Goodwill-management, cabinet de conseil en soutenabilité, révèle dans son étude “Quel climat sur les sites de la Coupe du monde de la FIFA 2026™ en 2050 ?” que le futur climatique condamne l'organisation estivale du Mondial de Football.
À l’horizon 2050, et
selon le scénario SSP 8.5 du GIEC, le plus pessimiste , 6 des 16 villes hôtes
de l’édition 2026 seraient en situation de "stress hydrique très
élevé" tandis que Miami, l'une des villes phares du Mondial 2026,
connaîtrait 92 jours d’été incompatibles avec la pratique d'un sport de haut
niveau. Ces conditions rendraient impossible l’accueil d'un tel événement dans
les conditions actuelles.
Les experts de Goodwill-management ont mesuré le nombre de jours d'été
au cours desquels la température maximale dépasse 35 °C.
Demain, comment choisira-t-on les pays hôtes de la Coupe du monde de la FIFA™, et sera-t-on condamné à organiser ces événements en novembre et décembre comme lors de l’édition 2022
au Qatar ?
“La Coupe du monde 2026 pourrait être l’une des dernières à se dérouler
dans des conditions climatiques encore compatibles avec le football de très
haut niveau. À l’horizon 2050, chaleurs extrêmes, humidité et tensions sur
l’eau rendront certaines villes hôtes injouables. Le défi n’est plus seulement
de gagner des matchs : c’est de pouvoir continuer à les jouer. Or la FIFA
désigne ses organisateurs dix ans à l’avance : sans intégrer dès maintenant les
risques climatiques, certaines Coupes du monde pourraient tout simplement ne
plus avoir lieu” déclare Arnaud Bergero,
Directeur général de Goodwill-management.
Chaleur et humidité : un terrain devenu hostile
Pour estimer le nombre de journées défavorables à la pratique sportive
intense sur les 92 jours de l'été, Goodwill-management s'appuie sur l'indice
Heat Index , qui combine température et humidité dans l’air.
Le constat est sans appel : à horizon 2050, à Miami, la totalité de
l'été (92 jours sur 92) devient dangereuse pour un effort physique de haut
niveau. Houston suit avec 91 jours, Dallas 78, Los Angeles 74 (quatre jours sur
cinq) et Atlanta 66 (deux sur trois).
Le seuil FIFA, permettant de jouer les matchs, est en sursis
L’indice WBGT (Wet-Bulb Globe Temperature) est l'indicateur officiel que
la FIFA utilise pour déclencher les pauses fraîcheur. Cet indice combine
température, humidité, rayonnement solaire et vent, et mesure le stress
thermique réellement subi par le corps.
Cet indicateur n’est pas théorique, il est déjà utilisé dans le sport de
haut niveau, et notamment à Roland-Garros , qui fait actuellement face à une
vague de chaleur dépassant les 30 °C. Dans les villes hôtes du Mondial 2026,
les projections à horizon 2050 sont autrement plus lourdes. À Miami, aucun
match ne sera possible selon le seuil FIFPRO (température au-delà de laquelle
le syndicat mondial des joueurs recommande le report du match, pour protéger
les joueurs). A Houston, 3 jours sur 4 ne seront pas jouables, ou encore 2
jours sur 3 à Dallas.
En première ligne, les spectateurs seraient eux aussi très exposés
Un Mondial de football accueille aussi des millions de spectateurs ,
parmi lesquels des publics vulnérables tels que les enfants, les personnes
âgées ou les malades chroniques. Les experts de Goodwill-management ont mesuré
le nombre de jours d'été au cours desquels la température maximale dépasse 35
°C à horizon 2050.
Les conditions dans lesquelles se joueront les Coupes du monde football
seront comparables à celles ressenties le 17 novembre 2023 par Ana Clara
Benevides. Cette jeune femme de 23 ans est décédée d'épuisement thermique au
stade Nilton Santos de Rio lors d'un concert de Taylor Swift, par 59 °C de
température ressentie. Alors que les gourdes individuelles avaient été
confisquées, le drame avait poussé le gouvernement brésilien à imposer l'accès
gratuit à l'eau dans les grands rassemblements.
Six des seize villes hôtes basculeront en stress hydrique très élevé à
l'horizon 2050, se retrouvant dans une situation de rupture très probable
New York, Miami, Dallas et Los Angeles sont concernées et accueilleront toutes des matchs de phases finales. Elles feront face à d’importants pics de fréquentation, entraînant une hausse ponctuelle substantielle des besoins en eau. Ces besoins concernent notamment les usages sanitaires, les systèmes de climatisation, ainsi que l’arrosage des pelouses. Dallas, qui mobilise déjà 93 % de sa ressource sur la période 1979-2019, atteindrait 148 % en 2050 : pour un litre nécessaire, seuls 0,67 litre seraient disponibles. A Los Angeles, où le stress hydrique est déjà à 350 %, il grimperait à 536 % en
2050 ; New York
basculerait de 20 % à plus de 100%, et Miami, de 69 % à 85 %.
La combinaison du stress hydrique, des chaleurs extrêmes, et des besoins
en eau conséquents crée un risque de rupture incompatible avec la tenue d'un
événement de cette ampleur.
7 leviers pour adapter la Coupe du monde avant que le climat ne l’impose
L’organisation d’une Coupe du monde en été 2050 dans les mêmes villes
hôtes que celles de la Coupe du monde de la FIFA 2026™ ne sera tout simplement
pas possible sans impacts sur la santé et la sécurité des joueurs et des
spectateurs. Les projections climatiques montrent que l’été 2050 pourrait être
marqué par des conditions météorologiques très difficiles qui rendraient la
pratique du sport de haut niveau dangereuse pour les joueurs, et mettraient
aussi en danger les spectateurs les plus vulnérables.
La fenêtre de décision est courte dans la mesure où la FIFA attribue les pays hôtes près de dix ans à l’avance. Les conditions climatiques ici étudiées à horizon 2050 sont valables sur la période 2041-2060, et pourraient donc concerner des compétitions dont les choix d’organisation seront arrêtés dès le début des années 2030.


