Face à la
menace d’extinction de plus d’un tiers des espèces de requins, la Fondation de
la Mer rappelle leur rôle essentiel à l'équilibre des écosystèmes marins et se
mobilise pour les protéger.
À l'occasion de la
Journée mondiale des requins, la Fondation de la Mer rappelle l'urgence de
protéger ces espèces emblématiques, menacées par le changement climatique, la
surpêche et le trafic d'ailerons.
Avec plus de 500 espèces réparties dans les écosystèmes marins, estuariens et d'eau douce, les requins jouent un rôle écologique majeur mais leurs populations s'effondrent à un rythme alarmant.
Malgré cela, les récits diffusés au cinéma ou dans les
publicités continuent de propager des idées reçues sur cette espèce.
Face à ce constat, la
Fondation de la Mer soutient plusieurs projets de terrain, du golfe de Guinée à
la Polynésie française, pour mieux connaître, protéger et favoriser le
rétablissement de ces populations.
Des enjeux écologiques
majeurs
Prédateurs au sommet de
la chaîne alimentaire, les requins contribuent à la structure, au
fonctionnement et à la résilience des écosystèmes. Ils participent à la
régulation des populations d'autres espèces marines, peuvent prédater les
individus malades ou blessés, à l'instar des grands prédateurs terrestres, et
enrichissent le milieu en transportant des nutriments entre habitats via leurs
déplacements et leurs excréments, pouvant ainsi stimuler la production primaire
locale des écosystèmes.
Pourtant, ces espèces
figurent aujourd'hui parmi les espèces marines les plus vulnérables :
- D'après la Liste Rouge
de l'UICN, plus de 1/3 des espèces de requins sont actuellement menacées
d'extinction.
- Une baisse d'environ
71% de l'abondance mondiale des raies et requins a été constatée entre 1970 et
2018.
- L’UE est l’un des
principaux exportateurs d’ailerons vers l’Asie, fournissant près de 45% des
produits retrouvés en 2022 sur les marchés de consommation à Hong Kong,
Singapour et Taïwan, selon un rapport du Fonds international pour la protection
des animaux.
- 81% des exportateurs
d'ailerons de requins n'ont déclaré aucune exportation entre 2015 et 2021,
témoignant de l'ampleur de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée
(INN).
À ces pressions
directes s'ajoutent les effets du changement climatique : des températures en
augmentation peuvent nuire au succès reproductif des requins, tandis que
l'acidification de l’Océan peut réduire la capacité de certaines espèces à
détecter leurs proies, les poussant à migrer vers de nouvelles zones où ils
sont davantage exposés aux activités humaines.
Pour répondre à ces
enjeux, la Fondation de la Mer soutient plusieurs projets de recherche et de
conservation à travers le monde, dans le cadre de son programme dédié aux
requins.
Mission William, golfe
de Guinée
Depuis 2023, la
Fondation de la Mer soutient l'association Over The Swell dans le cadre de la
Mission William. Son objectif est d'étudier et de protéger le requin-baleine
ainsi que d'autres espèces de mégafaune marine migratoire menacées, entre le
golfe de Guinée et Sainte-Hélène. Les travaux menés sur le terrain visent à
confirmer l'existence d'un corridor migratoire du requin-baleine reliant ces
deux zones. Une hypothèse qui, si elle se vérifie, justifierait la mise en
protection de cette région stratégique. Pour cela, le projet déploie des
balises de suivi afin de cartographier précisément les routes empruntées par
l'animal.
Le golfe de Guinée
figure par ailleurs parmi les zones les plus touchées au monde par la pêche
illégale industrielle, entraînant l'effondrement des écosystèmes marins et
fragilisant la sécurité alimentaire des populations côtières. Dans ce contexte,
la Mission William apporte les connaissances scientifiques nécessaires à la
mise en œuvre de mesures de protection, contribuant ainsi à limiter les
pressions exercées par la pêche illégale et le trafic d’ailerons sur la
mégafaune marine du Golfe.
Grand requin marteau,
atoll de Rangiroa
En Polynésie française,
la Fondation de la Mer soutient un projet de collecte de données sur le grand
requin marteau des Tuamotu, afin d’identifier les habitats clés de l'espèce et
de permettre ainsi sa conservation.
« Chaque année, près de 100 millions de requins seraient tués dans le monde, principalement pour alimenter le commerce des ailerons. Ce chiffre vertigineux rappelle l'urgence d'agir. Contrairement aux idées reçues, les requins ne sont pas des menaces à éliminer, mais des sentinelles indispensables à la bonne santé de l'Océan. Les protéger, c'est préserver l'équilibre des écosystèmes marins. C'est tout le sens de l'engagement de la Fondation de la Mer : soutenir celles et ceux qui agissent sur le terrain et les accompagner dans la préservation de ces espèces aussi fascinantes qu’essentielles. » conclut Alexandre Iaschine, directeur général de la Fondation de la Mer.


