Alors que l'été 2026
aura marqué les mémoires par ses records de température, le Réseau Action
Climat publiera le 15 octobre 2026 son nouveau rapport "Patrimoine en
danger : 20 sites face au changement climatique". Ce panorama de sites
patrimoniaux répartis dans toute la France met en lumière des impacts déjà
observables et les nouveaux défis auxquels les acteurs du patrimoine doivent
faire face pour les préserver.
Changement climatique :
menace sur le patrimoine français
Cité de Carcassonne,
Château de Chambord, musée du Louvre, ville de Saint Malo… Ces sites attirent
chaque année des millions de visiteurs. Alors que la fréquentation des
monuments nationaux a atteint un niveau inédit en 2025, le Réseau Action Climat
publie un nouveau rapport qui montre que le patrimoine culturel est déjà
confronté aux conséquences du changement climatique à travers l’étude de 20
monuments et sites patrimoniaux.
Le changement
climatique fragilise tout le patrimoine français
Alors que l’incendie de
Notre-Dame de Paris en 2019 a rappelé l’attachement collectif au patrimoine
français, les 20 sites étudiés dans ce rapport, répartis aux quatre coins de la
France, dont deux en Outre-mer, témoignent de la diversité des situations auxquelles
le patrimoine est confronté. Monuments, sites archéologiques, patrimoine
industriel, collections ou encore lieux de pratiques culturelles sont
confrontés à des risques différents selon leur localisation et leurs
caractéristiques. Le rapport détaille les risques auxquels chaque site est
exposé et les actions entreprises ou possibles pour s’y adapter. Des
contributions d’expertes et experts du patrimoine culturel viennent compléter
ce panorama.
Le patrimoine culturel
est directement touché par des épisodes extrêmes, par exemple lorsqu’une
inondation endommage un monument, ou lorsqu’une tempête ou un feu de forêt
provoque des destructions brutales. Il se dégrade aussi progressivement et sur
le long terme, lorsque la chaleur extrême fragilise des collections, que
l’érosion côtière menace un site ou que la sécheresse déstabilise un bâtiment.
Le changement climatique aggrave ainsi des vulnérabilités existantes et oblige
les acteurs du patrimoine à anticiper au mieux les risques. Un mouvement qui
devrait s’inscrire dans le temps puisqu’une étude récente révèle que
l’intégralité des 110 sites gérés par le Centre des monuments nationaux
devraient être fortement exposés à plusieurs aléas climatiques à l’horizon
2050.
Les jardins et paysages
patrimoniaux sont eux aussi affectés par les sécheresses et les fortes
chaleurs, les savoir-faire et certaines pratiques culturelles sont remis en
question, les épisodes de chaleur extrême compliquent les conditions de travail
des équipes et l’accueil des visiteurs. Ces transformations soulèvent donc des
enjeux de conservation, mais aussi des questions humaines, économiques,
sanitaires et écologiques.
S’adapter : nécessaire,
mais pas suffisant
Face à ces périls, les
acteurs du patrimoine peuvent mettre en place différentes mesures d’adaptation
: plans d’urgence, protocoles en cas d’inondation ou de fortes chaleurs,
protection des bâtiments et des collections, adaptation des conditions d’accueil
du public...La prévention de ces risques peut avoir des conséquences
importantes sur le fonctionnement des sites. En 2016, face à la crue de la
Seine, le musée du Louvre a fermé ses portes pendant quatre jours à titre
préventif, afin notamment de protéger ses collections. Cette fermeture avait
entraîné une perte annoncée de 1,5 million d’euros.
Mais l’adaptation a du
retard et ne suffira pas. Plus le réchauffement sera important, plus les
impacts sur le patrimoine seront nombreux et difficiles à gérer. La meilleure
façon de protéger notre patrimoine face au changement climatique reste de
limiter le réchauffement lui-même, en réduisant fortement et rapidement les
émissions de gaz à effet de serre.
Pour Benjamin Crettenand, auteur du rapport : « Ce rapport a vocation à donner une vision claire de la diversité des impacts du changement climatique sur notre patrimoine. Il ne s’agit pas uniquement de dégradation de bâtiments. Sauvegarder le patrimoine, c’est protéger une économie, la santé des visiteurs et professionnels, et un attachement à des territoires. »


