83
% des organisations déclarent que les coûts de l’IA basés sur la consommation
ont dépassé leurs prévisions. Pourtant, les directions financières restent
sereines, alors que la technologie transforme les rôles et augmente le temps
consacré au reporting auprès des dirigeants.
Pigment, la plateforme de planification et de pilotage de la performance augmentée par l’IA, dévoile ses nouveaux résultats du CFO Index de Pigment pour le troisième trimestre. Cette nouvelle édition met en évidence un décalage croissant entre la performance des entreprises et leur niveau de confiance, sur fond d’incertitude politique accrue et de coûts liés à l’IA de plus en plus difficiles à anticiper. Parmi les
2 000 CFO et dirigeants financiers interrogés aux États-Unis, au
Royaume-Uni, en France et en Allemagne, seuls 4 % font état d’une baisse de
leur chiffre d’affaires. Pourtant, la confiance dans la trajectoire de leur
organisation a reculé pour le troisième trimestre consécutif, à mesure que
l’incertitude progressait.
« Nous assistons à une
convergence parfaite entre volatilité politique externe et bouleversements
technologiques internes, déclare Susan Phan, CFO chez Pigment. Lorsque
près de la moitié des dirigeants déclarent que les élections perturbent leurs
prévisions et que les coûts liés à l’IA dépassent largement les attentes, un
budget statique devient obsolète dès le premier jour. La planification continue
par scénarios n’est plus simplement une bonne pratique. C’est le seul moyen
pour les équipes finance de garder le contrôle et de guider l’entreprise
lorsque la situation évolue chaque semaine. »
Les élections
deviennent un enjeu de planification pour les entreprises
L’incertitude politique
s’invite de plus en plus dans les prévisions des entreprises. 48 % des
répondants américains déclarent que les prochaines élections de mi-mandat
alimentent fortement ou très fortement l’incertitude dans leur planification.
L’impact s’étend également au-delà des États-Unis : 41 % des répondants en
Allemagne, 34 % au Royaume-Uni et 24 % en France font le même constat.
Après une année déjà
marquée par des évolutions de la politique commerciale et des droits de douane,
les élections ajoutent une nouvelle variable aux décisions en matière
d’investissement, de recrutement, de tarification et de chaîne
d’approvisionnement. Pour les équipes finance, cela implique de se préparer à
plusieurs scénarios potentiels plutôt que de s’appuyer sur une prévision
unique.
En France, 40 %
déclarent que l’élection présidentielle de 2027 ajoute déjà une incertitude
significative à leurs plans, un chiffre qui atteint 54 % parmi les répondants
de niveau VP et CFO. Le Royaume-Uni fait figure d’exception optimiste : 70 %
des répondants déclarent que Burnham a renforcé leur confiance, dont 26 % de
manière significative.
Les entreprises dépensent plus que prévu dans l’IA, et la direction estime que cela en vaut
la
peine
L’IA constitue elle
aussi une source de volatilité budgétaire. 83 % des répondants déclarent que
les coûts de l’IA basés sur la consommation ont entraîné des dépenses
supérieures aux prévisions, tandis que seuls 13 % sont restés dans les limites
de leur budget.
Les dépassements sont
désormais supérieurs à ce que les entreprises prévoient de dépenser en plus
l’année prochaine. Le montant moyen du dépassement des budgets IA est supérieur
à l’augmentation moyenne que les répondants prévoient d’allouer à ces budgets
l’année prochaine, signe qu’après une période d’investissement rapide, les
entreprises atteignent un plafond en matière de croissance des dépenses liées à
l’IA.
Parmi les principaux
enseignements
• Le dépassement type d’un budget IA se situe
entre 11 et 25 %. Plus d’un tiers des répondants déclarent dépasser leur budget
de plus de 25 %, et 17 % de plus de 50 %.
• 40% déclarent que l’imprévisibilité de
l’utilisation rend les coûts liés à l’IA difficiles à prévoir, ce qui constitue
le défi de gestion des coûts le plus fréquemment cité.
• Malgré ces dépassements, le niveau de confiance dans la capacité de l’IA à générer de la valeur pour l’entreprise atteint en moyenne de 8,2 sur 10, la moitié des répondants lui attribuant une note de 9 ou
10 sur 10.
Cette tension est
particulièrement marquée parmi les entreprises les plus matures en matière
d’IA, dont 35 % dépassent leur budget de plus de 50 %. Malgré la hausse des
coûts, les entreprises les plus avancées en matière d’IA sont celles qui s’en
préoccupent le moins : 31 % ne signalent aucun problème significatif de gestion
des coûts, soit près du double de la moyenne.
Cependant, la
perception de la valeur de l’IA varie clairement en interne. Alors que 63 % des
VP/CFO évaluent leur confiance dans l’IA à 9 ou 10, seuls 41 % des managers
font de même. Par ailleurs, les managers sont trois fois plus susceptibles que
les VP/CFO d’attribuer à la valeur de l’IA une note de 6 ou moins.
L’IA transforme les
équipes finance, et les grandes entreprises sont les plus touchées
Dans l’ensemble, l’IA transforme les métiers de la finance plus rapidement qu’elle ne les supprime.
Près d’un tiers (32 %) des entreprises déclarent que l’IA a entraîné une
augmentation des effectifs de la finance, contre 20 % qui font état d’une
diminution. Les grandes entreprises font toutefois exception, avec la
proportion la plus élevée de suppressions de postes liées à l’IA, à 25 %.
Evolutions les plus
fréquentes au niveau des effectifs
• 36% ont modifié le périmètre des rôles existants.
• 33% ont réduit les recrutements pour les postes
que l’IA peut désormais prendre en charge.
• 28% ont créé de nouveaux rôles.
• 28% ont recruté des spécialistes de l’IA ou de la
data.
Ces résultats suggèrent
davantage une redéfinition des postes qu’une suppression massive des emplois,
l’IA transformant le travail effectué, les compétences recherchées par les
entreprises et les profils qu’elles recrutent.
L’IA n’a pas réduit la
charge liée au reporting, elle l’a alourdie
Malgré tous les
investissements consacrés à l’IA, les équipes finance passent encore beaucoup
de temps à produire des informations à destination des dirigeants. La plupart
consacrent entre 21 et 40 heures par mois à la préparation de tableaux de bord
pour la direction, tandis qu’une personne sur cinq y consacre plus de 40
heures.
La charge est encore plus importante dans les grandes entreprises : 39 % consacrent plus de
40 heures par mois au reporting et 18 % plus de 80 heures. De manière
contre-intuitive, les entreprises les plus matures en matière d’IA passent
davantage de temps sur le reporting que leurs homologues. Alors que l’IA permet
aux équipes de générer davantage de données et d’exécuter des scénarios
beaucoup plus complexes, le volume d’informations nécessitant une synthèse à
destination des dirigeants a en réalité augmenté. Cela suggère qu’une adoption
accrue de l’IA ne s’est pas encore traduite par une réduction du temps consacré
à la production d’informations pour la direction.
Pris dans leur ensemble, ces résultats suggèrent que la prochaine phase d’adoption de l’IA dans la finance consistera moins à ajouter de nouveaux outils qu’à mettre l’IA au service de l’amélioration de la planification, de l’analyse et de la capacité des équipes à réagir au changement.


