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[Expertises] Transparence salariale : la directive européenne met en lumière un écart entre entreprises et salaries en France

À l’approche de l’échéance de la directive européenne sur la transparence des rémunérations (Pay Transparency Directive), fixée au 7 juin 2026, les entreprises françaises accélèrent la structuration de leurs politiques salariales. Cette réforme majeure vise à renforcer l’équité et la transparence des rémunérations au sein des organisations en Europe. Dans ce contexte, de nombreuses entreprises s’engagent dans une démarche de mise en conformité et d’évolution de leurs pratiques RH. Pourtant, les salariés n’en perçoivent pas encore pleinement les effets : seuls 33% déclarent comprendre ce que la  directive implique concrètement pour leurs droits, tandis que 67% reconnaissent ne pas encore en avoir connaissance.

 

L’étude met en évidence un écart marqué entre les grandes entreprises et les PME françaises. Près de deux tiers (62%) des organisations de plus de 1 000 salariés estiment être prêtes à se conformer à la directive européenne sur la transparence salariale. À l’inverse, cette part chute sous la barre des 50% dans les entreprises de moins de 100 salariés (47%) et atteint un point bas de 43% dans celles comptant entre 100 et 249 collaborateurs.

 

L’étude européenne menée par SD Worx auprès de 5 936 responsables RH et 16 500 travailleurs dans 16 pays, dont la France, met en évidence un décalage persistant entre la préparation des organisations et la perception des collaborateurs.

 

Une directive européenne mieux intégrée par les entreprises que par les salariés

 

En France, la dynamique de préparation semble engagée du côté des employeurs. 68% des organisations déclarent connaître la directive européenne sur la transparence salariale, et 53% estiment être déjà en mesure de s’y conformer. Cette préparation progresse de manière inégale selon la taille des structures, les grandes entreprises apparaissant globalement plus avancées que les PME.

 

Du côté des salariés, la situation est très différente. Seuls 33% déclarent connaître la directive et comprendre ce qu’elle implique pour leurs droits, tandis que 67% reconnaissent ne pas encore en avoir connaissance. Ce décalage souligne un enjeu majeur de pédagogie et de communication interne autour d’une réforme pourtant structurante pour les politiques de rémunération.

 

Une transparence salariale encore partielle et une perception d’équité fragile

 

Si les entreprises françaises estiment majoritairement rémunérer leurs collaborateurs de manière équitable (54%), cette perception n’est que partiellement partagée par les salariés. Seuls 31% considèrent que leur salaire reflète correctement leur travail, et 35% estiment être rémunérés équitablement par rapport à leurs collègues.

 

Par ailleurs, seuls 31% des salariés estiment que leur entreprise est réellement engagée dans la réduction des écarts de rémunération. Cette perception est encore plus faible chez les femmes (26%) que chez les hommes (35%), mettant en évidence un écart de ressenti significatif autour de la question de l’équité salariale.

 

Dans les faits, les dispositifs de transparence restent encore limités : seuls 22% des entreprises déclarent proposer des outils dédiés tels que des grilles de salaires, des fourchettes ou des dashboards internes permettant de mieux comprendre les niveaux de rémunération.

 

La transparence salariale devient un levier clé d’attractivité et de confiance

 

Au-delà des enjeux réglementaires, la transparence salariale s’impose progressivement comme un facteur déterminant dans la relation entre salariés et employeurs. Plus de la moitié des collaborateurs (54%) déclarent qu’elle constitue un critère important dans leur décision de rester dans une organisation ou de la rejoindre.

 

Cette attente s’inscrit dans une tendance de fond, puisque près d’un salarié sur deux anticipe une augmentation de la transparence salariale dans les années à venir. Toutefois, seuls 31% estiment que leur entreprise est réellement engagée dans la réduction des écarts de rémunération, confirmant l’existence d’un décalage entre attentes et perception.

 

Ainsi, la directive européenne agit à la fois comme un accélérateur de transformation pour les entreprises et comme un révélateur des écarts encore existants entre politiques RH et expérience collaborateur.

 

Jean-Baptiste de Charette, Market Leader France chez SD Worx souligne : « La directive européenne sur la transparence des rémunérations est un tournant pour les entreprises françaises. Mais elle révèle surtout un écart entre les efforts engagés et ce que perçoivent réellement les salariés. Le défi des prochains mois sera de rendre ces avancées visibles, concrètes et compréhensibles pour restaurer la confiance et renforcer l’attractivité des organisations. »

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