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[Expertises] Facturation électronique : les 7 vérifications à mener avant le 1er septembre

Par Oriol Bausà, CEO de B2Brouter, plateforme d’échange de documents électroniques.

 

À quelques jours de l’entrée en vigueur, le cadre de la facture électronique est finalisé et la DGFiP a redit qu’il n’y aurait pas de report. Pourtant, au début de l’été, seule une entreprise sur quatre environ avait choisi sa plateforme de réception.

 

Le calendrier tient en deux lignes. Dès le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA en France devront pouvoir recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et les ETI devront en émettre à la même date.

 

Le fonctionnement, lui, change plus qu’on ne le croit souvent. Une facture électronique n’est pas un PDF envoyé par mail. C’est un fichier structuré, dans l’un des formats admis (Factur-X, UBL ou CII) qui transite par une plateforme agréée. Le portail public, un temps annoncé comme une solution gratuite d’émission et de réception, se limite désormais à l’annuaire central et à la transmission des données à la DGFiP. Autrement dit, le choix de la plateforme revient à chaque entreprise.

 

Reste à savoir ce que veut dire, concrètement, être prêt. Voici les sept points à contrôler.

 

1. Vérifier les obligations qui s’appliquent à son entreprise

Toutes les entreprises assujetties à la TVA et établies en France sont concernées par la réforme et devront pouvoir recevoir des factures électroniques au 1er septembre 2026. L’obligation d’en émettre arrive à la même date pour les grandes entreprises et les ETI, puis un an plus tard pour les PME et les micro-entreprises. Les entreprises doivent donc confirmer leur statut et leur calendrier. En cas de doute, un point avec son expert-comptable permet de régler la question.

 

2. Vérifier sa plateforme et son référencement dans l’annuaire

Choisir une solution de facturation ne suffit pas. Celle-ci doit s’appuyer sur une plateforme agréée et correspondre aux besoins réels de l’entreprise, sur les tarifs, la durée d’engagement, la réversibilité, l’interopérabilité avec les outils comptables, les flux internationaux ou les spécificités d’un secteur. Le second contrôle, plus mécanique mais tout aussi important, concerne le référencement dans l’annuaire de la facturation électronique et l’activation de l’adresse de réception. Sans cette adresse, les fournisseurs n’auront aucun moyen d’acheminer leurs factures.

 

3. Fiabiliser ses données de facturation

La réforme ajoute quatre mentions obligatoires sur les factures que sont le SIREN du client, l’adresse de livraison lorsqu’elle diffère de l’adresse de facturation, la nature de l’opération et, le cas échéant, l’option pour le paiement de la TVA d’après les débits. Toutes doivent être intégrées dans les outils de gestion et, si possible, se remplir de manière automatique. Cette nouvelle exigence est donc une bonne occasion de mettre à jour les référentiels clients et fournisseurs en éliminant les doublons et en corrigeant les erreurs et imprécisions accumulées. Une adresse obsolète ou un SIREN approximatif suffisent à faire rejeter une facture.

 

4. Tester le parcours d’une facture de bout en bout

À quelques semaines de l’échéance, vérifier que la plateforme est connectée est une évidence. Mais le plus important est d’y faire circuler de vraies factures. Une facture reçue doit s’intégrer dans l’outil de gestion, se rapprocher du bon fournisseur, partir en validation auprès des bonnes personnes, puis être comptabilisée. Les équipes doivent aussi savoir lire les statuts et distinguer un rejet (pour des raisons techniques) d’un refus (pour motif commercial). Enfin, un point souvent oublié consiste à déterminer qui va suivre les factures entrantes, à quelle fréquence et selon quelle procédure en cas de problème.

 

5. Identifier les cas de facturation qui sortent du scénario standard

Les factures classiques sont rarement problématiques. Les blocages viennent des cas particuliers, acomptes, avoirs, remises, facturation pour compte de tiers, corrections, ou pratiques propres à un secteur. L’AFNOR a recensé plus de quarante cas d’usage. Chaque entreprise peut identifier ceux qu’elles rencontrent vraiment et valider la manière de les traiter avec sa plateforme et son expert-comptable. Ce test avant le démarrage permettra d’éviter le blocage des factures et de potentiels retards de paiement.

 

6. Vérifier la disponibilité des données nécessaires à l’e-reporting

Pour les entreprises concernées, la réforme ne s’arrête pas à l’émission et à la réception des factures. Certaines opérations doivent être déclarées séparément, notamment des ventes aux particuliers et des opérations internationales, et des données de paiement s’y ajoutent pour les prestations de services dont la TVA est exigible à l’encaissement. Il faut donc s’assurer que ces informations existent bien dans les logiciels et qu’elles puissent en sortir au bon format et à la bonne fréquence.

 

7. Préparer la gestion des incidents dès maintenant

Rejets de factures, problèmes de routage, données manquantes, fournisseur mal identifié, doublons, les premières semaines réserveront leur lot d'incidents. Pour limiter les dégâts les entreprises peuvent désigner un responsable de la réforme qui déterminera la marche à suivre en cas de blocage. Son rôle devra quant à lui être décrit précisément en répondant à quatre questions simples : Qui intervient, dans quel délai, comment corriger une facture et comment éviter une double comptabilisation ou un double paiement.

 

Pas encore concerné ne veut pas dire pas encore prêt

Beaucoup de dirigeants de TPE et de PME ont en tête le mois de septembre 2027 et pensent qu’ils ont encore un an devant eux. Mais l’obligation de réception s’applique à tout le monde dès cette année. Les entreprises qui travaillent avec des grands comptes recevront des factures structurées dès cet automne et devront donc renvoyer les statuts attendus. Par ailleurs, les grands donneurs d’ordre risquent de faire pression sur leurs fournisseurs pour passer à l’électronique avant l'échéance légale, afin de ne pas avoir à gérer un flux de facturation seulement à moitié structuré.

 

Enfin, l'argument le moins souvent évoqué est celui du bénéfice. Une facture structurée se contrôle plus vite, se relance plus facilement et se paie généralement plus tôt. Les entreprises qui abordent la réforme sereinement y verront moins une contrainte qu'une occasion de reprendre la main sur un processus qu'elles subissent depuis longtemps.

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