Le point de vue de William Kahn, Fondateur de Kahn Partners.
L’idée s’est imposée
ces dernières années : les États-Unis se seraient progressivement fermés aux
investissements étrangers, en particulier dans les secteurs sensibles. Sous
l’effet des tensions géopolitiques et du durcissement des contrôles
réglementaires, nombre d’entreprises européennes hésitent désormais à s’y
développer par acquisition.
Cette lecture est
pourtant incomplète.
Sur le terrain, la
réalité des opérations de fusions-acquisitions transatlantiques est plus
nuancée. Les autorités américaines ne ferment pas l’accès au marché ; elles en
redéfinissent les règles. Dans des secteurs comme la défense, les technologies,
la santé ou les infrastructures, les acquisitions restent possibles, à
condition d’anticiper les exigences réglementaires et de structurer les
transactions en conséquence.
Autrement dit, l’enjeu
n’est pas tant l’accès que la capacité à naviguer dans un environnement plus
exigeant.
Un cadre plus
contraignant… mais plus lisible
Les mécanismes de
contrôle des investissements étrangers, notamment via le Committee on Foreign
Investment in the United States (CFIUS), ont indéniablement renforcé leur
vigilance. Mais ils offrent également un cadre plus prévisible pour les acteurs
qui s’y préparent en amont.
Dans ce contexte, les
entreprises européennes disposant d’une approche structurée, intégrant les
enjeux de souveraineté, de sécurité des données ou de continuité industrielle,
continuent de mener à bien leurs opérations.
Un décalage entre
perception et réalité
Ce qui frappe
aujourd’hui, c’est l’écart entre la perception d’un marché fermé et la réalité
d’un marché sélectif. Ce décalage peut créer des opportunités pour les
acquéreurs prêts à s’engager.
Repenser la stratégie
d’expansion
Pour les dirigeants
européens, la question n’est donc plus de savoir s’il est possible d’investir
aux États-Unis, mais comment le faire efficacement.
Dans un environnement
où la croissance organique reste longue et incertaine, les opérations de
M&A demeurent un levier d’accès rapide à des technologies, des équipes et
des marchés.
À condition, toutefois, d’intégrer dès l’origine les nouvelles contraintes du jeu.


