L’Autorité
de contrôle prudentiel et de resolution (ACPR) publie une étude intitulée «
La situation des grands groupes bancaires français à fin 2025 ».
Extrait de l’étude.
En 2025, les six principaux groupes bancaires français ont évolué dans
un environnement macro-financier très incertain, marqué par la montée du
protectionnisme, un regain de tensions géopolitiques et une incertitude
budgétaire persistante en France.
Malgré ce contexte, les banques françaises, en s’appuyant sur la
diversité de leurs modèles d’affaires, enregistrent une forte progression de
leur résultat net de (+10,2 % à 39,8 Md€), grâce à l’évolution du produit net
bancaire (PNB) de +5,6 % à 167,5 Md portée par l’ensemble de ses composantes et
notamment le redressement de la marge nette d’intérêt (MNI +6,7 % à 67,9 Md€).
La situation prudentielle, tant en solvabilité qu’en liquidité, est
confortable. L’entrée en vigueur du règlement CRR3 a eu peu d’impact immédiat
sur le ratio de fonds propre dur (CET1) et la marge en capital (globalement
stables, respectivement à 15,6 % et 4,8 %), les banques ayant continué à
renforcer leurs fonds propres CET1 par la mise en réserve des résultats. Les
indicateurs de liquidité court terme (ratio LCR) et de financement stable
(ratio NSFR), restent bien au-dessus des seuils réglementaires.
Les chiffres du premier trimestre 2026 confirment ces tendances, tant en
termes de performance financière qu’au regard des ratios réglementaires en
solvabilité et liquidité. Par rapport au premier trimestre 2025, le PNB,
toujours tiré par la MNI et les commissions, progresse de 6,5 % par rapport au
premier trimestre 2025 et le résultat net de 7,5 %. Les ratios de solvabilité
et de levier évoluent peu, les marges au regard des exigences demeurant
stables. Les risques de bilan (liquidité et risque de taux) sont maîtrisés et
les programmes de financement moyen/long terme déjà bien avancés.
Les banques françaises abordent donc 2026 avec un niveau de résilience
élevé, déjà souligné par les résultats des stress tests européens de 2025,
alors que certains risques se matérialisent et pèsent sur l’environnement
macro-financier.
1. La prolongation du conflit au Moyen-Orient entraîne une réévaluation
des anticipations d’inflation et de taux d’intérêt
qui pénalise la croissance économique et renforce les vulnérabilités des agents
économiques les plus endettés. Les banques françaises, faiblement exposées de
manière directe aux pays en conflit ou limitrophes, sont plus sensibles aux
effets de second tour.
2. En lien avec la dégradation de la situation des entreprises et des pratiques plus agressives
(en termes d’octroi, de niveau de levier, de prix et de covenant), le crédit privé traverse un premier cycle baissier, notamment aux États-Unis. Néanmoins, les expositions directes ou indirectes des banques françaises à ces fonds, bien qu’en nette progression depuis 2023, demeurent très limitées (moins de
0,5 % du bilan).
3. La nouvelle dégradation de l’immobilier commercial au premier
trimestre 2026, alors que l’année 2025 marquait
une stabilisation, devrait avoir des effets limités sur le bilan des banques
françaises.
4. Les risques structurels restent très prégnants. Ceux liés à la digitalisation et aux cybermenaces, amplifiés par la situation géopolitique, l’essor de l’intelligence artificielle ou des avancées de l’informatique quantique, se renforcent et constituent un point de vigilance majeur du superviseur.
Parallèlement, dans un contexte d’accélération de la dérive climatique, les risques physiques tendent à se renforcer. Les risques de transition restent élevés, les objectifs de décarbonation de l’Union européennes sont désormais accompagnés de marges de flexibilité pour mieux intégrer les enjeux de souveraineté énergétique et de compétitivité industrielle.


