Connexion
/ Inscription
Mon espace
Initiatives
ABONNÉS
Partager par Linked-In
Partager par Xing
Partager par Facebook
Partager par email
Suivez-nous sur feedly

[Initiatives] Zéro déchet 2030 : “il ne devrait plus y avoir de collants dans nos poubelles”

À l’occasion de la Journée internationale du zéro déchet, un angle mort persiste dans le recyclage textile : celui des petits articles du quotidien, comme les collants, encore massivement exclus des filières de valorisation. Composés de fibres synthétiques complexes, principalement du polyamide mélangé à de l’élasthanne, ils échappent aux procédés de recyclage mécanique et finissent, en grande majorité : incinérés ou enfouis.

 

Pour Laurent Trognon, Président et Fondateur de REC, deeptech française spécialisée dans le recyclage du polyamide en boucle circulaire, l’enjeu est désormais clair : « En 2030, il ne devrait plus y avoir de collants dans nos poubelles. Ce n’est pas un objectif théorique : c’est un objectif de bon sens. Le polyamide contenu dans ces produits peut aujourd’hui être recyclé à un niveau de qualité suffisant pour être réinjecté non seulement dans le textile, mais aussi dans des secteurs exigeants comme l’automobile. On parle donc d’une véritable matière première secondaire, pas d’un sous-produit. »

 

Il insiste notamment sur un point souvent sous-estimé : la nature même de ces déchets.

« Le polyamide est un matériau technique utilisé bien au-delà de la mode : pièces automobiles, composants industriels, équipements techniques… Aujourd’hui, ces industries dépendent encore très largement de ressources vierges issues de la pétrochimie. Développer une source recyclée, locale et stable, à partir de déchets textiles, permet de sécuriser les approvisionnements tout en réduisant l’empreinte carbone. »

 

Mais pour structurer cette nouvelle ressource, un défi majeur reste à relever : celui de la collecte.

« Les collants sont un exemple typique de déchets complexes : des produits multi-matières, difficiles à trier et à recycler mécaniquement. Pourtant, ils contiennent un polymère à forte valeur ajoutée. Le problème, c’est qu’ils ne sont aujourd’hui quasiment pas captés : la majorité finit directement dans les ordures ménagères. »

 

« Le véritable enjeu, ce n’est pas seulement de recycler, c’est de connecter des flux de déchets à des besoins industriels. Quand on est capable de transformer un collant usagé en matière première pour une pièce technique, on change complètement de logique : on passe d’un déchet invisible à une ressource stratégique. »

 

Dans un contexte de généralisation de la collecte des textiles en Europe et de recherche de souveraineté sur les matières premières, l’émergence de filières dédiées aux textiles complexes pourrait ainsi jouer un rôle clé dans l’atteinte des objectifs zéro déchet à horizon 2030.

Lire la suite...


Articles en relation