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[Expertises] Terra Academia publie sa première Doctrine de la transformation écologique

Suite au One Health Summit d'avril 2026, Terra Academia et son Institut des Hautes Études de

la Transformation Écologique (IHETE) publient « Santé environnementale : former pour transformer », première publication de la série Les Doctrines de la transformation écologique.

 

La santé environnementale est aujourd'hui un sujet prioritaire. Pollution atmosphérique, perturbateurs endocriniens, dérèglement climatique : ces facteurs contribuent à une part croissante des pathologies chroniques.

 

En France, la prévention ne représente que 2,3 % des dépenses de santé (contre 3,4 % en moyenne dans l’OCDE) et 36 % de la population est concernée par une maladie chronique. Pourtant, les cursus médicaux consacrent moins de 10 heures à la santé environnementale sur l’ensemble du parcours.

 

La formation comme réponse au déficit de compétences spécifiques

 

Le problème soulevé par l'étude n'est pas tant un manque de ressources, mais de capabilités collectives, c'est-à-dire les conditions qui permettent à des acteurs de transformer leurs connaissances en actions concrètes et coordonnées. Les compétences existent, mais elles restent dispersées, cloisonnées, sans passerelles entre elles.

 

Terra Academia, dans sa note co-écrite par David SMADJA, Professeur d’hématologie à l’Université Paris Cité, chef de service d’hématologie biologique à l’Hôpital européen Georges-Pompidou (APHP), directeur d’équipe à l’INSERM (PARCC), et Marin de NEBEHAY, Responsable innovation, prospective et projets stratégiques chez Terra Academia, identifie trois publics prioritaires à former :

 

1/ Les décideurs locaux d'abord : élus, directeurs généraux des services, responsables d'ARS. Si la santé ne constitue pas une compétence municipale au sens strict, les maires et leurs équipes disposent pourtant de leviers considérables : urbanisme, logement, mobilités, alimentation, espaces verts ou encore action sociale.

Les Agences Régionales de Santé estiment, dans leurs contrats d’engagements locaux, que 80 % de la santé d'une population se détermine en dehors du système de soins.

 

2/ Les professionnels de santé ensuite : médecins, infirmiers, pharmaciens, sages-femmes. S’ils sont en première ligne pour identifier les signaux d'une origine environnementale dans les pathologies de leurs patients, ils ne sont néanmoins pas formés pour le faire. Le dossier médical partagé ne comporte aucune rubrique dédiée aux expositions professionnelles ou résidentielles. Il n'existe en France aucune spécialisation reconnue en médecine environnementale, à la différence de plusieurs pays européens comme les programmes life sciences au Danemark. Intégrer cette exposition dans le raisonnement clinique suppose une révision profonde des formations initiales et continues.

 

3/ Les professionnels des secteurs qui façonnent les milieux de vie enfin. Qu’ils soient urbanistes, ingénieurs des transports, agronomes ou responsables industriels, leurs décisions quotidiennes produisent des effets sanitaires majeurs, qu'ils exercent dans le public ou le privé. Pourtant, ces impacts restent largement absents de leurs formations. 

L'intégration de modules dédiés dans les grandes écoles d'ingénieurs, les masters d'urbanisme et les instituts de formation publique (INSP, INET) constitue un levier immédiat.

 

Ces trois publics ne doivent pas être formés isolément. L'enjeu central est de créer entre eux des passerelles : un vocabulaire commun, des réflexes de coordination, une capacité d'agir ensemble. Un élu formé doit pouvoir dialoguer utilement avec un médecin formé et un urbaniste formé.

 

Une réponse qui a déjà fait ses preuves

 

Les retours d'expérience internationaux confirment que cette approche fonctionne.

L'Australie du Sud met en œuvre l'approche Health in All Policies depuis 2007, en formant conjointement les responsables de santé et les cadres des secteurs du transport, du logement et de l'éducation.

 

Le NHS britannique a déployé un programme de formation de l'ensemble de ses personnels aux enjeux environnementaux, avec des résultats mesurables sur les émissions et la pertinence des prescriptions.

 

Cette approche permettra également une réduction des dépenses publiques puisqu’une analyse internationale évalue le retour sur investissement médian des interventions de prévention en santé publique à 14 pour 1 : chaque euro investi génère en moyenne quatorze euros d'économies. 

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