Brice Cardi, président de l'Adresse, salue le PTZ familial porté par les députés Liot.
Examinée le 19 mai en
commission des finances, la proposition de loi n° 2679 « visant à faciliter
l'accès au logement des familles par la création d'un prêt à taux zéro »,
déposée le 14 avril 2026 par la députée Constance de Pélichy (Libertés,
Indépendants, Outre-mer et Territoires), sera débattue à l'Assemblée nationale
le 28 mai prochain.
Ce PTZ familial,
accessible dès la déclaration de grossesse et jusqu'aux cinq ans de l'enfant,
pourrait atteindre 100 000 euros sans conditions de revenus, pour l'acquisition
ou l'agrandissement de la résidence principale. Brice Cardi, président de l'Adresse,
salue sans réserve cette initiative.
« La France traverse
une crise démographique silencieuse mais profonde : en 2025, les naissances ont
reculé de 2,1 %, et pour la première fois, notre pays enregistre davantage de
décès que de naissances. Beaucoup de raisons expliquent ce décrochage : économiques,
culturelles, sociales. Mais il en est une que les professionnels de
l'immobilier connaissent bien et que les politiques publiques ont longtemps
ignorée : on ne fait pas d'enfant quand on n'a pas de place pour l'accueillir » explique Brice
Cardi.
La proposition de loi
portée par Constance de Pélichy crée un prêt à taux zéro familial d'un montant
maximum de 100 000 euros, destiné à financer l'acquisition ou l'agrandissement
de la résidence principale, mobilisable dès la déclaration de grossesse et
jusqu'aux cinq ans de l'enfant. Contrairement au PTZ existant, il n'est soumis
à aucune condition de revenus et n'est pas réservé aux primo-accédants,
permettant ainsi aux familles déjà propriétaires de déménager dans un logement
plus grand sans être pénalisées.
« Cette proposition de loi reconnaît ce que nos conseillers entendent chaque jour sur le terrain : le logement n'est pas un problème périphérique de la natalité, c'est l'un de ses freins les plus concrets. Les familles ne renoncent pas à un deuxième ou un troisième enfant par manque d'envie. Elles y renoncent faute d'espace, et faute de moyens pour obtenir cet espace. Une naissance, c'est souvent au minimum
10 à
15 m² supplémentaires dont on a besoin. Mais ces quelques mètres carrés ont un
coût réel, souvent sous-estimé » détaille Brice Cardi.
Prenons un exemple
concret à Angers, où le prix au m² atteint en moyenne aujourd'hui 3 500 €. Acquérir 15 m²
supplémentaires représente 52 500 € en moyenne uniquement sur la base du prix
du mètre carré. Mais le vrai coût est bien supérieur : il faut renoncer à un
crédit en cours - parfois à moins de 2 % - en reprendre un à 3,5 %, supporter
un crédit-relais, régler de nouveaux frais de garantie, et de notaire, soit
plus de 8 % du prix d'acquisition (plus de 20 000 € pour un achat de 80 m²), et
rembourser parfois les indemnités de remboursement anticipé. « Au total, la
chambre supplémentaire peut facilement atteindre un coût de 100 000 € pour une
famille qui déménage dans un logement plus grand. C'est le prix d'un enfant de
plus. Et beaucoup de familles font ce calcul, consciemment ou non » calcule
Brice Cardi.
C'est précisément pourquoi le fait que ce PTZ ne soit pas réservé aux seuls primo-accédants est une avancée majeure. Jusqu'ici, le dispositif, réservé aux seuls primo-accédants, ignorait une réalité bien connue des professionnels de l'immobilier, d’autant que les Français font des enfants de plus en plus tard, en étant parfois déjà propriétaire : « C'est rarement au premier achat qu'on manque de place, c'est au deuxième ou troisième enfant. Une famille déjà propriétaire, piégée par un taux à 1 % qu'elle ne peut pas se permettre d'abandonner, restait jusqu'ici sans solution. Ce PTZ familial pourrait débloquer exactement ce type de situation » se réjouit Brice Cardi. « Nous appelons les parlementaires à adopter ce texte, sans le dénaturer, dans les meilleurs délais. Le logement n'est pas un frein à la natalité par fatalité. Il l'est par manque de politique adaptée. Cette proposition en est une » conclut-il.


