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[Initiatives] Factures impayées entre entreprises : une nouvelle procédure pour faciliter leur recouvrement

Le décret d’application publié le 21 octobre 2026 précise les modalités d’une nouvelle procédure de recouvrement des factures impayées entre commerçants. Prévue par la loi du 23 avril 2026, cette réforme permettra à un créancier d’obtenir, en l’absence de contestation, un titre exécutoire sans saisir préalablement un juge. Sa mise en œuvre sera confiée aux commissaires de justice.

 

Selon la dernière étude Altares, publiée en septembre 2026, seuls 49,7 % des entreprises et organisations règlent leurs fournisseurs à l’échéance. Le retard moyen de paiement atteint encore 12,3 jours au deuxième trimestre 2026. Malgré une amélioration récente, les retards de paiement demeurent donc une réalité pour de nombreux acteurs économiques.

 

Une nouvelle voie pour recouvrer les factures impayées

 

Lorsqu’un commerçant ne règle pas une facture, son créancier pourra recourir à une procédure spécifique, sans avoir à engager immédiatement une action devant un tribunal.

Le dispositif concerne exclusivement les factures entre commerçants, sans plafond de montant. La créance devra être certaine, liquide et exigible.

 

Concrètement, comment fonctionnera cette procédure ?

 

Le créancier s’adressera à un commissaire de justice, qui vérifiera les conditions nécessaires et signifiera au débiteur un commandement de payer accompagné de la facture.

 

Le débiteur disposera alors d’un mois pour régler sa dette, la contester ou rechercher un accord amiable.

 

Toute contestation formulée dans ce délai mettra fin à cette procédure, sans empêcher le créancier d’engager ensuite une action en justice.

 

En l’absence de paiement intégral et de contestation, le commissaire de justice pourra établir un procès-verbal de non-contestation, puis solliciter auprès du greffe compétent l’apposition de la formule exécutoire.

 

Le créancier pourra ainsi obtenir un titre exécutoire sans avoir eu à saisir préalablement un juge.

 

Le débiteur conservera néanmoins la possibilité de former opposition après la signification du titre exécutoire, dans les conditions prévues par les textes. Le délai d’opposition et l’opposition formée dans ce délai suspendront l’exécution.

 

Le commissaire de justice au cœur du dispositif

 

La réforme confie au commissaire de justice un rôle à chaque étape : vérification du dossier, signification du commandement de payer, recherche éventuelle d’une solution amiable, établissement du

procès-verbal de non-contestation et démarches auprès du greffe.

 

Avec l’accord du créancier, il pourra notamment rechercher un échéancier permettant au débiteur de régler sa dette tout en préservant, lorsque cela est possible, la relation commerciale.

 

Ce qu’il faut retenir :

•   Une procédure réservée aux factures impayées entre commerçants, sans plafond de montant.

•   Un mois pour régler ou contester la créance.

•   En l’absence de contestation, la possibilité d’obtenir un titre exécutoire sans saisir préalablement

un juge.

•   Des garanties préservées pour le débiteur, notamment la possibilité de contester la créance et de former opposition au titre.

 

Une entrée en vigueur d’ici la fin de l’année

 

Créée par la loi n° 2026-307 du 23 avril 2026, cette nouvelle procédure, dont les modalités sont précisées par le décret n° 2026-967 du 20 octobre 2026, entrera en vigueur à la date fixée par arrêté du ministre de la Justice et au plus tard le 31 décembre 2026.

 

Un arrêté tarifaire doit encore préciser le coût des actes accomplis par les commissaires de justice. La loi prévoit que les frais occasionnés par la mise en œuvre de cette procédure sont à la charge du débiteur.

 

La Chambre nationale des commissaires de justice se tient à la disposition des journalistes pour décrypter les modalités de cette réforme et ses conséquences pratiques pour les entreprises et les commerçants. 

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