Pourquoi l’industrie 4.0 commence par un langage commun ?
3 retours d’expérience
du rôle des standards GS1 dans la transformation industrielle
À l’occasion de Tech
for Industry les 23 et 24 juin prochains, GS1 France présentera le rôle des
standards dans la transformation des filières industrielles à travers plusieurs
cas clients. Construction, ferroviaire, data centricity : ces retours d’expérience
illustrent comment un langage commun de la donnée aide les industriels à mieux
identifier leurs produits et actifs, fluidifier leurs opérations, optimiser
leur maintenance et accélérer leur transformation numérique. Autant d’exemples
qui montrent que la standardisation n’est pas un sujet technique abstrait, mais
un outil opérationnel au service d’une industrie plus efficace, plus
interopérable et plus responsable.
1/ SNCF Voyageurs :
fiabiliser l’identification des trains grâce aux tags RFID standardisés
Enjeu : avec l’arrivée des
bancs automatisés dédiés à la maintenance prédictive des trains, notamment sur
les essieux, SNCF Voyageurs devait pouvoir identifier chaque rame en temps réel
et sans aucun risque d’erreur. Le système de localisation existant ne permettait
pas d’assurer cette identification lors du passage d’un train devant un banc de
maintenance. Le défi consiste à disposer de données homogènes, fiables et
exploitables dans la durée.
La solution : assurer le lien entre
le banc automatisé et la rame. La solution devait répondre à de fortes
contraintes techniques : résistance aux passages en machine à laver, tenue dans
le temps, lecture à 2,50 mètres des antennes fixes, fonctionnement jusqu’à 70
km/h, etc. Pour accompagner le déploiement, la SNCF a également développé une
application mobile permettant d’encoder, scanner et réencoder les tags RFID
tout au long de la maintenance du matériel roulant.
Impact : à fin 2022, 35 500
tags RFID avaient été déployés, avec un taux de lecture de 100 % et 15
technicentres de maintenance formés. Initialement pensés pour les bancs
automatisés, ces tags ont rapidement ouvert la voie à de nouveaux cas d’usage :
suivi des rames en machine à laver, détection des entrées et sorties de trains
en gare ou en technicentre, identification de graffitis, ou encore remontée de
défauts de tonnage entre acteurs du réseau ferroviaire. En s’appuyant sur les
standards GS1 et sur la norme européenne EN17230, SNCF Voyageurs évite la
fragmentation des outils, des encodages et des tags, et crée les conditions
d’une interopérabilité durable pour toute la filière ferroviaire.
2/ Alstom : standardiser
pour piloter la performance des actifs ferroviaires
Enjeu : les actifs
ferroviaires sont complexes, à longue durée de vie et mobilisent de nombreux
acteurs tout au long de leur cycle de vie. Leur traçabilité est un impératif de
sécurité, de conformité réglementaire et de performance opérationnelle. Alstom
gère près de 5 millions de numéros de série par an dans ses activités de
production de matériel neuf et de services. Longtemps relevés manuellement, ces
identifiants critiques représentaient une charge importante pour les équipes,
avec un risque d’erreurs de saisie pouvant compromettre la fiabilité des
données produit.
La solution : le recours aux
standards GS1 pour créer un langage commun de la donnée, structurer
l’identification des composants et faciliter la circulation des informations
tout au long de la chaîne de valeur ferroviaire. Le projet s’est structuré en
trois étapes : définition d’un cadre commun avec les acteurs stratégiques de la
filière, intégration du standard GS1 dans le système central de gestion des
ressources d’Alstom, puis formation des équipes. Désormais, les opérateurs
scannent les étiquettes GS1 sur tablettes directement en ligne de production :
les données sont automatiquement intégrées au système d’information, sans
ressaisie manuelle.
Impact : la suppression des
saisies manuelles améliore la qualité de la donnée produit, réduit les risques
d’erreurs et libère du temps opérationnel. Les informations sont disponibles en
temps réel, conformes aux exigences de sécurité ferroviaire et exploitables par
l’ensemble de la chaîne de valeur. Sur le projet pilote TGV M, 80 % des pièces
tracées sont équipées d’un identifiant GS1. Chaque scan permet d’économiser
environ 5 minutes par rapport à une saisie manuelle, soit des milliers d’heures
économisées à l’échelle globale. Au-delà des gains opérationnels, ce projet
illustre comment un standard partagé renforce l’interopérabilité de toute la
filière ferroviaire.
3/ Rikutec : assurer la
continuité numérique aux matériaux de la construction
Enjeu : dans le secteur de la
construction, la traçabilité des composants et équipements devient essentielle
pour suivre les produits dans la durée, faciliter leur maintenance et
accompagner la transformation numérique des ouvrages. Le défi consiste à
associer chaque produit à une donnée fiable, accessible et partageable tout au
long de son cycle de vie qui peut être de 20, 30 voire 50 ans et plus.
La solution : l’utilisation des
standards GS1 et de QR Codes augmentés GS1 a permis d’accéder aux données
associées au produit plus facilement et de manière sécurisée, partageable et
enrichissable par les différents acteurs de la chaîne.
Impact : le QR Code augmenté GS1 permet à Rikutec de disposer d’une connaissance localisée de son parc produit. La solution permet également de répondre aux attentes des contrôleurs et des législateurs, de réduire les coûts de documentation et d’améliorer la gestion des stocks.


