premier jamais signé avec une ONG par le Programme de lutte contre la criminalité environnementale d'INTERPOL. IFAW et INTERPOL ont collaboré sur de nombreux projets depuis 2005, et notamment l'année dernière, lors de la plus grande opération de lutte contre le trafic d'ivoire jamais menée à l'échelle internationale.

 

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