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[Expertises] Piratage de Binance, un seul ordinateur compromis peut mettre toute une entreprise en danger

Un commentaire de Silviu Stahie, Security Analyst chez Bitdefender.


« Le piratage de Binance serait l'une des attaques les plus importantes dans le secteur des cryptomonnaies. Le groupe nord-coréen TraderTraitor est soupçonné d'en être à l'origine. Si Binance ne l'a pas encore confirmé, la société TRM Labs, spécialisée dans l'analyse des données blockchain, a attribué l'attaque à ce groupe.

 

Compromettre l'infrastructure informatique d'une entreprise est une opération complexe, qui demande beaucoup de temps, de compétences et de ressources. Il est donc bien plus simple de cibler directement les personnes qui y travaillent. C'est précisément le mode opératoire de TraderTraitor, comme de nombreux autres groupes de cybercriminels. Le maillon faible d'une cyberattaque reste l'humain, et les attaquants le savent parfaitement. 

 

En 2023, ce même groupe s'était notamment rapproché de développeurs sur GitHub, en participant à leurs projets pendant plusieurs mois afin de gagner leur confiance.

Les cybercriminels les avaient ensuite invités à travailler sur l'un de leurs propres projets, qui contenait du code malveillant. Cette méthode leur avait permis d'infecter les appareils de leurs victimes.

 

L'ingénierie sociale constitue une méthode d'attaque beaucoup plus directe. Dans le cas de Binance, l'ordinateur portable compromis d'un ingénieur DevOps aurait exposé un conteneur de service permettant de soumettre des demandes de retrait non autorisées. Binance a également indiqué avoir peut-être identifié d'autres points d'entrée, au-delà de cet ordinateur.

 

Si le recours à l'ingénierie sociale reste à confirmer, ce type d'attaque, tout comme le secteur des cryptomonnaies, constitue un terrain de prédilection pour TraderTraitor. On oublie souvent que protéger les appareils ne suffit pas. Il faut aussi protéger les personnes qui les utilisent, car elles sont désormais la principale porte d'entrée de nombreuses cyberattaques.

 

Les entreprises doivent donc protéger leurs collaborateurs contre ces méthodes, mais aussi mettre en place des contrôles permettant de limiter les actions des attaquants après la compromission d'un appareil. La surveillance des terminaux, la restriction des privilèges, la séparation des systèmes critiques et les contrôles indépendants sur les opérations sensibles contribuent à limiter les dégâts. »

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