Face à une trajectoire
de désendettement fragile, l’Unédic appelle à une décision responsable par
l’abandon de tout nouveau prélèvement de l’État.
Le 17 juin, le Bureau de l’Unédic a adopté les prévisions financières de l’Assurance chômage
à
horizon 2028. Reposant sur un modèle structurellement solide, le régime serait
en capacité, à partir de 2027, d’engager une trajectoire de désendettement.
Cette perspective demeure conditionnée à l'absence de nouveaux prélèvements de l’État.
Les organisations syndicales et patronales gestionnaires de l'Unédic alertent sur les risques du recours accru à l’endettement, dans un contexte de taux élevés, notamment pour financer
jusque-là les charges liées aux décisions étatiques
passées.
Elles appellent à restaurer un financement stable et lisible dans la durée, afin de permettre à l’Assurance chômage de remplir pleinement son rôle d’amortisseur économique et social, spécifiquement lors de futures crises.

Bien géré par les
organisations syndicales et patronales depuis près de 70 ans, le régime est
structurellement sain : son modèle repose sur un nécessaire désendettement en
période plus favorable, lorsque des soldes positifs sont dégagés, afin de
reconstituer des marges de manœuvre et d’être en mesure d’absorber les futurs
chocs.
Jusqu’en 2026, ce
mécanisme est paralysé, malgré la baisse des dépenses réalisées à la suite des
dernières réformes. À partir de 2027, les soldes positifs dégagés permettraient
d’engager une trajectoire de désendettement, en l’absence de tout nouveau prélèvement.
Le contexte
macro-économique
Une croissance en baisse et un choc inflationniste pour 2026
La croissance se tasserait en 2026
(+0,6%), avant une amélioration progressive en 2027 (+0,9%) et 2028 (+1,2%).
Ces prévisions de croissance restent toutefois conditionnées par le conflit au
Moyen-Orient et l’ampleur économique de ses conséquences, parmi lesquelles
l’inflation. Alors que l’inflation prévue en mars dernier était de +1,2% pour
2026, celle-ci atteindrait +2,1% sur l’année, avant de redescendre à +1,7% en
2027 et +1,6% en 2028.
La poursuite des destructions d'emploi en 2026
Comme en 2025, l’emploi salarié privé reculerait en 2026 : environ -55 000 emplois. Les créations d’emploi reprendraient modérément en 2027 (+40 000) avant d’accélérer à partir de 2028 (+140 000).
En raison des effets de la réforme de 2023, le nombre de chômeurs indemnisés augmenterait modestement en 2026, pour se stabiliser aux alentours de 2,6 millions jusqu’en 2028.


