EcoVadis x Accenture « Baromètre des Achats Responsables 2026 ».
Le Baromètre des Achats
Responsables 2026 d’EcoVadis, en collaboration avec Accenture, montre qu’au
niveau mondial, les organisations les plus performantes génèrent désormais
davantage de retour sur investissement à travers les projets d’innovation qui découlent
des politiques d’achats responsables. Parmi les 10 % d’entreprises les plus
performantes (leaders), 80 % citent l’innovation comme principal levier de ROI
de leurs programmes d’achats responsables, contre 54 % pour les autres
entreprises.
En France, cette
dynamique apparaît plus nuancée, avec un poids encore important de la
conformité réglementaire pour 72% des répondants français. Toutefois, les
résultats en matière d’innovation se voient élevés à la seconde place (62%) des principaux bénéfices des programmes d’achats
responsables, devant la réduction des risques (60 %).
Des directions achats
sous pression pour concilier coûts, risques et durabilité
Les directions achats
privilégient de plus en plus la création de valeur via les produits
circulaires, l’efficacité des ressources et l’innovation portée par les
fournisseurs. Aujourd’hui, 58 % des organisations mènent des initiatives
d’innovation couvrant entre 26 % et 75 % de leurs dépenses fournisseurs, contre
seulement 9 % en 2024.
Ces résultats
illustrent une évolution plus large. Les équipes achats sont sous pression pour
gérer les coûts, les risques et les perturbations tout en atteignant leurs
objectifs de durabilité. Les organisations les plus avancées y répondent en
intégrant la durabilité au cœur des décisions business afin d’améliorer leur
résilience, leur efficacité et leur croissance.
Selon les recherches menées par Accenture, les perturbations coûtent aux entreprises plus de
1 600
milliards de dollars de croissance de chiffre d’affaires perdue chaque année.
Les organisations qui construisent proactivement des chaînes d’approvisionnement
plus résilientes sont mieux armées pour gérer les risques de durabilité
multi-niveaux et enregistrent une croissance du chiffre d’affaires supérieure
de 3,6 % à celle de leurs pairs.
L’IA s’impose comme
levier de performance… mais reste inégalement adoptée
Un nouvel écart
apparaît également, une asymétrie numérique croissante entre les acheteurs et
les fournisseurs. Pour renforcer leur résilience et transformer les données
fournisseurs en décisions plus rapides et plus efficaces, les équipes achats se
tournent vers l’IA. Mais si le Baromètre montre que globalement, une majorité
d’acheteurs déploient désormais des outils d’IA de manière opérationnelle pour
l’analyse prédictive (72 %), l’évaluation des risques (64 %) et la validation
des données (62 %), les fournisseurs accusent quant à eux un retard en matière
d’adoption de l’IA.
En France, cette
dynamique reste en retrait : 28 % des fournisseurs interrogés déclarent
utiliser l’IA, dont seulement 9 % de manière extensive, tandis que près de la
moitié (46 %) n’ont encore engagé aucune démarche.
Côté acheteurs,
lorsqu’elle est déployée, l’IA est principalement utilisée pour l’analyse
prédictive (78 %), la validation des données carbone (66 %) et l’évaluation des
risques fournisseurs (62 %).
Chaînes
d’approvisionnement : un manque de visibilité persistant au-delà du rang 1
Cette asymétrie
numérique émergente risque d’accentuer les écarts existants en matière de
données ESG et de limiter la visibilité et la création de valeur au sein des
réseaux d’approvisionnement. En effet, près de 80 % des acheteurs ont une
visibilité sur la performance durable de plus de la moitié de leurs
fournisseurs de rang 1, mais le rang 2 reste un angle mort (seulement 12 % avec
plus de 50 % de visibilité) et le rang 3 demeure largement opaque.
« La question n’est
plus de savoir s’il faut investir dans les achats responsables, mais comment en
tirer des résultats tangibles pour la compétitivité de l’entreprise », déclare Pierre-François
Thaler, cofondateur et co-CEO d’EcoVadis. « Les leaders utilisent les
données de durabilité pour orienter les décisions d’achat au quotidien,
appliquent l’IA pour gérer les risques et la performance à grande échelle, et
responsabilisent leurs fournisseurs quant à leur progression. C’est ce qui permet
de transformer la durabilité en maîtrise des coûts, en résilience et en
croissance. »
Net zéro, social et
circularité : trois priorités qui structurent les stratégies
Le Baromètre met
également en évidence une convergence mondiale autour de trois grands enjeux :
le net zéro et la gestion du carbone, les pratiques sociales des fournisseurs,
ainsi que la circularité et l’efficacité des ressources. Toutefois, des différences
régionales subsistent, reflétant des trajectoires réglementaires et de marché
distinctes.
1/ La gestion du
carbone reste une priorité stratégique. La maîtrise des émissions de la chaîne
d’approvisionnement et les progrès vers le net zéro demeurent le principal
enjeu, cité parmi les trois priorités majeures par 54 % des organisations. Les
équipes anticipent que le carbone restera tout aussi central dans les deux à
trois prochaines années.
2/ Les pratiques
sociales des fournisseurs constituent un socle des programmes. Des standards élevés
en matière de conditions de travail deviennent un incontournable à mesure que
les programmes se structurent, sous l’effet d’une vigilance accrue des parties
prenantes et du renforcement des exigences de vigilance. Les organisations font
face à une pression croissante pour améliorer la visibilité sur les conditions
de travail et les risques liés aux droits humains au sein de leur base
fournisseurs.
3/ Les leviers de
création de valeur et les risques émergents montent en puissance. À mesure que les
priorités fondamentales s’ancrent dans les programmes, les organisations se
concentrent davantage sur les opportunités de création de valeur - telles que
la circularité et l’IA responsable - ainsi que sur de nouveaux risques comme
l’éthique des données et la traçabilité numérique.
Parmi toutes les
régions, les entreprises s’accordent sur l’importance de la neutralité carbone
et la gestion des émissions, la main-d’œuvre et les conditions de travail des
fournisseurs, ainsi que la circularité et l’efficacité des ressources, comme
les thèmes de durabilité les plus importants qui façonnent les stratégies
d’achats responsables.
« De nombreuses entreprises considèrent désormais les achats responsables comme un moteur essentiel de la performance de l’entreprise », déclare Matias Pollmann-Larsen, responsable mondial des chaînes de valeur durables chez Accenture. « Les organisations qui combinent données de durabilité et IA prennent des décisions plus rapides et mieux informées au sein de leurs chaînes d’approvisionnement. Cela renforce la résilience, réduit les perturbations et génère une croissance mesurable. »


