Isabelle
Tarty, Présidente de la FIRPS, décrypte ici ce phénomène et délivre 3 conseils
pour vraiment décrocher.
40% des salariés sont
connectés dès 6h du matin et un tiers encore en ligne à 22h. Ce ne sont pas des
cas isolés, c’est le quotidien de millions de travailleurs français d’après le
rapport Microsoft de juin 2025.
Entre télétravail
généralisé, outils collaboratifs et notifications IA en temps réel, se
déconnecter devient de plus en plus difficile. Les frontières entre vie
professionnelle et vie personnelle s’estompent progressivement. Se déconnecter
devient un véritable défi.
Pourtant le droit à la déconnexion, inscrit dans le Code du travail depuis 2017 à la suite de la loi
El Khomri, constitue un levier essentiel de prévention des risques psychosociaux.
Alors, que se
passe-t-il vraiment cet été dans les entreprises ?
Selon le regard d’experte de terrain d’Isabelle Tarty : « La surcharge informationnelle, le stress chronique, les troubles du sommeil, le risque de burn-out... sont des conséquences de l'hyperconnexion. Au quotidien et durant la période estivale, il en va de la responsabilité des managers et des DRH. Ils doivent montrer l’exemple : un e-mail envoyé depuis ses vacances crée un mauvais signal.
Les
managers ont un rôle clé dans la prévention de l'hyperconnexion : ils peuvent
fixer des limites par leur propre comportement.
Les périodes
caniculaires viennent amplifier la nécessité de se déconnecter. La période
inédite en juin, avant même les congés, a malmené tant physiquement que
psychologiquement l’ensemble des travailleurs et ce n’est, hélas, probablement
pas fini. Il est donc important de décrocher pour récupérer au mieux… »
Elle poursuit et
délivre trois conseils pratiques :
Conseil n°1 –Formaliser
des plages de déconnexion claires
« Définir des horaires
de travail communs est essentiel. Il est tout aussi important de définir des
plages de déconnexion pendant lesquelles chacun peut couper sans culpabiliser :
pas d'e-mail, pas d'appel, pas d'obligation de répondre, que ce soit pendant
ses congés, ses RTT, les soirées ou les week-ends.
Chaque salarié doit pouvoir profiter pleinement de ses vacances sans être sollicité par son employeur. Pour éviter toute ambiguïté, pensez à le préciser explicitement vos périodes de congés dans votre message d'absence.»
Conseil n°2 – Utiliser
un agenda partagé pour protéger ses temps de non-disponibilité
« Un agenda partagé
entre collègues constitue un outil simple et efficace pour limiter les
sollicitations inutiles.
Avant un départ en
congés, il est recommandé de bloquer ses périodes d'absence, d'organiser la
continuité de l'activité avec un relais clairement identifié et de rendre cette
organisation visible auprès de l'ensemble des collaborateurs. Anticiper, c'est prévenir
la surcharge des uns comme des autres. »
Conseil n°3 – Créer des
rituels de coupure (et les tenir)
« L’été, le recours au
télétravail est plus souvent accepté au sein des organisations du travail. Il
faut veiller à ne pas enchaîner les réunions sans temps de respiration entre
deux et faire des pauses régulièrement dans la journée.
Pour les vacances, le même principe s’applique : « Les fortes chaleurs peuvent déjà perturber le sommeil et inciter à consulter son téléphone durant la nuit. C'est précisément dans ces périodes qu'il est important de résister à la tentation de se reconnecter : désactiver les notifications, instaurer une véritable coupure, à la fois physique, numérique et mentale. C'est cette récupération qui permet de revenir au travail dans de bonnes conditions de santé et d'efficacité.


