Oxfam France déplore que la contribution de la France au financement multilatéral climatique baisse de 31%. De plus, en 2025, 92,7% des financements climatiques bilatéraux de la France étaient des prêts et non des dons aux pays vulnérables, contrairement aux demandes de la société civile.
Les dernières données
publiées le 06/10/26 par la France pour l’année 2025 montrent que 92,7 % de ses
financements bilatéraux climatiques sont des prêts, contre seulement 4,9 % de
dons. La France continue d’entretenir la dépendance des pays les plus vulnérables,
augmentant les dettes insoutenables de ces derniers.
Plus spécifiquement sur
l’adaptation, 91 % des financements bilatéraux sont des prêts. La France
demande ainsi aux pays les plus vulnérables de s’endetter pour faire face à une
crise qu’ils ont largement moins contribué à provoquer.
Cette faible qualité de
ses financements bilatéraux pourrait être compensé par un effort accru dans les
financements multilatéraux, mais c’est tout le contraire : la contribution
multilatérale française passe de 860 millions d’euros en 2024 à seulement 594
millions d’euros en 2025, soit une baisse de 31 %.
Alors que les pays sont
rassemblés au Fidji pour la pré-Cop, 148 organisations de la société civile du
Nord et du Sud appellent les gouvernements des pays développés à annoncer à la
COP31 des engagements pluriannuels et chiffrés de finance climat, à renforcer
les financements pour l’adaptation et les pertes et dommages et à privilégier
les financements sous forme de dons.
Les moyens existent,
mais ils doivent être pris là où ils sont, c’est-à-dire auprès des responsables
de la crise climatiques et notamment de certaines entreprises qui continuent de
tirer d’immenses profits des énergies fossiles.
Selon Selma Huart,
chargée de plaidoyer Transition Juste à Oxfam France : « Il n’est pas
acceptable que les pays les plus vulnérables soient sommés de s’adapter à
crédit à une crise qu’ils n’ont pas provoquée, tandis que nos gouvernements
expliquent qu’ils n’ont pas les moyens de financer l’action climatique. Au lieu
de faire peser le coût de la crise climatique sur les pays pauvres et les
populations qui en subissent déjà les conséquences, les gouvernements doivent
enfin décider de faire contribuer les plus riches et les plus gros pollueurs ».
Oxfam France appelle
donc le gouvernement français à augmenter fortement la part de dons dans sa
finance climat, à garantir des financements publics additionnels pour
l’adaptation et les pertes et dommages, et à soutenir de nouvelles sources de
financement faisant contribuer les grandes fortunes et les industries les plus
polluantes.


