Roland Lescure, ministre
de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la
Recherche et de l’Espace, et Dorothée Bär, ministre fédérale allemande de la
Recherche, de la Technologie et de l’Espace, ont reçu à l’occasion du salon
VivaTech le rapport de la mission franco-allemande sur l’innovation de rupture.
Cette mission d’experts
français et allemands a été lancée lors du Conseil des ministres
franco-allemand de Toulon en août 2025. Elle vise à proposer des moyens de
renforcer, en France, le soutien à l’innovation de rupture face à
l’accélération des technologies qui façonneront la prochaine décennie, en
s’inspirant notamment du modèle de l’agence allemande SPRIND (Agence allemande
d’innovation de rupture créée en 2019, qui sélectionne et finance des projets à
fort impact économique et sociétal.)
.
La mission est présidée
par Nicolas Dufourcq (Bpifrance) et Rafael Laguna de la Vera (SPRIND) et
s’appuie sur un comité de 16 experts internationaux reconnus pour leur
expérience en politiques d’innovation.
Les experts français et allemands ont unanimement partagé un constat : face au défi de l’accélération mondiale du rythme de l’innovation, une entité dédiée à l’innovation de rupture,
sur le modèle de l'agence SPRIND, est un levier pertinent et adapté,
notamment si elle est interopérable avec l’agence allemande.
Une stratégie française
déjà solide mais qui reste à compléter
Le rapport dresse un
panorama des politiques françaises de soutien à l’innovation. Le plan France
2030, lancé en 2021 et doté de 54Mds€ a ainsi permis d’engager une dynamique
inédite de soutien à la recherche, l’innovation et à la réindustrialisation. Des
dispositifs de soutien ont été déployés sur l’ensemble du continuum, allant de
la recherche jusqu’à l’industrialisation, tout en se focalisant sur des
secteurs prioritaires et à fort potentiel (projets de petits réacteurs
nucléaires, gigafactories de batteries, biomédicaments, quantique, véhicules
électriques, etc.).
En parallèle, le plan
Deeptech, lancé en 2019 et renforcé en 2025 a contribué à faire de la France un
acteur clé de la deeptech en Europe, représentant 20 % des levées de fonds
deeptech sur le continent. Son écosystème de 2 600 start-ups à haute intensité
technologique se déploie sur des verticales stratégiques, notamment
l’industrie, la greentech et l’Intelligence Artificielle.
Une recommandation
centrale : une entité dédiée
Le rapport identifie
plusieurs conditions clés :
• une logique d’innovation de rupture
directement connectée aux besoins du marché ;
• une autonomie opérationnelle forte ;
• une très grande rapidité d’exécution ;
• une ouverture à un réseau européen d’agences (SPRIND, NADI aux Pays-Bas, etc.).


