Après la COP17 sur la
biodiversité, bientôt la COP31 sur le climat : tandis que les grands
rendez-vous internationaux se succèdent, où en sont, concrètement, les
entreprises ?
Par Thomas Gauthier,
Directeur de l’Institut des futurs alternatifs à emlyon.
La COP17 sur la
biodiversité vient de rappeler les objectifs mondiaux encore largement non
atteints, la COP31 sur le climat s’apprête quant à elle à mettre l’accent sur
l’action concrète des entreprises et des parties prenantes pour améliorer notre
emprunte Carbonne.
Mais selon Thomas
Gautier, directeur de l’Institut des futurs alternatifs et expert en
anthropologie des entreprises à emlyon, les entreprises ne sont pas réellement
préparées à un monde où les conditions mêmes de leur activité pourraient être
bouleversées.
En effet, si les
entreprises multiplient les scénarios climatiques et les exercices de
prospective, elles continuent souvent de raisonner à partir d’hypothèses
fragiles : des marchés qui fonctionnent, des assurances accessibles, des
ressources en eau et en énergie disponibles, des institutions capables de
garantir la stabilité économique etc.
Or, le franchissement
des limites planétaires pourrait remettre en cause ces fondements.
Thomas Gauthier propose
alors de renouveler la prospective stratégique des entreprises. Concrètement,
il appelle à ne plus se limiter à projeter les tendances actuelles ou à
imaginer des ruptures technologiques, mais explorer des futurs dans lesquels
les institutions, les marchés et les conditions de fonctionnement des
organisations changent radicalement.
À l’heure où les COP se
succèdent, l’enjeu dépasse désormais la capacité des entreprises à s’adapter
aux dérèglements environnementaux. Il est de savoir si elles sont capables
d’anticiper les transformations systémiques à venir et de remettre en question
les hypothèses sur lesquelles reposent leurs stratégies.
Intitulé "Les coulisses du futur", à paraître le 16 novembre aux éditions EPFL Press, cet ouvrage, qui rassemble ses réflexions et ses propositions, a pour objectif d’aider les entreprises, mais aussi plus largement la société, à se projeter dans un avenir incertain, à identifier les futurs devenus obsolètes et à rouvrir le champ des possibles sur des solutions viables.


