La Fédération du Commerce et de la
Distribution (FCD) et Perifem lancent la première édition de l’Observatoire de
la lutte contre le gaspillage alimentaire en grande distribution.
Fondé sur les
pratiques de 138 magasins issus de 10 enseignes contributrices, ce nouvel outil
dresse un premier état des lieux des solutions déployées sur le terrain,
identifie celles qui fonctionnent le mieux et fait émerger plusieurs leviers
d’amélioration collective.
Véritable démarche de
transparence, il s’inscrit dans une volonté d’amélioration continue concrète en
faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire.
Cette édition 2026,
première pierre de la construction d’un outil de pilotage et de référence pour le
secteur, permet déjà de dégager cinq grands enseignements :
1. La lutte contre le
gaspillage est désormais largement intégrée dans le quotidien des magasins
Premier enseignement :
94 % des répondants estiment que l’engagement de leurs équipes dans la lutte
contre le gaspillage alimentaire est en progression ou reste stable par rapport
à l’année précédente. Dans le détail, 65 % constatent une hausse de la mobilisation
et 29 % une stabilité. Cette progression est particulièrement marquée dans les
grands formats : 70 % des hypermarchés et 69 % des supermarchés interrogés
déclarent un engagement en augmentation.
Cette mobilisation se
traduit par une diversité de pratiques : optimisation des commandes, réductions
sur les produits proches de leur date de péremption, formation des salariés,
dons aux associations ou encore paniers anti-gaspillage.
2. Mieux anticiper les
ventes et réduire les prix au bon moment sont les leviers jugés les plus
efficaces
Les résultats font
ressortir deux outils particulièrement efficaces. Le premier est le « stickage
» en zone dédiée, c’est-à-dire l’application d’une étiquette de réduction sur
des produits à vendre rapidement, regroupés dans un espace spécifique. 70 % des
répondants classent cette pratique parmi les cinq actions les plus efficaces,
et 29 % la considèrent comme la plus efficace.
Autre levier majeur :
les outils de gestion des commandes, qui permettent d’ajuster les quantités
commandées aux ventes attendues. 56,9 % des répondants les placent parmi les
cinq solutions les plus efficaces et 36,9 % les considèrent comme la mesure la plus
performante.
La sensibilisation et
la formation des salariés, les dons aux associations ainsi que le stickage dans
le rayon d’origine complètent la liste des cinq actions les mieux classées.
Les paniers
anti-gaspillage se sont également installés dans les pratiques : pour les
fruits et légumes, environ 60 % des magasins interrogés en proposent
directement en magasin.
3. Une première mesure
commune du gaspillage commence à émerger
L’un des apports de
l’Observatoire est de commencer à harmoniser les indicateurs permettant de
mesurer le gaspillage grâce au taux de casse nette. Parmi les 44 magasins ayant
renseigné cet indicateur, le taux moyen de casse nette s’établit à 0,71 % du
chiffre d’affaires alimentaire. Il atteint 0,5 % dans les hypermarchés
répondants, 0,9 % dans les supermarchés et 2 % dans les magasins de proximité.
4. Le don alimentaire
est très largement déployé, mais son potentiel peut encore être renforcé
Le don aux associations constitue l’un des marqueurs les plus forts de l’engagement des magasins :
94 %
des points de vente interrogés déclarent avoir au moins un partenariat avec une
association pour le don destiné à l’alimentation humaine, avec une moyenne de
1,9 association partenaire par magasin.
Pour les 68 magasins ayant renseigné cette donnée, la valeur annuelle moyenne des dons atteint
73
219 euros.
L’Observatoire montre
toutefois qu’un potentiel reste à exploiter : 40,5 % des points de vente
déclarent avoir parfois dû détruire des denrées encore consommables faute de
solution de collecte.
Les difficultés
concernent principalement la fréquence des ramassages, les week-ends et jours
fériés, l’absence de véhicules adaptés ou encore l’indisponibilité
d’associations.
La prochaine étape
consiste donc moins à convaincre de donner qu’à renforcer les capacités de
collecte et de redistribution, par exemple en mutualisant les tournées, en
accompagnant les associations ou en développant de nouvelles solutions
logistiques.
5. La notoriété du
label national anti-gaspillage pourrait être renforcée
Le label national
anti-gaspillage pourrait constituer un levier pour renforcer la lutte contre le
gaspillage. Aujourd’hui, seuls 16 % des points de vente estiment qu’il est
moyennement ou très connu de leurs clients, tandis que 27 % des magasins non
labellisés envisagent une future labellisation. L’Observatoire souligne donc
deux priorités pour favoriser son développement mieux faire connaître le label
auprès du grand public et réduire le coût de la démarche de labellisation.
Les enseignes agissent au quotidien pour réduire le gaspillage alimentaire
Avec cet Observatoire, elles se dotent désormais d’un outil commun pour objectiver les efforts engagés, identifier les marges de progression et mettre en lumière les pratiques les plus efficaces. L’enjeu des prochaines éditions sera de poursuivre l’harmonisation des indicateurs et de favoriser leur appropriation par les points de vente, afin de suivre dans la durée les avancées individuelles et collectives et d’accélérer la diffusion des solutions qui ont fait leurs preuves.


