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La dette publique a-t-elle enfin amorcé sa décrue ?

Dans une étude publiée par Allianz GI, Hans-Jörg Naumer, responsable Marchés de Capitaux et Recherche thématique, étudie les effets des politiques de répression financière sur les niveaux d’endettement public et s’interroge sur la pertinence de cette approche dans le contexte actuel.

Alors que la répression financière est aujourd’hui devenue un sujet brûlant et qu'à travers le monde les banques centrales ont accru la masse monétaire, les experts d’Allianz GI se demandent si cette répression financière peut contribuer au processus de désendettement ?

Le mécanisme sur lequel repose cette approche est relativement simple : si une économie génère un taux de croissance supérieur à l’intérêt payé sur sa dette publique, elle sera naturellement amenée à se désendetter. Mais, pour être efficace dans un environnement de croissance atone, une telle approche devra s’appuyer sur des taux d’intérêts réels faibles (le taux d’intérêt moins l’inflation), voire idéalement négatifs.

L’étude prend comme exemple le cas de l’Allemagne, bon élève de la zone euro, mais dont la dette publique s’élevait tout de même à 80% de son PIB, alors que la limite supérieure fixée par le Traité de Maastricht est de 60%. Les experts d’Allianz GI ont étudié différents scénarii, en faisant varier leurs hypothèses de départ sur le taux de croissance futur à long terme, le taux de rendement moyen des emprunts d’Etat et l’équilibre budgétaire.

Dans un premier scénario avec un taux de croissance de 1,5% par an, un taux de rendement moyen des emprunts d’Etat de 2% et le maintien de l’équilibre budgétaire, l’Allemagne reviendrait à la limite d’endettement de 60% en 2033, sous réserve d’un taux d’inflation à 2%. En cas de hausse de l’inflation à 4%, l’Allemagne renouerait avec cette limite en 2021.

Dans le deuxième scénario, le taux d’intérêt moyen augmenterait à 3%, avec une inflation stable à 2% : l’Allemagne ne reviendrait pas au niveau imposé avant 2075 ! Cependant, dans le cas d’un taux d’inflation moyen de 4% par an, le délai serait fortement réduit à 2025. Le taux d’inflation est donc un facteur clé pour la réduction de la dette publique.

Le scénario 3 examine l’impact d’une hausse du taux de croissance réelle sur la réduction de la dette et montre que cet impact serait nettement moins marqué. Par contre, si la croissance venait à faire défaut, et avec 2% d’inflation, le niveau de la dette publique resterait inchangé.
La situation devient critique si l’équilibre budgétaire n’est pas atteint et que l’on s’accommode d’un déficit budgétaire. Dans l’éventualité d’un déficit budgétaire de 1% et d’un taux d’inflation de 2%, l’Allemagne aurait beaucoup de difficultés à réduire son endettement. Et avec un déficit à 2%, la dette continuerait de se creuser pour atteindre de nouveaux sommets.

En suivant cet exemple de l’Allemagne (complété dans l’étude par le cas des Etats-Unis), les experts d’Allianz GI concluent que la croissance économique n’influerait que de manière très limitée sur l’évolution du niveau d’endettement. En revanche, plus l’inflation augmente, plus la dette diminue, et plus le budget est équilibré, plus la baisse de la dette devrait être significative. La répression financière semble donc être l’approche la plus simple pour les gouvernements pour réduire le poids monumental de la dette.

En conséquence, et selon Allianz GI, les investisseurs devraient rechercher avant tout des rendements réels s’ils souhaitent se protéger contre les conséquences de la répression financière.

www.allianzgi.fr

  

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