Présidentielle : « 5 ans pour concevoir et bâtir la France robuste » : Syntec-Ingénierie formule
12 propositions pour renforcer la compétitivité et la
souveraineté de l’économie française
Dans un monde où les
crises se multiplient et ou les repères se dérobent, la France doit, dans les 5
prochaines années, assurer sa capacité à innover, à produire, et à garder en
main son destin tout en menant à bien les grandes transitions écologiques et
technologiques. À quelques mois de l’élection présidentielle, Syntec-Ingénierie
formule dans un livre blanc 12 propositions et appelle à faire de la robustesse
le fil conducteur de l’action publique lors du prochain quinquennat, afin de
bâtir une économie plus compétitive, plus souveraine, résistant durablement aux
crises et investissant dans l’avenir.
Pour Syntec-Ingénierie,
l’élection de 2027 sera moins un choix de personnalité qu’un choix de méthode
et de vision. Souveraineté, compétitivité, transition écologique : ces
objectifs se conçoivent avant de se mettre en œuvre. C’est précisément le rôle
de l’ingénierie : transformer les ambitions nationales en projets concrets,
mesurables et durables. Présente dans l’énergie, les transports, l’industrie,
le numérique, l’eau et le bâtiment, la profession, qui rassemble 362 830
salariés dans 32 800 entreprises, entend éclairer le débat sur ce qui est
réalisable, à quel coût, dans quels délais et avec quelles compétences, et
aider à prioriser les actions envisagées.
Fruit d’un travail mené
avec les adhérents du syndicat, le livre blanc part des réalités du terrain
pour proposer des solutions mobilisables dès le début du futur quinquennat. Ses 12
propositions, regroupées en quatre grands piliers, constituent un programme
d’actions ambitieux :
1. Une France qui décide et s’engage dans la
durée.
Plus de 400 000 normes applicables aux collectivités, 10 à 16 ans entre les
premières études et le début des travaux d’un grand projet d’infrastructure :
la France manque moins de vision que de continuité dans la prise de décision.
Pour refonder un État stratège, Syntec-Ingénierie propose de réduire les
dépenses de fonctionnement et d’intervention des administrations au profit des
investissements stratégiques, de raisonner en coût global, de renforcer la
maîtrise d’ouvrage publique et d’utiliser à plein le levier les 233 milliards
d’euros de commande publique pour valoriser la qualité technique, la durabilité
et l’innovation plutôt que le seul prix.
2. Une France qui maîtrise son destin. Syntec-Ingénierie a
l’ambition de faire du « Conçu en France » un principe structurant des
politiques publiques, en conditionnant les aides publiques à un ancrage
industriel durable en France et en Europe et en intégrant des critères de
souveraineté dans la commande publique. Il recommande aussi de ramener le coût
du travail qualifié au niveau de la moyenne européenne, notamment en plafonnant
les charges patronales au-delà de 3 SMIC, de pérenniser le crédit d’impôt
recherche et de rendre obligatoire l’intégration du principe de « Security by
Design » dans les projets publics d’infrastructures et de bâtiments.
3. Une France qui sécurise durablement son
économie et ses territoires. Alors que la transition climatique exige 66
milliards d’euros d’investissements supplémentaires par an, Syntec-Ingénierie
appelle à garantir par des lois de programmation pluriannuelle la stabilité des
investissements dans les infrastructures de transport, d’énergie et de
numérique. Une partie des revenus qu’elles génèrent est à affecter à leur
modernisation et au financement de grands projets. La refonte d’un cadre
juridique simplifié et stable, à partir des enseignements des lois d’exception
est également à mener, sans renoncer aux exigences techniques et
environnementales. Syntec-Ingénierie préconise aussi un plan d’audit et de
rénovation des bâtiments publics, et la facilitation de la transformation des
bureaux vacants en logements.
4. Une France qui mobilise tous les talents. La France compte 47
400 diplômés en école d’ingénieurs par an quand il faudrait former 100 000
ingénieurs et techniciens chaque année d’ici 2035. Le livre blanc propose de
fixer des objectifs nationaux progressifs de féminisation des enseignements de
spécialité scientifiques au lycée (30 %, puis 40 %), de corriger les effets de
la réforme du baccalauréat sur le choix de ces spécialités, de développer les
admissions parallèles dans les écoles d’ingénieurs, de renforcer les primes à
l’apprentissage pour les métiers en tension et de mieux attirer et retenir les
talents internationaux.
Via ce livre blanc,
Syntec-Ingénierie réaffirme son engagement à être un partenaire de la décision
publique, au service de l’intérêt général, et portera ses propositions auprès
de l’ensemble des candidats tout au long de la campagne. Le livre blanc est disponible
en téléchargement ici.
Pour Yves Metz, président de Syntec-Ingénierie : « Nucléaire, défense, intelligence artificielle, réindustrialisation, transition écologique : les grandes ambitions ne manqueront pas dans cette campagne. Mais rien de grand ne se fait dans l’improvisation. L’ingénierie ne soutient aucun candidat : elle demandera à chacun non seulement ce qu’il promet, mais comment il compte le réaliser, à quel coût et avec quels ingénieurs. La robustesse ne se décrète pas, elle se conçoit : c’est le sens de nos propositions. »


