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[Expertises] Arrêts de travail : quelles seront les nouvelles règles à compter du 1er septembre 2026 ?

Décryptage de Dina Sarioui, juriste en droit social, les Éditions Tissot.

 

À compter du 1er septembre 2026, les prescriptions d’arrêt de travail seront davantage encadrées. En application de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, deux décrets du 12 juin 2026 précisent les nouvelles règles applicables.


Ils fixent notamment une durée maximale pour les prescriptions initiales et les renouvellements, tout en organisant le recours au service du contrôle médical de l’Assurance maladie pour les arrêts de longue durée.

 

 

Les points essentiels

•   À compter du 1er septembre 2026, la durée des prescriptions d’arrêt de travail sera plafonnée à 31 jours pour un arrêt initial et à 62 jours pour un renouvellement.

•   Le prescripteur pourra dépasser ces durées lorsque l’état de santé du patient le justifie, à condition de motiver sa décision.

•   Pour les arrêts de longue durée, le prescripteur pourra solliciter l’avis du service du contrôle médical de l’Assurance maladie à partir de trois mois de renouvellement.

 

 

Une durée maximale fixée pour les prescriptions d'arrêts de travail

 

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit que le médecin doit préciser les motifs de l’arrêt sur l’avis d’arrêt de travail. Elle encadre également la durée des arrêts ouvrant droit au versement des indemnités journalières.


Ces dispositions concernent les arrêts prescrits par les médecins, mais également ceux délivrés par les sage-femmes et les chirurgiens-dentistes.

 

Un premier décret du 12 juin 2026 précise les durées applicables aux prescriptions établies à compter du 1er septembre 2026 :

•   un arrêt initial ne pourra, en principe, pas dépasser 31 jours (1 mois),

•   un renouvellement sera limité à 62 jours (2 mois).

Ces plafonds ne seront pas applicables à Mayotte.


La réforme prévoit néanmoins une possibilité de dérogation. Lorsque l’état de santé du patient le justifie, le prescripteur pourra dépasser ces durées. Il devra alors motiver sa décision sur la prescription, en tenant compte de la situation médicale de l’intéressé et, le cas échéant, des recommandations de la Haute Autorité de santé.

 

Lorsque la durée maximale d’un renouvellement sera atteinte, une nouvelle prolongation restera possible, dans la limite de 62 jours.

 

Un recours au contrôle médical pour les arrêts de longue durée

 

Un second décret du 12 juin 2026 complète le dispositif. Il fixe à trois mois la durée de renouvellement à partir de laquelle le prescripteur pourra solliciter l’avis du service du contrôle médical de l’Assurance maladie.

 

Cette possibilité vise à mieux encadrer les arrêts de longue durée. Elle doit également permettre d’accompagner les professionnels de santé dans le suivi de leurs prescriptions et dans l’évaluation de leur durée.

 

L’intervention du service du contrôle médical pourra ainsi contribuer à apprécier la justification de la poursuite de l’arrêt et à accompagner la prise en charge du patient, dans un contexte de hausse importante des arrêts de travail.

 

Une entrée en vigueur fixée au 1er septembre 2026

 

Les nouvelles règles s’appliqueront aux prolongations établies à compter du 1er septembre 2026.


Elles s’inscrivent dans une réforme plus large visant à harmoniser les pratiques en matière d’accident

du travail.

 

À la même date, la limitation applicable aux arrêts de travail prescrits par les sage-femmes dans le cadre d’une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse sera supprimée.

 

Jusqu’au 31 août 2026, cet arrêt reste limité à quatre jours calendaires et ne peut faire l’objet que d’un seul renouvellement. À compter du 1er septembre, les sage-femmes pourront donc prescrire un arrêt d’une durée adaptée à la situation de la patiente, sans être soumises à ce plafond spécifique.

 

Ce que les employeurs doivent retenir

 

Pour les employeurs et services RH, cette réforme ne remet pas en cause les règles habituelles de transmission et de gestion des arrêts de travail. Elle pourra toutefois avoir une incidence sur le rythme des prolongations adressées par les salariés et sur le suivi administratif des absences de longue durée.

 

Les employeurs devront donc être particulièrement attentifs aux dates figurant sur les avis d’arrêt de travail et à la succession des éventuelles prolongations à compter du 1er septembre 2026.

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