L'analyse
des notaires.
Premier site immobilier notarial de France du Groupe Notariat Services, immonot.com s’impose comme une référence pour décrypter l’évolution du marché.
Via son réseau national de notaires et son expertise unique, Immonot publie
tous les deux mois une tendance du marché immobilier, issue d’une enquête
rigoureuse réalisée auprès d’études notariales réparties sur tout le
territoire.
Cette analyse de référence, initiée par le professeur Bernard Thion,
révèle ce mois-ci des hésitations entre les Français et l’immobilier qui ne
doivent pas s’installer durablement. Cet été 2026 n’a pas permis à la pierre de
renouer des liens forts avec les acheteurs malgré des prix que l’on a vu
s’assagir et des vendeurs s’assouplir. Retour sur ce scénario digne d’un « été
meurtrier » qui pourrait laisser quelques traces à la rentrée selon le panel de
notaires participant à l’élaboration de cette tendance du marché.
Activité : faible fréquentation

Les évènements climatiques de l’été – canicules, incendies et orages –
ne sont sans doute pas étrangers aux turbulences qui agitent le marché
immobilier. Surpris durant leurs congés annuels par la gravité de ces risques
naturels, les Français ont sans doute préféré reporter leur projet. De plus, le
climat géopolitique s’est accompagné d’une flambée du baril de Brent fin
juillet avec un pic à 100$ ; les conditions semblaient réunies pour détourner
les investisseurs de la pierre. Valérie Malon, négociatrice au sein de l’étude
Malon et Cherrier-Touchain dans le 45, ne peut que déplorer une situation très
morose, avec peu de demandes de visites.
En effet, 49% des notaires participants à cette tendance du marché
déplore une baisse d’activité sur la période de juin à août. Preuve du malaise
qui règne, la reprise des transactions ne se ressent plus que dans 16% des
offices notariaux sondés, contre 26% trois mois plus tôt à observer une
dynamique positive. Une situation que confirment les dires d’un notaire : «
Après de bons mois de mai et juin, juillet a fait place à une baisse
significative des demandes. Les acquéreurs, beaucoup moins nombreux mais
sérieux, se montrent néanmoins très pointilleux ».
Manifestement, l’immobilier ne peut plus compter sur son pouvoir de
séduction pour renverser la situation rapidement. Signe qu’une période atone
devrait s’installer, Me Pierre Laporte, notaire à Épinal (88) confie : «
La dynamique très variable ne permet pas d’envisager de réelle tendance de
croissante ou de baisse. »
Les perspectives se traduisent donc par une stabilité du volume de
transactions à l’automne pour 56% des notaires interrogés. La part des
pessimistes qui voient l’activité ralentir (37%) ne faiblit pas en comparaison
avec la précédente consultation d’avril (35%). Seuls 7% des notaires se
risquent à envisager une hausse de volumes. Soulignons à cet égard la lueur
d’espoir provenant de Sébastien Gaska, négociateur au sein d’ACP Notaires à
Beaumont sur Sarthe (72) qui constate « une activité dynamique notamment chez
les primo-accédants, et pour les biens attractifs en termes de prix. »
Prix : de bonnes conditions

Le marché immobilier tente toutes les approches pour séduire les
acheteurs si l’on en juge tant par l’exhaustivité de produits que par la
stabilité des prix. Les vendeurs déclarent aisément leurs intentions selon
les propos de Cyril Guerinot, négociateur au sein de la SCP Depoisson, Royer et
Nicolas à Bar-sur-Aube (10) : « Je suis sollicité régulièrement pour la
mise en vente de différents biens dans une période qui ne l’est pas
habituellement. »
Les velléités sur les prix demandés par les propriétaires vendeurs
semblent désormais faire partie du passé, ces derniers acceptant les
nécessaires ajustements à opérer. Pour preuve, 60% des notaires sondés
constatent une baisse des prix, alors qu’ils représentaient 52% des répondants
au printemps.
Dans ce marché caractérisé par une relative platitude de la part des
acheteurs à l’égard de la pierre, seuls les produits idéalement positionnés en
prix peuvent espérer tirer leur épingle du jeu. Florence Barbou, négociatrice
au sein de la Selas Jonquet, Chaton et de Clarens-Jonquet à Troyes (10) en
témoigne : « Les produits bien placés, en bon état et correctement évalués
trouvent encore acquéreurs. En revanche, les biens avec travaux, DPE médiocre,
charges importantes, absence d’extérieur ou prix trop ambitieux peuvent rester
longtemps sur le marché. »
Pour l’automne, la petite lueur d’espoir trouve sa raison d’être pour
54% des répondants se prononçant pour une stabilité des prix, contre 44% au
printemps. Les autres positions convergent en faveur d’une baisse des prix pour
46% des notaires. Pour Florence Barbou, les mois de septembre et octobre
vont être révélateurs de la tendance de cette fin d’année. Elle ajoute : «
Pour un vendeur, je déconseillerais clairement la stratégie consistant à mettre
un peu plus cher pour tester le marché. Un tarif trop haut au départ risque
davantage de faire vieillir l’annonce que de provoquer une négociation. »
Situation légèrement prometteuse pour les terrains puisque 66% des
notaires tablent sur une stabilité des prix, et 34% sur une baisse. Là encore,
les projets immobiliers autour de 100 000€ suscitent un engouement particulier,
avec une fourchette allant de 120 000€ à 150 000€, comme le déclare un
négociateur. Voilà des bornes qui peuvent correspondre à des primo-accédants
souhaitant mener un projet modeste dans le neuf, à condition de mobiliser le
Prêt à Taux Zéro pour faciliter le financement.
Le conseil des notaires et les perspectives économiques
Dans ce contexte où l’incertitude semble régner en maître, les notaires
incitent à jouer la carte de la prudence. Raison pour laquelle ils conseillent
très majoritairement (88%) aux porteurs de projet de vendre leur bien en
priorité avant d’en acheter un autre. L’achat en première intention ne remporte
que 5% des suffrages, et l’attente 7%.
Et si le sursaut tant attendu du marché immobilier ne reposait pas sur
les acheteurs, mais plutôt les financeurs ? En effet, les taux d’intérêt,
sensiblement haussier depuis début 2026, n’invitent pas à passer à l’acte. Avec
un taux moyen à 3,30% selon l’Observatoire crédit logement/CSA, la perspective
d’atteindre les 4% d’ici la fin de l’année risquerait de bloquer encore plus le
marché.
De fait, les banquiers restent suspendus aux annonces des autorités
financières, car la Banque Centrale Européenne envisagerait à l’automne une
nouvelle hausse de ses taux directeurs, faisant suite à un relèvement de 25
points de ses trois principaux taux, intervenu le 11 juin dernier. À moins que
les perspectives d’inflation ne s’améliorent de manière significative.
Manifestement, la balle se trouve dans le camp des politiques. De quelle
marge de manœuvre disposent-ils ? Sachant que l’inflation dans la zone euro
avoisine les 3%, bien au-dessus de l’objectif de 2% fixé par la BCE. Ils
doivent agir pour limiter les impacts du conflit au Moyen-Orient, mais les
évolutions récentes du prix des énergies fossiles ainsi que de l’électricité ne
vont pas dans le sens d’une réduction des tensions inflationnistes.
« Ce ‘coup de froid’ estival ne doit pas masquer les fondamentaux solides du marché immobilier. Le rôle du notaire reste central, et les Français ont besoin de repères clairs, de données fiables et d’un accompagnement de proximité pour concrétiser leurs projets », souligne François-Xavier Duny, Président du Groupe Notariat Services.


