Le record historique des défaillances d’entreprises établi en 2025 est déjà dépassé. Après avoir franchi pour la première fois le seuil symbolique des 70 000 défaillances l’an dernier, la France en recensait déjà près de 71 000 à fin juillet 2026, soit une progression de près de 5 % sur un an.
Cette hausse confirme l'installation
durable des difficultés économiques à un niveau particulièrement élevé. Alors
que les prévisions anticipent de l’ordre de 72 000 à 75 000 faillites pour
l'ensemble de l'année 2026, les conséquences sociales de cette dégradation
continuent de s'alourdir, comme en témoigne l'évolution de l'activité de l'AGS.
À fin septembre, les
montants avancés progressent de 16,7 % sur un an. Le nombre de salariés
accompagnés augmente de 11,1 %, confirmant l’aggravation des conséquences
sociales des défaillances d’entreprises.
Les neuf premiers mois
de l’année 2026 confirment le niveau particulièrement élevé des interventions
de l’AGS. Le régime de garantie des salaires a déjà avancé 1,96 milliard
d’euros afin de garantir les créances salariales de salariés dont l’entreprise
fait l’objet d’une procédure collective. Ce montant progresse de 16,7 % par
rapport à la même période en 2025.
Sur la même période,
211 277 salariés ont bénéficié de l’intervention de l’AGS, soit une hausse de
11,1 % en un an. Près de 20 000 affaires ont par ailleurs été ouvertes depuis
le début de l’année, un volume en progression de 1,6 % par rapport à l’année dernière.
Ces évolutions
traduisent un phénomène désormais durable : au-delà du nombre de procédures,
les défaillances d’entreprises produisent des conséquences sociales et
financières de plus en plus lourdes.
Les TPE toujours en
première ligne, tandis que les défaillances touchent davantage les grandes
entreprises
Les petites entreprises
de 1 à 2 salariés et les entreprises de plus de 100 salariés connaissent une
hausse particulièrement significative : alors que le nombre d’entreprise en
faillite augmente globalement de 2%, les TPE connaissent une hausse de +5,1% et
les entreprises de plus de 100 salariés une hausse de +6,5%.
Les TPE de 1 à 9
salariés demeurent au cœur des interventions de l’AGS, représentant 84,2% des
entreprises accompagnées. Parmi elles, les entreprises de 1 à 2 salariés
représentent à elles seules près de la moitié, avec 9 078 procédures. Cette
forte concentration confirme la vulnérabilité persistante des plus petites
structures face aux difficultés économiques.
Toutefois, les
défaillances touchent également une part grandissante d’entreprises de taille
plus importante. À fin septembre, le nombre d’affaires concernant les
entreprises de plus de 100 salariés progresse de 6,5 %. Bien que moins
nombreuses, ces procédures ont des conséquences sociales plus importantes :
elles concernent souvent des effectifs élevés et peuvent entraîner des effets
en chaîne sur les sous-traitants et l’ensemble de l’écosystème économique qui
en dépend.
Cette évolution du
profil des entreprises défaillantes contribue à expliquer le décalage observé
entre la stabilité du nombre total d’entreprises accompagnées, 19 998 contre 19
679 à la même période en 2025, et les hausses beaucoup plus marquées du nombre
de bénéficiaires et des montants avancés par l’AGS.
L’industrie concentre
les montants d’intervention les plus élevés
La persistance des
tensions économiques, conjuguée au ralentissement de l’activité et à la
pression exercée sur les marges des entreprises, continue d’affecter plusieurs
secteurs clés de l’économie française.
Avec 441,1 millions
d’euros avancés pour près de 38 000 bénéficiaires depuis le début de l’année,
l’industrie demeure le premier secteur d’intervention de l’AGS. Les montants
mobilisés dans ce secteur progressent de 31,7 %.
Le commerce arrive en deuxième position avec 313,9 millions d’euros d’avances, en progression de
14,2
%.
La construction
représente quant à elle 276,4 millions d’euros d’avances. Si les montants
progressent de 5,4 %, le nombre d’entreprises accompagnées dans ce secteur
recule de 6,9 %.
L’hébergement-restauration
particulièrement exposé
L’hébergement et la
restauration enregistrent l’une des évolutions les plus marquées. Les montants
avancés atteignent 157,3 millions d’euros, en hausse de 40,4 % sur un an.
Ces évolutions
témoignent d’une intensification des difficultés dans plusieurs secteurs
d’activité, avec des conséquences croissantes pour les salariés.

Des défaillances qui
touchent avant tout des salariés durablement installés dans l’emploi
Le profil des
bénéficiaires montre que les défaillances touchent majoritairement des salariés
durablement intégrés dans l’emploi.

À fin septembre, l’avance moyenne versée s’élève à 9 187 euros par bénéficiaire, contre 8 666 euros un an auparavant. Cette hausse résulte conjointement de la progression du salaire médian et d’une intensification des difficultés économiques des entreprises, qui accroît le niveau des créances salariales à garantir.
Des évolutions
territoriales très contrastées
Les données régionales
font apparaître d’importantes disparités. Les Hauts-de-France enregistrent la
hausse la plus forte en volume, avec 24 044 bénéficiaires, contre 13 857 à fin
septembre 2025, soit une progression de 73,5 %. Cette forte progression semble
moins résulter d’une hausse généralisée du nombre de procédures que de
défaillances touchant des entreprises employant des effectifs plus importants.
La hausse est également particulièrement marquée en Guyane (+60,7%) en Centre Val de Loire (+34,8%) et en Guadeloupe (+33,8%).



